Faut-il publier dans des revues de sociétés savantes ? Le combat est rude !

ASMAvez-vous une solution ? Quand je vois se développer rapidement des groupes lucratifs profitables comme Frontiers, MDPI, je suis inquiet. Ils prennent les articles qui, depuis longtemps, étaient destinés à des revues de sociétés savantes, organisations privées sans but lucratif, et dont les ressources permettent de développer des actions pour leurs membres…. Je cite ces deux groupes car ils sont considérés, par certains, comme des éditeurs prédateurs publiant des revues prédatrices. Mais comme ils sont encouragés par des décisions en faveur de la science ouverte, comme le plan S, c'est un dilemne compliqué pour un chercheur.

J'ai aimé un éditorial cosigné par des responsables de revues de l'American Society for Microbiology (ASM) et publié dans mBio fin 2017, avec pour titre "Support Science by Publishing in Scientific Society Journals". mBio est une revue en Open Access de l'ASM.

Les arguments des auteurs sont bien formalisés dans le résumé que j'ai traduit (merci deepl) : "Les sociétés savantes fournissent de nombreux services à l'entreprise scientifique, y compris l'organisation de congrès, la publication de revues, l'élaboration de programmes scientifiques, la promotion de la science, la promotion de l'éducation, la cohésion et l'orientation de la discipline et plus encore. Pour la plupart des sociétés savantes, l'édition fournit des revenus qui soutiennent ces activités importantes. Au cours des dernières décennies, la proportion d'articles sur la microbiologie publiés dans les revues de la société a diminué. Ceci est dû en grande partie à deux pressions concurrentes : la volonté des auteurs de publier dans des "revues glamour" – celles qui ont un impact élevé – et la disponibilité de "méga revues", qui offrent une publication rapide des articles indépendamment de leur impact potentiel. Le déclin des soumissions aux revues de la société et le manque d'enthousiasme de la part de nombreux scientifiques à y publier devraient préoccuper sérieusement tous les scientifiques parce qu'ils ont un impact sur le service que les sociétés savantes peuvent fournir à leurs membres et à la science.

L'éditorial est bien fait, avec des données dans le domaine de la microbiology, avec quelques illustrations. Des réflexions intéressantes : des revues de sociétés savantes ont migré chez des éditeurs pour mieux gérer leurs développements électroniques. Voici des données en microbio : "Several factors have influenced the number of papers published in scientific society journals. First, the number of journals that publish microbiology research has grown considerably since 1944, when there were 21 such journals; in 2015, there were 5,861 journals that published at least one microbiology paper. This proliferation has significantly increased competition between journals, resulting in a thinning of the number of papers being submitted to any one journal. Second, the past 10 years has seen an explosion in the number of papers published in mega journals. For microbiology papers, these have most notably included PLoS One (launched in 2006), Scientific Reports (2011), Frontiers in Microbiology (2010), BMC Research Notes (2008), and Cell Reports (2012). In 2015, mega journals published 9,965 microbiology papers, 6.9% of all microbiology papers. With the exception of PLoS One, mega journals are published by for-profit publishers who leverage the growth of these journals to drive their revenues.

Des sociétés savantes comme l'ASM ont 50 000 membres…  ce sont de très grosses organisations, qui ont de l'argent, beaucoup d'argent à mettre au service de la communauté scientifique. L'ASM a 210 employés, 1200 'volontaires' avec un chiffre d'affaire annuel dans les 50 millions de dollars. L'ASCO (American Society for Clinical Oncology) a environ 45 000 membres, un chiffre d'affaire annuel dans les 125 millions de dollars….  

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