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mardi 16 janvier 2018

Commentaires

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Paquito Bernard

La question d'être ou non auteur se pose dans l'encadrement d'étudiant. Si on suit les guidelines qui décrivent les critères pour être auteur, de nombreux étudiants de Master devraient être plus des collaborateurs. Or ils sont ajoutés aux auteurs et se retrouvent avec 4 ou 5 papiers avant de démarrer un PhD.
D'un côté, je voudrais (in)former mes étudiants sur les bonnes pratiques mais si je les applique, ils auront une liste de publi beaucoup plus courte et donc une chance amoindrie de décrocher des bourses.

H Maisonneuve

Merci pour votre commentaire pertinent. Les manipulations au niveau de l'attribution de la qualité d'auteurs sont très fréquentes. Comme d'autres, je pense très clairement que c'est la première méconduite en volume (égalité avec plagiat peut-être).
Presque tous les jours (encore hier lundi et le samedi précédent), j'ai des témoignages de jeunes chercheurs qui ont eu des problèmes d'auteurs. En général, il s'agit de co-auteurs ajoutés (un chercheur m'a raconté que sur les 16 auteurs de son manuscrit, il y en avait 4 qu'il n'avait jamais rencontré), ou de la non reconnaissance de le la première ou deuxième place parmi les auteurs.
C'est une culture dominante chez trop de chercheurs.
Par contre, ces pratiques sont inacceptables, et sont clairement de la méconduite scientifique. Je respecte ceux qui disent que c'est de la fraude. Je réserve le mot fraude aux FFP,et la discussion est sans fin. Le rapport Fostering Research Integrity classe ces comportements dans les DRP (Detrimental Research Practices), concept de DRP encore inconnu en France.

http://www.h2mw.eu/redactionmedicale/2017/04/jai-traduit-une-partie-du-communiqu%C3%A9-de-presse-du-11-avril-2017-toutes-les-parties-prenantes-dans-le-domaine-de-la-rech.html

Seraya Maouche

Bonjour,

1- J'ai lu cet éditorial, il y a quelques jours, avec une autre étude intéressante sur les manipulations des droits d'auteurs, qui a été publiée dans PloS ONE [1]. Les femmes subissent plus de pressions pour ajouter des auteurs (l'article "Women ‘more likely to be pressured to add authors’ to papers" dans dans THE [2] parle de ce phénomène), je l'ai vécu à l'INSERM où une chef d'équipe a ajouté son doctorant à la liste des auteurs sur un papier que j'ai préparé et travaillé avec elle pendant un. Son doctorant venait juste de rejoindre l'équipe et n'avait aucune idée du projet ou du contenu de l'article. Que faut-il faire devant cette chef d'équipe qui vous demande d'accepter cette situation sinon le manuscrit sera soumit sans votre nom! La situation a continué dans le cadre du projet européen Cardiogenics où la liste des auteurs est décidée, non pas en fonction de la contribution réelle des membres du projet, mais en fonction de l'humeur des PIs.

2- La question de l'authorship est très complexe, notamment dans le cadre de projets collaboratifs. Le plus difficile est comment gérer un conflit d'auteurs dans le cadre d'un grand projet collaboratif. Les universités/institutions participantes à un projet donné se renvoient les responsabilités laissant l'auteur privé de ses droits dans une situation très complexe. Les agences de financement devraient exiger aux porteurs de projets de préciser, dès le début de ce dernier, le comité ou l'organisme qui sera en charge de résoudre les questions de l'intégrité et de la publication des résultats du projet.

3- Vous avez parlé de ces questions dans une récente interview [1] avec JIM. Même si vous avez précisé que ce n'est pas acceptable d'ajouter des auteurs ou de priver d'autres de leurs droits, vous avez dit qu'il ne s'agit pas de fraude. Même si je comprends parfaitement ce que vous vous voulez dire, mais je ne partage cette manière de minimiser les dégâts de ces problèmes d'authorship. Surtout qu'il ne faut pas donner d'arguments à des comités d'éthique qui sont souvent du côté des PIs séniors qui violent les droits de jeunes chercheurs. En effet, ces questions d'authorship ne rentrent pas dans la définition du FFP (Fabrication -Falsification - Plagiarism) et donc vous avez raison sur ce point. Cependant, il s'agit d'une méconduite scientifique (Scientific misconuct) et d'une violation de l'éthique de la publication scientifique (ethics of scientific publication). Répondre "ce n'est pas acceptable" est un peu différent de "c'est une méconduite scientifique". Beaucoup de guides de bonne conduite scientifique mettent ces problèmes d'authorship dans la définition de la méconduite scientifique. Par exemple dans la définition danoise, on peut lire : "
false credit or emphasis given to a scientist".


Bien cordialement,
Seraya Maouche

[1] http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0187394

[2] https://www.timeshighereducation.com/news/women-more-likely-be-pressured-add-authors-papers

[3] https://www.jim.fr/pharmacien/videos/e-docs/fraude_scientifique_depuis_rabelais_rien_na_change__169005/document_jim_tube.phtml

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