COVID-19 : influence néfaste de 3 articles sur les médias et la décision publique

Nous avons tout vu en période de pandémie, et notamment la prise en compte d’articles par les médias, voire les décideurs, sans aucun recul sur l’origine ou la qualité de ces articles. L’absence d’esprit critique est surprenante… et la considération comme vrai toute information dite ‘publiée’ est sidérante. Cet article de la Revue de Médecine Interne (mars 2021) se lit facilement, mais avec concentration. Il trace le chemin de 3 articles publiés en début de pandémie, avec leurs conséquences :

  • L’article du 20 mars de l’équipe Raoult avec 42 patients (26 Marseille et 16 contrôles Marseille, Nice, Briançon) qui est un modèle de mauvaise étude ; cet article montrait une baisse de charge virale à 6 jours avec HCQ en éliminant les 6 malades gênants (3 trasnferts en réanimation, un mort, un perdu de vue et un effet indésirable) ; cet article devrait être rétracté sans discussion ; ensuite deux décrets au JO les 25 et 26 mars….
  • L’article du 19 avril dans Qeios qui accepte les manuscrits en attendant le PPPR (Post Publication Peer Review)…  étude faite entre 23 mars et 9 avril  supposant que le tabac protégeait de la COVID-19 ; ce qui est drôle, ce sont les auteurs français agglutinés au cours des versions (3 en version 1 et 14 en version 4) ; arrêté du 23 avril avant avis du HCSP le 9 mai ;
  • L’article du 22 mai 2020 (LancetGate) sur les 96 032 dossiers administratifs de Surgisphère motrant que HCQ n’était pas efficace pour guérir la COVID-19 ; polémiques diverses et rétractation le 5 juin par The Lancet (avec un article NEJM sur la même base) ; puis 24 mai, arrêt HCQ de l’essai Discovery, le 25 mai l’OMS annonçait l’arrêt temporaire du bras HCQ de Solidarity, le 26 mai suspendait les inclusions HCQ dans les essais.

Il y a des schémas et les auteurs apportent de bonnes réflexions sur les dysfonctionnements de la diffusion des résultats de la recherche : il n’y a pas assez de rétractations dans la littérature ; les problèmes liés au peer-review ; la paternité des articles n’est pas beaucoup respectée (car de Qeios) ; l’absence de considération pour la Science Ouverte !

PS : je connais 3 des 5 auteurs de cet article