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mardi 20 mai 2014

Commentaires

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Laurent Vercueil

Bonjour
L'APC charge non pas le travail d'édition (qui est effectivement négligeable) mais l'accès à un haut facteur d'impact. Le système est autoprophétique. Les revues les plus recherchées sont celles qui ont un haut IF. Les auteurs (leurs institutions) sont prêts à payer cher pour y voir apparaitre leurs productions. Le peer reviewing permet de maintenir le niveau d'exigence scientifique et de resoumissions en resoumissions, les papiers finissent par être publiés, pour peu cher, dans des revues de deuxième (ou nième) zone...
D'où l'intérêt économique, pour les gros éditeurs, d'avoir plusieurs oeufs dans le même panier : des revues chères de top niveau, et des revues "données" pour accepter des APC en tant que revenu majoritaire.
L Vercueil

Maisonneuve

Bonjour,

bien que je connaisse mal le monde la physique, j'ai toujours trouvé que ces disciplines, ainsi que d'autres sciences de la terre ont des pratiques intéressantes. Le monde de la santé a beaucoup à apprendre de ces chercheurs.. mais reste frileux. Bon lien aux revues APS.
Bien d'accord avec le constat que les auteurs n"écrivent pas pour être lus .....
Le presque tout gratuit marche... Pourquoi la santé ne le ferait pas, en évitant quelques coûts..
Cdlmt
H Maisonneuve

Sylvain Bernès

Je regrette mais $ 1200, c'est encore beaucoup trop au regard du travail d'édition réalisé. Il y a quand même une tendance générale à la baisse des coûts de production: pratiquement toute l'édition est automatisée, de la mise en forme jusqu'aux corrections finales (merci les dictionnaires spécialisés), et sur ce segment, l'éditeur rentre toujours largement dans ses frais. Que reste-t-il ? Les coûts de diffusion, d'impression (ou de non-impression si tout est en ligne), d'archivage (en dessous de $ 0.5 par gigabyte et par an !), d'indexation (les robots s'en occupent), de développement, et... c'est tout. On pourrait imaginer qu’une partie du magot sert à payer les relecteurs, mais ça serait faire preuve d’une imagination pour le moins débordante.
Je crois que les seules choses vraiment utiles qui coûtent de l'argent à l'éditeur, c'est la gestion des DOI, les souscriptions à CrossRef, aux CAS, PubMed et/ou Web of Science. Mais bon, essayez de demander à un éditeur combien il paye pour ces services, la seule réponse que vous obtiendrez sera "j'en sais rien".

D'ailleurs, la voie dorée a ses limites. Pour preuve, assez peu s'y égarent pour le moment, comme le fait "Medicine". Je mets évidemment de côté l’Open Access délirant "à la Jeff Beall".

Prenons l'exemple de l'APS, qui édite la série des "Physical Review", avec l'antique système d'abonnement, et qui continue d’imprimer sur papier, pour ceux qui veulent absolument feuilleter. Le paquet le plus cher, est facturé $ 49,780 par an. C’est pour les très grosses universités des pays très riches (Tier 5), et ça comprend tout, sur papier et en ligne (archives comprises, jusqu’en 1893). La totale. Sur une année, ça représente plus de 19,000 articles, soit moins de $3 par article…
Des chiffres détaillés sont disponibles ici :
http://librarians.aps.org/files/2014-aps-journals-catalog.pdf

Comment font-ils ? Pour commencer, l’édition technique est réduite à sa plus simple expression, puisque les articles sont écrits avec LaTeX. Le fichier lui même correspond à l’article publié. Mais surtout, je pense qu’ils demandent tout simplement le juste prix. On pourrait faire le naïf et se demander « mais pourquoi ne pas essayer de se faire du pognon sur le dos du contribuable comme les autres éditeurs ? ». La réponse est simple : arXiv… Si l’APS multiplie le prix de l’abonnement d’un facteur 10, il divisera son nombre d’abonnés d’un facteur 100, sans affecter nullement les chercheurs, qui ont tous accès à arXiv. Elle est bien là la limite infranchissable de la voie dorée : ça marche tant que les chercheurs sont d’accord pour payer les APCs, mais ça ne marche plus du tout quand ils ne veulent plus payer, et qu’ils ont la possibilité de publier gratuitement. Ça me parait tellement logique que je trouve un peu ridicule de devoir l’écrire.

Bien sûr, la ligne de défense de la voie dorée se base sur le fait que l’impact potentiel d’un travail publié par cette voie est plus élevé en comparaison des autres voies. Premièrement, c’est faux, au moins en Physique, en Maths, en Informatique, en Biologie quantitative, et en Statistiques (bis repetita : arXiv). Deuxièmement, il ne faut quand même pas oublier un secret de Polichinelle : le chercheur lambda (j’en suis) se f… pas mal de savoir s’il est lu ou pas. Ce qu’il veut c’est publier, parce que le système le lui demande, et parce que son salaire en dépend. Si de temps en temps, un article est bien cité, et bien c’est parfait, personne ne s’en plaindra. Mais si ce n’est pas le cas, ça change quoi au fond ? On peut toujours jouer au savant incompris, ça ne mange pas de pain.

On peut voir les choses d’une autre manière : avec l’abonnement d’un an le plus cher de l’APS, on peut publier 41 articles dans "Medicine".

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