Quand la pensée dominante entrave la connaissance ! Un livre qui dérange et nous questionne

Points clés

Ce livre mérite réflexion car l’auteur apporte des raisonnements nouveaux. Il a été publié en août 2024 chez Max Milo, et vous aurez un descriptif sur ce site. L’auteur est Brice Perrier, journaliste scientifique indépendant, travaille pour Marianne, Blast et Factuel. Il est l’auteur de Sars-Cov-2 aux origines du mal (Belin, 2021), Qui a peur du saint Suaire ? (Florent Massot, 2012) et L’homme postmoderne (François Bourin). Il publie une lettre ‘Raison sensible‘ bien argumentée, de qualité pour dénoncer des pratiques douteuses…. Notons aussi les bonnes réflexions d’Eric Favereau dans son analyse publiée par Libération.

La science a été rabaissée au niveau de l’opinion

Ce livre dérange et en ce sens, c’est une bonne raison de le lire. Surpris, mis en difficulté en le feuilletant, j’ai décidé de le brice perrier obscurantismelire complètement et je ne regrette pas. Il ne s’agit pas d’être en accord avec toutes les thèses de l’auteur mais de se questionner. Le titre de l’ouvrage est bien choisi, car il démontre que certaines théories, hypothèses en science sont abandonnées, non explorées sous la pression d’une pensée dominante, à laquelle je me range le plus souvent. J’ai observé, écouté des démonstrations dans des domaines que je connais mal, qui m’interrogent, mais pour lesquels il est difficile d’avoir des opinions tranchées. Dans cette époque de fake news, de complotisme, ce livre pose de bonnes questions, mais ne prétend pas y répondre. D’ailleurs pour y répondre, il faudrait des volontés, des budgets et surtout des méthodes robustes.

Le début du livre est excellent avec des propos attribués à Mme Catherine Bréchignac, secrétaire perpétuelle honoraire de l’Académie des sciences, pendant la crise COVID-19. Les voici :

  • « La science, c’est de la connaissance acquise, éprouvée, confirmée et consolidée avec de multiples expériences ou observations »
  • « La recherche est au contraire du non-savoir, une quête de l’inconnu entreprise pour faire avancer la science. Or on a mélangé les deux et des suppositions relevant de la recherche ont été considérées comme des vérités établies ».
  • Tout est dit.

Peut-on résoudre toutes les controverses ? Ce serait chouette

Le livre considère la plupart des controverses françaises, non résolues par manque de volonté collective et de ressources probablement, et par la présence d’un obscurantisme insidieux mais efficace. Brice Perrier va souvent droit au but et ne peut pas se faire des amis avec ce livre. Il est clair et cite les noms de collègues sans diffamation. Au hasard : la mémoire de l’eau de J Benvéniste, les EMIstes (Expériences de Mort Imminente), les travaux de Mirko Beljanski s’opposant à Jacques Monod, prix Nobel, le saint Suaire, les médecines douces, les OGM, les vaccins COVID, etc… Sur beaucoup de ces sujets, je n’ai pas d’opinions tranchées, bien que je me range parfois du côté de la pensée dominante… Je n’ai pas les compétences pour avoir des avis sur tout.  Est-ce une erreur ou de la facilité ? Je n’oublie pas toutes les discussions autour des biais majeurs liés au poids de l’industrie pharmaceutique…  création de maladies, de fausses théories, voire publication d’essais frauduleux avec l’exemple de l’étude 329 !

Ayant lu le livre de Gherardi (Toxic story), je rejoins B Perrier pour dire qu’il aurait fallu accorder des ressources pour explorer ces théories de l’aluminium et des vaccins. Des hypothèses mériteraient d’être testées plutôt que de devenir des certitudes. Je rejoint aussi le Pr Bruno Falissard  qui est cité dans ce livre, à propos de toutes les médecines douces ou non-conventionnelles voire l’homéopathie jamais testées avec suffisamment de rigueur.

La critique des zététistes (l’art du doute) ne permet pas d’avancer dans des discussions complexes. Ils ne sont pas toujours donneurs de leçons, même si certaines en font un métier. Je préfère les zététistes aux complotistes car ces derniers font du mal en général. Brice Perrier critique aussi des associations comme Raison présente, et l’AFIS (Association française pour l’information scientifique) que je défends. Ces associations permettent de réfléchir et mériteraient plus de part de voix dans les débats médiatiques où ce sont des pseudo-experts qui se montrent. De même, certains magazines scientifiques dans les kiosques font très peur.

Un art des titres et intertitres

La lecture du sommaire apporte une information claire. Je reprends les titres, mais les intertitres sont très informatifs : 1) Où est l’obscurantisme ? 2) A chacun ses biais ; 3) Des données que l’on ne veut pas voir ; 4) Illusions zététiques ; 5) Question de croyance ; 6) La vaccination sacralisée ; 7) Quelle médecine basée sur les preuves ? 8) Le filtre médiatique.

