La moitié des articles prédateurs relèvent de la santé !

Points clés

Travail époustouflant de chercheurs canadiens bien connus : Kyle Syler, Philippe Vincent-Lamarre et Vincent Larivière. Le titre Identifying National, Institutional and Disciplinary Sites of Probable Predatory Publishing. Il s’agit de la version 1 d’un preprint déposé en décembre 2025 sur une archive ouverte de OSF, SocArXiv. Le document a 99 pages, dont 52 pour l’article. De plus, la base de données est accessible pour des recherches. The Lacuna Database – is comprised of 909,859 articles from ten different publishers. Il serait intéressant d’avoir une analyse détaillée des chercheurs français publiant dans ces revues.

Bonnes analyses, avec des tableaux très intéressants. Bonne liste de références. Limites car analyses jusqu’à 2020. Lecture facile, et j’ai demandé à PerplexityPro de m’aider pour vous présenter l’article.​

Ce que les auteurs ont fait

  • Construction d’une base de 909 859 articles issus de 10 éditeurs : 6 clairement probables prédateurs (Austin, MedCrave, OMICS, SciencePG, SCIRP, Serials), 3 éditeurs « gris » (Frontiers, Hindawi, MDPI) et un éditeur africain contesté (Academic Journals).

  • Extraction systématique des métadonnées (affiliations, pays, disciplines, dates, etc.) et appariement avec Web of Science et OpenAlex (≈ 54 millions d’articles WoS).

  • Analyses descriptives et régressions logistiques pour estimer la probabilité de publier dans un journal prédateur selon la région, le revenu du pays, le rang de l’institution (ARWU) et la discipline. ARWU pour Academic Ranking of World Universities, c’est à dire le classement de Shanghai.

Qui publie le plus dans les revues prédatrices ? Les pays riches !

  • En volume absolu, l’Inde, les États‑Unis, la Chine et le Nigeria fournissent le plus grand nombre d’articles à ces éditeurs prédateurs.

  • 54 % des articles prédateurs proviennent d’institutions non classées dans le classement de Shanghai (ARWU), mais 30 % viennent néanmoins d’universités du Top 500, dont 8  % du Top 100.

  • Au total, 56,5  % des articles prédateurs sont signés par des auteurs de pays à revenu élevé ou intermédiaire supérieur : les pays riches alimentent donc largement le marché, même si la proportion de prédateur dans leur production reste faible.

Où le risque est-il le plus élevé ?

  • Les probabilités de publier dans un journal prédateur sont les plus fortes pour les auteurs d’Afrique subsaharienne, suivis de l’Asie du Sud et du Moyen‑Orient/Afrique du Nord (facteur 2 à 3 par rapport aux régions les moins exposées).

  • Les auteurs de pays à revenu faible ou intermédiaire faible ont un risque environ trois fois plus élevé que ceux des pays à revenu élevé.

  • Les institutions non classées sont ≈ 20 fois plus susceptibles de publier dans des revues prédatrices que les universités du Top 100 ARWU, et ≈ 5 fois plus que celles autour des rangs 801‑900.

Disciplines et types d’institutions les plus concernés

  • Près de la moitié des articles prédateurs relèvent de la santé (biomédical, clinique, santé) et 18 % de l’ingénierie/technologie.

  • En proportion relative (par rapport à WoS), les mathématiques et les sciences sociales apparaissent particulièrement exposées, même si leur volume reste plus faible que celui des disciplines médicales.

  • 75  % des articles prédateurs proviennent d’universités, 17  % d’hôpitaux/centres médicaux, mais les hôpitaux et surtout les institutions non universitaires/non hospitalières (agences, entreprises, instituts privés) ont un risque beaucoup plus élevé de publier en prédateur.

Éditeurs « gris » versus prédateurs « durs »

  • Frontiers, Hindawi et MDPI ont des profils d’auteurs beaucoup plus proches des revues indexées WoS que des éditeurs clairement prédateurs : davantage de pays riches et d’universités bien classées dans leurs auteurs.

  • Les six éditeurs probables prédateurs ciblent davantage les institutions périphériques et se concentrent sur quelques niches disciplinaires (notamment médicale et santé pour Austin, OMICS, MedCrave).

  • Les auteurs soulignent un continuum plutôt qu’une frontière nette : du prédateur flagrant (OMICS, Austin…) à des zones grises où la légitimité est contestée (MDPI, Hindawi, Frontiers) et fait l’objet de décisions de dé‑classement ou de dé‑indexation dans plusieurs pays.

Messages clés

  • La prédation n’est pas uniquement un problème du « Sud » : les pays riches et les grandes universités fournissent une part importante de l’argent et des manuscrits qui maintiennent ces éditeurs à flot, même si la proportion d’articles prédateurs y est plus faible.

  • Les chercheurs des pays à revenu faible ou des institutions non classées sont, eux, nettement plus vulnérables : pour eux, les revues prédatrices peuvent représenter une fraction importante de la production nationale ou institutionnelle, avec des effets durables sur la qualité perçue de leur recherche.

  • La médecine, la santé et l’ingénierie sont des terrains privilégiés de la prédation, mais aucune discipline n’est totalement épargnée.

  • Les auteurs mettent à disposition la base Lacuna pour permettre aux universités, agences et pays d’identifier localement où se situent leurs propres « points chauds » de publication prédatrice et d’ajuster leurs politiques d’évaluation, de financement et de formation.

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