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lundi 26 août 2013

Commentaires

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Maisonneuve

Bonjour,

je vous remercie pour votre commentaire et je pense que nos opinions sont proches. Avant de faire ce billet avec retard, j'aurais dû lire votre excellent billet sur la rubrique Head to Head du BMJ, et je recommande à mes lecteurs de s'y reporter http://www.etudes-et-biais.com/individual-patient-data-ipd-une-necessaire-mise-a-disposition-de-la-communite-scientifique/

Je suis admiratif de votre combat sur les données individuelles, et je suis d'accord sur le fait que les Agences ne défendent pas toujours le public ; d’accord avec vos remarques FDA versus EMA.. autre histoire. Mon propos n'était pas assez clair : si les données individuelles sont publiques, des incompétents vont s'approprier ces données pour défendre des opinions existantes sans avoir le savoir leur permettant de les analyser. Vous savez comme c'est difficile d’analyser un essai ! Par contre que des experts (vous en faites partie) puissent, sous conditions à préciser, accéder aux données me parait sain (voir NEJM http://www.h2mw.eu/redactionmedicale/2013/08/deux-articles-majeurs-accompagn%C3%A9s-par-un-%C3%A9ditorial-dans-le-nejm-du-1-ao%C3%BCt-2013.html et la politique GSK http://www.h2mw.eu/redactionmedicale/2013/03/gsk-va-donner-acc%C3%A8s-aux-rapports-cliniques-de-tous-les-essais-est-ce-une-r%C3%A9ponse-au-bmj-.html.).
J'ai bien aimé le projet YODA avec Medtronic http://www.h2mw.eu/redactionmedicale/2013/07/moment-historique-pour-le-partage-des-donn%C3%A9es-sources-et-les-revues-syst%C3%A9matiques-medtronic-ouvre-la.html
En ce sens, je rejoins +AllTrials.
Soyons clairs : il existe des St Just, des 'incompétents' qui croient tout savoir sur tout, et en toute bonne foi (sans connaissance méthodo) ils ont d'autres conclusions... et soyons encore plus clairs, ils sont dans le périmètre proche d'agences, et ceci dans tous les pays. Au prétexte que l'on n'a aucun lien d'intérêt, certains se disent experts alors que s'ils avaient travaillé dans les métiers d'analyse des données individuelles, fréquenté des industriels ou des professionnels de ces analyses, ils connaitraient les difficultés pour analyser, etc... et seraient critiques.
Les publications ne sont qu'une mise en ordre de quelques résultats choisis, et ne sont pas suffisantes.
Merci pour ce débat, et votre commentaire est bien argumenté.
HM

Alexis Clapin

Moi aussi, j’approuve la campagne Alltrials.
Il y a des études non publiées et les publications disponibles sont souvent insuffisantes pour analyser les essais cliniques, éliminer des biais ou tout simplement pour comprendre l’impact des traitements.
Mais, au risque d’être traité d’incompétent, je demande aussi les données individuelles.

Actuellement, Comme le souligne Larry D. Sasich dans sa réponse à Ben Goldacre, la FDA ré-analyse les essais cliniques des dossiers d’AMM à partir des données individuelles et offre des analyses intéressantes, disponibles sur le site de la FDA. C’est la seule instance qui effectue et publie de telles analyses. La FDA ne publie pas les rapports complets des firmes mais un résumé.
L’EMA ne ré-analyse pas les études cliniques à partir des données individuelles et se fie donc au rapport présenté par la firme. L’EMA peut poser des questions à la firme en cas de données manquantes dans les rapports. L’EMA doit rendre publics les rapports des essais cliniques. Mon expérience de la demande d’un rapport clinique est : + de 2 ans d’attente, une plainte auprès du médiateur européen et le rapport reçu est tronqué (les analyses qui permettent de suspecter un biais sont signalées dans la liste des appendices mais ne sont pas disponibles –pour moi mais aussi pour l’EMA !-). Ces analyses avaient été réalisées par la FDA mais sont incomplètes.

Donc avec un peu de patience, on peut disposer des rapports des essais cliniques grâce à l’EMA et d’une analyse complémentaire grâce à la FDA. On peut aussi bien sûr disposer des publications, parfois des protocoles.

Seule la FDA publie donc des données qui ne sont pas fournies par les demandeurs d’AMM. Les autres données sont rendues publiques par les firmes, quand elles le sont.

Voici donc l’état des lieux des données disponibles.

Faut-il en plus les données individuelles ?

Il y a plein d’arguments en faveur de la mise à disposition des données individuelles ici (http://www.trialsjournal.com/content/12/1/249) ou là (http://www.trialsjournal.com/content/7/1/15) ou sur les moyens d’y arriver (http://www.trialsjournal.com/content/10/1/17). La plupart des auteurs ne sont probablement pas des « branlotins »

J’en rajoute 4 :

Répondre par la négative signifie que l’on accepte d’octroyer à la FDA le monopole de l’analyse contradictoire des essais cliniques sur les données individuelles ? Or, même si la FDA met en évidence des sources de biais flagrants, elle valide les produits sans signaler le bias dans les documents résumés.

Seules les données individuelles permettent de faire la différence entre risque de biais et impact du biais.
Le risque de biais est ce qui est généralement décrit, par exemple dans les revues de la Cochrane. On décrit comment le biais a pu survenir et conclut que l’étude est douteuse. Mais cela n’empêche nullement son utilisation dans les méta-analyses ou comme base de validation d’une AMM ou d’un référentiel.
L’impact des biais est très rarement publié alors que pour certains biais, cette évaluation est possible.

Les données individuelles permettraient aussi de définir si le biais est lié à de la chance (ou malchance) ou lié à une fraude manifeste. Ce n’est pas forcément une information inintéressante.

Enfin, publier les données individuelles permet de dire aux fournisseurs de données : si je veux vérifier, je peux ! Et c’est à mon avis beaucoup plus efficace pour éviter les conséquences des conflits d’intérêt que les déclarations de tous les liens d’intérêt (généralement avec tous les laboratoires œuvrant sur un domaine médical particulier permettant ainsi à l’auteur de valider une absence de préférence !).

Les références citées ci-dessous donnent aussi des arguments contre les risques avancés de la mise à disposition du public des données individuelles.

Pour terminer, j’ai été surpris de vous voir traiter d’incompétents ceux qui ont un avis différent du vôtre. Ce d’autant que les compétences que vous citez, nécessaires pour faire une bonne publication, ne sont pas forcément celles nécessaires pour faire une présentation non biaisée des résultats ou pour savoir déceler les biais dans les publications. Compte tenu du nombre de publications qui présentent les résultats de manière tronquée voire biaisée, je me demande même si ces compétences ne sont pas un peu contradictoires !

J’aime toujours autant votre site !
Alexis Clapin
Pour plus d’exemples ou explications : www.etudes-et-biais.com

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