Il ne s’agit pas du vaccin ROR contre lequel RF Kennedy Jr est en guerre mais d’une revue scientifique française qui a son lectorat fidèle. ROR signifie Revue de l’Organisation Responsable, créée en 2022 après le développement de la RSE (Responsabilité sociale des entreprises), acceptant des soumissions en français ou anglais, et hébergée par CAIRN. Je ne connais pas les rédacteurs de cette revue.
Un post LinkedIn annonçant la démission
Voici le texte du post qui contient la lettre de démission en anglais et français : Cher·es collègues et ami·es de la Revue de l’Organisation Responsable (ROR), C’est avec le cœur lourd, mais conviction, que nous annonçons
notre démission dont le contexte, les motivations et les implications sont présentées dans la lettre jointe. Cette décision fait suite au rachat de la revue par un groupe étranger. Ainsi, face aux modifications importantes de la politique éditoriale et à un ensemble de pratiques auxquelles nous refusons d’être associé·es, nous estimons ne plus être en mesure d’assurer l’intégrité scientifique de la revue. Nous tenons à vous remercier de votre fidélité et de votre soutien. À très bientôt.
La lettre de démission décrit des pratiques de voyous
La lettre est du 4 septembre 2026 et relate des pratiques de voyous ayant des objectifs mercantiles et non scientifiques. Elle a 4 pages et est signée par 15 co-rédacteurs-rices en chef. Est-ce que les vendeurs et les acquéreurs tous deux ont cet esprit mercantile ? Pouquoi l’éditeur ESKA a vendu à un groupe étranger Besting qui ne publie par de revues ? Besting, installé à Hangzhou, Chine, est une société de rédaction pour assister des auteurs. Au 5 septembre 2026, la revue ROR est toujours sur le site ESKA, société basée à Paris, qui publie des revues et livres scientifiques, et organise quelques congrès !!!! Une autre hypothèse est que les revenus générés par ROR ne soient plus au niveau des attentes.
Voici trois paragraphes de cette lettre :
- Le 4 août 2026, la société ESKA, représentée par son président, a procédé à la cession d’un fonds de commerce de publication et exploitation de cinq revues à caractère scientifique, dont la ROR. Ce fonds de commerce a été racheté par CNBESTING INC., société de droit étranger, implantée aux États Unis et en Chine dont le siège social est situé à Dover, Delaware, USA. L’entrée en jouissance précède la cession, et est effective depuis le 7 juillet 2026.
- Le comité de rédaction de la ROR n’a été informé par ESKA de la cession que par un mail du 28 août 2026. Ce comité de rédaction est pourtant responsable du projet scientifique de la revue, de sa ligne éditoriale et de son intégrité scientifique, ainsi que de son activité opérationnelle à travers la coordination de l’ensemble des étapes d’évaluation et de suivi des manuscrits. Cette information tardive, alors même que CNBESTING INC. avait déjà pris possession de la revue, nous a privés de la possibilité d’entamer un dialogue sur les implications futures pour la ROR, son projet scientifique et sa ligne éditoriale.
- Depuis cette annonce, nous dressons l’amer constat que les orientations annoncées pour la nouvelle gouvernance de la ROR sont à l’opposé des valeurs que nous défendons. Les conditions de publication pour les auteur·rices ont déjà été radicalement modifiées : la publication d’un article accepté est désormais conditionnée au paiement de frais s’élevant à 1 350 euros. De nouveaux auteur·rices ont été invité·es à soumettre des articles, sous ces nouvelles conditions. Par ailleurs, si les auteur·rices choisissent de retirer leur article « après son acceptation ou après le début de la phase de production, sans raison académique ou éthique valable, des frais de retrait correspondant à 25% des frais de publication applicables peuvent être exigés ». Là encore, aucune de ces décisions n’a fait l’objet d’une information ou d’une consultation auprès du comité de rédaction.
Ce sera la 58 ème ‘mass resignation’ de la liste de RetractionWatch
Le site RW met à jour une liste des démissions de comités de rédaction, et ROR devrait être bientôt listé. Cette liste montre le pouvoir des éditeurs et l’impossibilité des comités de rédaction de réagir. Dans le cas ROR, il semble que le comité n’ait été qu’un pion mineur. Dans d’autres démissions, les comités sont mieux informés, voire consultés. Tout ceci est surtout une affaire d’argent, et rarement une stratégie scientifique.
Que va faire le comité ? Créer une nouvelle revue, bien que ce soit très compliqué. Que va faire l’éditeur américano-chinois : nommer un comité fantôme et mettre un jeune rédacteur chinois aux manettes. Probablement que ROR va avoir un comportement de revue de faible qualité avec sollicitation d’auteurs, peer-review avec IA, acceptation en moins de 4 semaines, etc….
Note postée le 14 sept : merci à RetractionWatch pour son billet du 11 sept apportant quelques infos.


Un commentaire
Le principe de valorisation des carrières scientifiques basée sur la production de publications fait de celles-ci des produits industriels. Or dans le commerce de produits, le marché gouverne !