« Le business des publications scientifiques dans la VRS ; la notion de bibliodiversité mérite réflexion | Accueil | Le Plan national pour la science ouverte : les résultats de la recherche scientifique ouverts à tous, sans entrave, sans délai, sans paiement »

jeudi 19 juillet 2018

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

flora Devos

Bonjour,

Je vous recommande également, dans la poursuite de cette thématique, la lecture de "Information Literacy Competency Standards for Nursing" et autres versions pour médecins, étudiants, enseignants de l'ALA.

Maisonneuve

La première des 68 compétences est bien :
Understand EBP defined as the integration of the best research evidence with clinical expertise and patient's unique values and circumstances

Maisonneuve

La définition de l'EBM a toujours associé les preuves de la science, l'expérience professionnelle et les préférences du patient. L'EBM n'a jamais été limitée à la preuve scientifique.

Pierre RIMBAUD

Attention à ne pas faire de la pratique une victime du scientisme.
Vouloir fonder la pratique sur des preuves me parait être une impasse. Les preuves disponibles (outre que même les plus admises ne demandent qu'à être contredites un jour), sont trop rares et souvent trop faibles pour asseoir des certitudes. La pratique doit naviguer dans un océan d'ignorance, au milieu de récifs de particularisme, à bord d'un minuscule esquif de savoirs assurés.
L"Evidence Based Medicine" n'est qu'un état de l'art - c'est déjà beaucoup. Autrement dit, c'est la maigre boussole à laquelle on demande de repérer le Nord. Elle dit ce qui est admis, et le niveau de confiance qu'on peut y attribuer. Elle dit surtout tout ce qu'on ne sait pas - notion primordiale pour ne pas être victime du chant des sirènes.
Maintenant, les Recommandations doivent être d'une tout autre nature pour rester opératoires. Il faut qu'elles aident le navigateur à utiliser au mieux les ressources de l'empirisme pour fixer un cap dans le brouillard et pour affronter des intempéries inattendues.
Les données de l'EBM, par la nature même de leur rigueur méthodologique, sont quasi inutilisables en pratique. Autrement dit, l'EBM dit l'état de l'art, quand les Recommandations disent autre chose : que faire compte tenu de ces maigres acquis ? Il serait essentiel de dissocier toujours clairement l'EBM et les Recommandations, sans jamais prétendre que les secondes aient le degré de validité de la première.
Ainsi, publier ensemble l'EBM et les Recommandations est une erreur. Il faudrait souligner que ces deux types de documents appartiennent à des mondes épistémologiquement distincts. De ce point de vue, il n'est pas anormal d'évoquer des avis d'experts dans des Recommandations, et ce serait sûrement une erreur que de s'en priver.
Il est surtout vain de vouloir faire rédiger EBM et Recommandations par les mêmes personnes. Effectuer une revue d'EBM est en effet un métier qui demande un savoir et des compétences très spécifiques, à la portée que de quelques-uns seulement. Elaborer des recommandations de pratique est un métier bien différent, qui requiert des aptitudes et une expérience de tout autre nature. Il est presque impossible de posséder les capacités nécessaires dans les deux domaines.
Ainsi, il est assurément indispensable de confier la publication périodique de l'EBM à des spécialistes de l'analyse critique des données, au service de ceux qui s'y intéressent. Quant aux Recommandations, elle devraient être élaborées indépendamment, par de tout autres experts (dont, bien entendu, des experts non scientifiques), en explicitant très clairement sur quelles données d'EBM elles s'appuient, et sur quelles ignorances elles engagent un avis.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.

Ma Photo

Sociétés de rédacteurs & recommandations