J’avais comme marque-page une carte postale de 1999 avec une citation attribuée à Bouddha (est-ce certain que Bouddha a dit cela ?) : « Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire« .

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6 commentaires

  • J’ai été un peu surpris de cette approbation (partielle) du livre de Brice Perrier qui rassemble des critiques souvent non fondées de la « pensée dominante ». Il faudrait des pages entières pour réfuter son contenu et je ne pointerai que quelques erreurs fondamentales. Je passerai sur le ton un peu complotiste présent dès le sous-titre du livre : c’est souvent un moyen pour l’éditeur de vendre sa camelote… Mais quand l’auteur, p. 133, reproche à l’évolution de ne pas nous dire pourquoi nous sommes là, mais comment nous y sommes arrivés, il comment la plus grossière erreur épistémologique : la science ne dit jamais le « pourquoi », et se contente du « comment » : elle laisse à la métaphysique le soin de proposer le pourquoi. Guillaume Lecointre a très bien défini le « contrat méthodologique des chercheurs », qui est d’évacuer toute interprétation transcendante d’un fait, c’est-à-dire faisant appel à l’irrationnel. Et Stephen Jay Gould avait proposé auparavant de s’en tenir aux règles du NOMA (non overlapping magisteria) entre science et religion.
    À propos de l’évolution, justement : Anne Dambricourt est une paléo-anthropologue de grande qualité, j’en conviens sans peine (Teilhard de Chardin en était un également), mais quand elle publie un livre intitulé « La Légende maudite du XXe siècle – L’erreur darwinienne », elle montre qu’elle se place hors de la science ; que ses observations puissent permettre de compléter, d’orienter certains aspects de la biologie évolutive, pourquoi pas ? Mais on ne peut ainsi procéder quand on se veut scientifique. Il en est de même pour Rosine Chandebois (c’est une embryologiste, Brice Perrier ne parle pas d’elle), qui intitule son livre « Pour en finir avec le darwinisme – une nouvelle logique du vivant ». Elles sont toutes deux finalistes, c’est indubitable, et elles font toutes deux appel à des mathématiciens pour justifier leur approche. Si compétents fussent-ils pour résoudre une équation, je ne leur reconnais aucune compétence en biologie ! Cela me fait penser au président du CNRS, Antoine Petit, informaticien, qui justifie une politique aberrante de financement des unités en s’appuyant sur le « darwinisme » qui montre que lui non plus n’a strictement rien compris à la biologie évolutive…
    L’appel à l’autorité de scientifiques qualifiés dans d’autres disciplines est d’ailleurs une constante du livre de Brice Perrier : Catherine Bréchignac, physicienne, est appelée à la rescousse pour donner des avis sur la gestion de la pandémie (elle « ne croit pas à l’immunité collective »), Cédric Villani, mathématicien, sur la mémoire de l’eau (!) Certains auteurs sont glorifiés comme étant parmi les plus cités de la littérature scientifique (on sait ce qu’en vaut l’aune), certaines revues sont présentées comme parmi les plus sérieuses : on y trouve des revues de la firme Frontiers ainsi que l’American Psychologist, qui sont soit prédatrices, soit dans la zone grise des revues non recommandables par nos doyens et présidents de CNU. Le comble est atteint quand un certain Arnaud Delorme est présenté comme un « grand scientifique ». Je vous donne le titre d’un papier qu’il a publié en 2016 pour vous montrer le sérieux du personnage : « Prediction of mortality based on facial characteristics », ce que je traduis librement : « Le délit de sale gueule conduit à la mort »… Il faut ajouter que, précisément, ce directeur de recherche au CNRS travaille sur la communication avec les morts… Vaste programme !
    Cela suffit à disqualifier l’ouvrage de Brice Perrier qui est à ranger sur l’étagère Total Bullshit.

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    • Bonjour,
      merci pour cette vision pragmatique qui m’aide à me questionner. Je n’ai pas toutes les connaissances sur ces cas pour me prononcer… et mes opinions rejoignent Jacques Robert sur la plupart de ses analyses. Les faits sont parfois difficiles à collecter, et en l’absence de faits… tout reste complexe.
      Merci pour la clarté du commentaire.
      HM

      Répondre
    • Bonjour, merci pour votre commentaire ! Quelle est votre formation ou expérience pour argumenter de la sorte? Merci !

