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Faut-il réellement déclarer les usages de l’IA dans les articles ?

Points clés

Je respecte les recommandations de l’ICMJE actualisées en janvier 2026 (pages 22 & 23), mais dois évoluer et suivre les revues qui ne demandent pas de déclarer les usages de l’IA dans la rédaction ?

Que dit ICMJE ?

Simple : IA n’est jamais auteur et le chercheur est totalement responsable du manuscrit, y compris responsable de l’existence des références citées. Les relecteurs ne doivent pas utiliser l’IA pour analyser un manuscrit sans autorisation du rédacteur en chef de la revue. Les chercheurs doivent décrire les usages de l’IA soit dans les méthodes (IA pour collecter et/ou analyser des données), soit dans les remerciements (outils d’aide à la rédaction,..).

Ce n’est pas simple car il existe de nombreuses variations, et un même outil peut corriger des virgules et générer du contenu. Il peut paraphraser pour cacher des plagiats. Que faut-il déclarer ? Les noms des IA génératives et leurs versions ? Faut-il décrire les utilisations : traduction, correction linguistique, reformulations, etc…

Le rédacteur en chef du JACC a une position originale

Le JACC (Journal of the American College of Cardiology) est une revue prestigieuse, parmi les meilleures en cardiologie. Le rédacteur en chef actuel est un grand chercheur, très connu, Harlan M Krumholz, avec un h-index supérieur à 240. Le JACC est publié par Elsevier et appartient à l’American College of Cardiology.

jacc extrait 2Dans un éditorial d’octobre 2026, intitulé ‘AI in Medical Writing. Why JACC does not require disclosure’, HM Krumholz détaille les raisons pour ne pas demander aux auteurs déclarer les usages de l’IA. Il avait déjà écrit un édito intitulé ‘Tools, not ghosts: Artificial Intelligence, Writing and Responsibility’. Il poussait la communauté pour utiliser l’IA en rédaction.

Le JACC ne demande pas de déclarer l’usage de l’IA dans les manuscrits car l’important, c’est la responsabilité du travail et d’être intellectuellement engagé. HM Krumholz apporte 3 raisons : 1) le seuil d’utilisation est difficile à quantifier entre corriger une virgule et ré-écrire des paragraphes ; 2) la déclaration envoie un mauvais message ; nous utilisons tous l’IA en routine pour améliorer la lisibilité ; dire que l’on a pas utilisé l’IA donnerait de la crédibilité !! 3) très utile pour les non-anglphones, l’IA jacc extraitdevient la routine, et pourquoi porter la charge sur des auteurs qui devraient déclarer ; les détecteurs d’IA peuvent qualifier un article de génération par une machine, alors qu’il s’agit d’un outil pour les non-anglophones.

Par contre, il faut s’intéresser à la qualité des citations et être certains qu’il n’y a pas d’hallucinations, pas de références inventées. Les auteurs ont des responsabilités : ‘le modèle l’a fait’ n’est pas une excuse pour des erreurs. Combien de références ne contiennent pas ce que l’on supposent qu’elles disent ? Environ 20 à 25 % et c’est inadmissible. Il vaudrait mieux s’intéresser à la responsabilité des auteurs et à la reproductibilité des recherches publiées !!!

La valeur d’un article tient dans la question de recherche, les méthodes, les données et l’honnêteté des interprétations, et pas dans les outils d’IA.

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