Conflits d’intérêts entre rédacteurs de revues scientifiques et auteurs de manuscrits à évaluer

Points clés

C’est un billet de RetractionWatch du 22 octobre 2026 qui nous informe d’un travail très intéressant d’une équipe editorcheckde recherche de Toulouse avec Guillaume Cabanac. Le titre de ce billet ‘Thousands of research studies violate journal policies on collaborations between editors and authors‘. Le système s’appelle EditorCheck, et la publication du 13 octobre 2026 a été faite lors du JCDL ’26: Proceedings of the 26th ACM/IEEE Joint Conference on Digital Libraries

Cet article est long, illustré par quelques bonnes figures, et nécessite des compétences en informatique pour être compris. PLOS demande que le rédacteur en charge du peer review d’un manuscrit et les auteurs de ce manuscrit n’aient pas co-signé un article dans les cinq années précédentes ; pour MDPI, c’est trois ans.

Résumé traduit de cet article

L’intégrité du processus d’évaluation par les pairs repose sur l’indépendance de ses acteurs, en particulier des rédacteurs en charge des manuscrits à évaluer. Nous présentons EditorCheck, un pipeline automatisé permettant de détecter les attributions éditoriales contraires aux directives résultant de collaborations antérieures entre les rédacteurs en charge des manuscrits et les auteurs de ces manuscrits. Notre pipeline traite des fichiers XML au format JATS, lève les ambiguïtés concernant l’identité des rédacteurs et des auteurs via l’API Dimensions, et identifie les co-auteurs en infraction au sein d’une fenêtre temporelle configurable afin de prendre en compte tout article soumis antérieurement. Nous proposons en outre un système de notation à trois niveaux — collaborations, article et éditeur — conçu pour mettre en évidence les cas les plus problématiques. Nous avons appliqué EditorCheck à deux vastes corpus : 340 409 articles de recherche provenant de PLOS et 172 614 provenant de MDPI, ce qui a permis de détecter respectivement plus de 8 000 et 2 500 articles potentiellement problématiques. L’équipe chargée de l’éthique de publication chez PLOS a annoté les 365 cas signalés les mieux classés. Sur ce corpus, EditorCheck affiche une précision de 1,0, sans aucun faux positif parmi les cas annotés. Cette étude démontre que l’audit automatisé et à grande échelle des conflits d’intérêts entre rédacteurs et auteurs est à la fois réalisable et efficace, et souligne la nécessité pour les éditeurs d’appliquer de manière plus systématique leurs propres directives.

Faut-il interdire ces liens d’intérêts ou les déclarer quand ils existent ?

Commentaires de Florian Naudet sur RW

EditorCheck is “very simple” yet “super useful,” said Florian Naudet, a psychiatrist and metascience researcher at the University of Rennes in France, who was not involved with the new study. He suggested publishers should implement the tool in their pre-publication checks and workflows. Conflicts of interest have traditionally been considered when money is involved, he said, but tracking past collaborations is important because publications are “the currency for academics and editors are in charge of allocating this currency.”

Naudet is involved with the Open Editors Plus, a database that documents the positions of nearly 750,000 editors in positions at scholarly journals. That dataset is used largely to track editors publishing excessive numbers of papers in their own journals, Naudet said.

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