      Répondre
  • Je me permets de copier le commentaire ci-dessous de l’auteur du livre discuté :

    Nom: Brice Perrier

    Message: Cher monsieur Robert,
    Merci pour votre commentaire auquel je me fais une joie de répondre.
    Vous estimez que mon livre rassemble des critiques souvent non fondées et pointez des erreurs qui seraient fondamentales. Or ce que vous dites est inexact sur tous les points que vous soulevez.
    Je ne reproche absolument pas à l’évolution de ne pas nous dire « pourquoi nous sommes là ». Je relève que c’est le titre du premier chapitre du « Gène égoïste », le livre de Richard Dawkins qui y voit l’évolution comme le moyen de répondre à ce type de questions existentielles. Alors que comme vous le soulignez, et moi aussi dans mon livre, l’évolution ne permet que de savoir comment nous en sommes arrivés là. Ce qui n’est aucunement un reproche de ma part.
    Concernant Anne Dambricourt, vous affirmez qu’elle est finaliste et que cela serait indubitable. Avec aucun argument, si ce n’est qu’elle aurait écrit un livre, et que Rosine Chandebois en aurait écrit un autre. Quel rapport entre les deux ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est qu’Anne Dambricourt dénonce un présupposé prétendant qu’elle serait finaliste. Un présupposé qui relève de la croyance, si ce n’est de la malveillance. Elle explique dans mon livre que son « travail ne montre pourtant aucune finalité. Il ne répond absolument pas à la question du sens de la vie et n’apporte pas le moindre élément pour y répondre. » Et ce qui m’intéresse, c’est bien son travail scientifique, étayé et publié. Il ne relève pas de la biologie, même s’il l’amène à émettre l’hypothèse d’une mémoire de nature non identifiée qui aurait conduit à une évolution par paliers s’effectuant au niveau embryonnaire. L’influence de présupposés d’une pensée dominante obscurantiste ont entravé ce travail et la poursuite de ses recherches, comme je le relate.
    Une constante de mon livre serait de faire appel à l’autorité de scientifiques non qualifiés pour évoquer les sujets abordés. Vous citez Catherine Bréchignac, une physicienne que j’appellerais à la rescousse pour donner son avis sur la gestion de la pandémie, et qui « ne croit pas à l’immunité collective ». En fait, je débute le livre avec Catherine Bréchignac, ex-secrétaire perpétuelle de l’Académie des sciences, qui témoigne avant tout d’une impossibilité à mener dans cette noble assemblée des débats scientifiques lors de la crise du covid. Notamment sur la question de l’origine de SARS-CoV-2, l’hypothèse du laboratoire ayant été évacuée comme complotiste. Madame Bréchignac indique aussi qu’il a été impossible de remettre en question les modélisations catastrophes qui ont justifié le confinement, alors qu’avec d’autres académiciens, elle les trouvait fausses. Elle dit également qu’« une lourde erreur a été commise en ne travaillant pas davantage à la recherche de traitements antiviraux alors qu’était matraquée l’idée que le vaccin permettrait d’arriver à une immunité collective à laquelle je n’ai jamais cru ». La phrase que vous tronquez pour soutenir l’idée d’un argument d’autorité inapproprié, bien que l’effet limité de la vaccination lui ait donné raison.
    Cédric Villani serait lui aussi illégitime à parler de l’histoire de la mémoire de l’eau, qu’il a étudiée en détail, sans se prononcer pour autant sur la validité de ce que soutenait Benveniste. Il note en revanche que cette controverse n’a pas été traitée normalement d’un point de vue scientifique. Ce que pointe également le sociologue des sciences Pascal Ragouet qui a consacré sa thèse et un livre à ce sujet que Villani juge « massacré ». Ce qui n’est pas un argument d’autorité mais une simple opinion, entendable.
    De façon toujours erronée, vous dites que je glorifie des auteurs. Lesquels ? En réalité, je ne glorifie personne. Je présenterais aussi des revues comme étant « parmi les plus sérieuses », telles que celles de la firme Frontiers. Là encore, lesquelles ? Car je n’ai pas écrit cela non plus. Vous citez American Psychologist comme une autre de ces revues prédatrices ou non recommandables. C’est la revue de la société américaine de psychologie (la plus importante au monde), dont l’impact factor est de 12. Je la qualifie de revue renommée. Ce qu’elle est.
    Enfin, vous prétendez que je présente Renaud Delorme comme « un grand scientifique », mais c’est une fois de plus inexact. Je dis qu’il a « un profil de chercheur original », ce qui est encore vrai. Car ce neuroscientifique est reconnu pour avoir développé de nouvelles techniques de détection et de traitement des signaux électriques du cerveau, mais il mène aussi des expériences en parapsychologie. Une recherche si facile à moquer comme vous le faites avec votre libre traduction de l’intitulé d’une de ces études.
    Tout cela suffirait selon vous à disqualifier mon livre en le rangeant au rayon Total Bullshit. C’est certes commode pour éviter de se poser des questions et préserver ses certitudes.
    Reste que tout ce que vous dites au sujet de mon livre est donc bien faux. Je ne prétends pas ne pas avoir fait d’erreurs, et serais très intéressé de savoir lesquelles j’ai pu commettre pour m’améliorer. Mais là, ce que vous écrivez conforte ce que je décris dans cet ouvrage. Par vos préjugés et vos propos caricaturaux et erronés, vous apparaissez en effet comme un représentant du conformisme et de l’obscurantisme au pouvoir. Cette pensée dominante qui entrave la connaissance, un sous titre non pas complotiste mais factuel. J’en suis l’auteur et l’assume totalement, car il résume bien ce que je détaille dans le livre.
    Bien à vous et au plaisir d’échanger à nouveau.

    Répondre
    • Voici ce que m’a transmis Jacques Robert et que je copie avec son accord :

      Cher Brice Perrier
      Je maintiens toutes mes réserves sur votre livre qui m’a beaucoup déçu après la « promotion » qu’en a faite Hervé Maisonneuve. Vous mettez beaucoup de bonne volonté à essayer de comprendre des choses qui vous paraissent incompréhensibles en souhaitant que l’on remette le couvert pour expliquer la « mémoire » de l’eau ou les montagniaiseries sur la « biologie numérique ». Je ne partage pas ce souhait de gaspiller du temps et de l’argent !
      Je vous remercie en tout cas d’avoir pris le temps de répondre à chacune de mes critiques. Je n’en ferai pas autant, ne souhaitant pas emboliser le blog d’Hervé Maisonneuve ! Mais nous pouvons le faire point par point dans quelques semaines (je suis assez pris en ce moment).
      Juste sur la mémoire de l’eau et la « téléportation » de l’ADN : j’ai décortiqué l’histoire (que j’ai suivie en temps réel et en détail) dans un chapitre de mon livre « Impostures en cancérologie » (H&O, 2023), qu’Hervé Maisonneuve a présenté sur ce blog, et est toujours disponible chez l’éditeur. L’opinion de Pascal Ragouet est certes intéressante, mais les sentiments d’un sociologue sur des questions de biologie moléculaire ne font pas autorité. Vous verrez qu’en analysant les observations de Benveniste avec le regard de la microchimie et de la biologie moléculaire, il ne reste plus rien d’incompréhensible… Et je ne fais jamais intervenir de possibles fraudes de Benveniste, que je tiens pour un homme sincère (je n’en dirais pas autant de Montagnier).
      Un mot aussi sur le finalisme de Dambricourt (je cite Chandebois – et Teilhard de Chardin – parce que ce sont aussi de bons scientifiques dans leurs domaines respectifs) : ils ont adopté, qu’ls le veuillent ou non, une vision téléologique de la biologie, que récusent tous les spécialistes de l’évolution.
      Enfin, sur la parapsychologie, il est évident que nous ne trouverons jamais un terrain d’entente… Je vous renvoie à un de mes articles qui vient de paraître dans Innovations et Thérapeutiques en Oncologie et qui est repris dans Cairn (https://shs.cairn.info/tap-fjrlizj1kse84) en accès libre si j’ai bien compris. Il fera partie du livre que je vais publier incessamment si tout se passe bien, « Science, la citadelle assiégée » (https://fypeditions.com/a-paraitre/)
      Pour terminer, je regrette le « Total Bullshit » et je le retire ! Mais seulement si vous retirez « conformisme et obscurantisme » que je ne crois pas mériter ! Le reproche majeur que je fais à votre livre est l’appel à l’autorité de « grands » scientifiques en dehors de leur domaine de compétence. Quant à Arnaud Delorme… Laissons tomber, je serais vraiment méchant !
      Bien sincèrement,
      Jacques Robert

      Répondre
      • Voici un message de Brice Perier que je remercie :

        Merci M Robert pour votre retour.
        Vous pouvez bien sûr maintenir vos réserves, il n’en reste pas moins que tout ce que vous disiez sur mon livre était factuellement faux. Et là vous persistez sur Anne Dambricourt, en affirmant sans toujours rien démontré. Mais je veux bien retirer le conformiste et l’obscurantiste si ça vous fait plaisir. Reste que c’est ce que votre message m’a inspiré, en me basant personnellement sur des faits : vos écrits.
        Oui, n’encombrons pas ce blog à discuter sur l’intérêt de la mémoire de l’eau ou de la parapsychologie, des sujets qui sont loin de constituer l’essentiel de mon livre (même s’ils peuvent être aussi révélateur de l’obscurantisme) où je ne pense pas abuser de l’argument d’autorité. En tout cas les deux exemples que vous avez donné n’en sont pas.
        Mais je serais ravi d’échanger prochainement de tout ça avec vous de vive voix, si cela vous dit.
        Bien à vous et au plaisir.

        Répondre

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