Le moment orwellien : La science face aux nouveaux obscurantismes

Points clés

Ce livre nous questionne et j’espère qu’il n’annonce pas le futur de la science en France. Aux USA, la science est mal moment orwellienpartie pour longtemps.

Un livre bien construit en partant de 1984 (Orwell)

Les trois auteurs sont engagés dans la défense de la science. Ils ont imaginé un plan basé sur le livre de George Orwell. Pas besoin d’avoir lu 1984 car il y a une annexe qui résume le livre en 12 pages. J’ai lu 1984 il y a quelques mois et le parallèle est étonnant. Un documentaire 2 + 2 = 5 intitulé « 1984: L’avertissement de George Orwell que le Monde N’a Pas Voulu Entendre » est accessible sur YouTube.

En bref, résister est la seule stratégie car lorsque les extrêmes sont au pouvoir, elles le gardent. En page 170, je reprends : « D Trump utilise la phrase ‘Les migrants empoisonnent le sang américain’ qui est une adaptation contemporaine de ‘Les Juifs empoisonnent le sang allemand’  que l’on trouve dans Mein Kampf. »

La science menacée dans les pays totalitaires, dont les USA

Point besoin de vous résumer la situation actuelle de la science aux USA ! Tous les secteurs de la recherche sont menacés et les crédits publics syphonnés pour être mis au service d’entreprises privées. Des données de la NASA, dans le domaine du climat et dans de nombreux domaines ont été détruites tout simplement !

La quatrième de couverture : « Pourquoi la science est-elle aujourd’hui devenue l’objet d’attaques d’une ampleur inédite ? À partir d’événements récents aux États-Unis et en France, cet ouvrage mobilise les concepts développés par George Orwell dans 1984 pour analyser la mécanique contemporaine de brouillage du réel, qui a fait de la science une cible politique. Il montre comment les savoirs et celles et ceux qui les produisent ont d’abord été fragilisés par leur soumission à la logique de marché, puis discrédités par le pouvoir à travers une succession de procès idéologiques. Cet affaiblissement a ouvert la voie à un glissement vers un autoritarisme assumé, fondé sur la manipulation du langage, la réécriture du passé et l’effacement de la vérité au nom de la liberté. Dans ce moment orwellien, la science, en tant que langage universel de description du réel, n’a plus lieu d’être. Nommer et comprendre ces mécanismes est une condition essentielle pour pouvoir y résister. »

Le livre a trois parties : 1) Le moment pré-Orwellien : affaiblir la science ; 2) Le moment orwellien : en finir avec la vérité ; 3) Refaire d’Orwell une fiction. Tranquillement, la défaite lente de la science est décrite, dans la plupart des pays. La science est en danger, et la préface de Valérie Masson-Delmotte commence ainsi : Ce livre donne des idées pour comprendre la manière dont la liberté académique et le rôle des faits scientifiques pour éclairer les délibérations publiques sont profondément remis en cause dans un contexte de montée de l’autoritarisme et d’affaiblissement de la vie démocratique.

N’oublions jamais que la science a des ennemis… qui financent des actions…

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6 commentaires

  • Je suis désolé de dire que je suis tout à fait partisan d' »en finir avec la vérité ». La vérité est un concept dangereux, fondement de tous les dogmes idéologiques. Seuls comptent les faits expérimentaux vérifiés et les chiffres incontestables, le reste n’est que littérature.
    L’immense majorité de ce que disent les « scientifiques » relève de leur propre opinion (classique ou originale, consensuelle ou controversée), souvent purement conjecturale à partir de données plus ou moins fiables. Ce qui n’empêche nullement de l’appeler « vérité scientifique » et, pire encore, « vérité judiciaire » (incontestable même si elle est stupide) quand les juges l’ont décrétée en prétextant des « avis d’experts ». Ajoutons à ce propos qu’un avis d’expert, quel qu’en soit le contexte, n’est pas de la Science, mais une prétention personnelle au savoir qui ne peut jamais revendiquer la Vérité.
    Dans l’immensité du discours scientifique, il est rarissime de trouver des faits réels strictement irréfutables, confirmés de manière parfaitement rigoureuse, et même ceux-là font l’objet d’interprétations nécessairement discutables.
    Laisser croire qu’il existe une « vérité » est justement ce que refuse la Science. Elle ne prétend qu’explorer le réel, dont nous n’aurons jamais qu’une approche parcellaire. Seuls les théologiens, politiciens et autres gourous (y compris scientifiques !) professent des vérités.
    Il est donc bien légitime de vouloir « affaiblir la science » en faisant savoir que ce qu’on lui demande n’est pas de dire des vérités mais seulement d’appliquer une rigueur méthodologique et mathématique absolue à la description du réel accessible ; on lui demande la même rigueur pour émettre des théories, modèles et conjectures à usage interne, dont elle ne peut parler qu’avec prudence, en assortissant toutes éventuelles spéculations de considérations probabilistes peu accessibles au commun des mortels ; on lui demande surtout de dire clairement qu’elle n’a la plupart du temps aucune réponse aux interrogations qu’on lui soumet. Reconnaitre tout ce qu’elle ne connait pas est précisément ce qui distingue la pensée scientifique.
    C’est donc avant tout la conduite des « scientifiques » et des médias qui les instrumentalisent qui compromet la Science en ne voulant pas dire qu’elle ne sait pas répondre à ce qu’on lui demande (pour ne pas « l’affaiblir » ?). Il est temps pour la communauté scientifique de montrer l’exemple et de sanctionner ses propres errements, plutôt que de donner de l’importance aux charlatans non scientifiques en s’attaquant à eux.

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    • Bonjour, je n’avais pas cette réflexion, mais en relisant, je suis bien d’accord. Je ne préfère pas commenter les très nombreux avis d’experts, parfois dans des rapports d’Agences, qui édictent une vérité qui n’est que leur vision du monde. La Science évolue et la vérité évolue. Merci pour cette réflexion.

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  • Bonjour, je suis une abonnée de longue date et je tiens à vous féliciter et à vous remercier pour votre excellent travail, bien documenté et vos réflexions riches. Judith du Québec 😉

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  • Je suis un peu déçu par la lecture de cet ouvrage. Il semble que les auteurs ne voient qu’une seule menace: le totalitarisme de droite. Ils sont en effet assez bienveillants à l’égard du wokisme, des études de genre, du décolonialisme, et considèrent la menace de l’islamo-gauchisme comme négligeable.
    J’y préfère le dernier ouvrage de Jacques Robert: science, la citadelle assiégée. Son analyse renvoie dos à dos l’extrême-droite trumpienne et les délires post-modernes qui réécrivent l’histoire au prisme de la bienpensance woke véhiculée par l’extrême-gauche. Ce sont deux menaces symétriques qui s’attaquent à la vérité.

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    • Justement, ces « menaces symétriques » ne s’attaquent pas à la vérité, au contraire elles la proclament (c’est la leur). Des menaces qui se prétendent « centristes » ou « apolitiques » existent aussi et ne sont pas moindres !
      Méfions-nous toujours de la moindre interprétation politique de la science. Elle n’est qu’une méthodologie, aussi humble que rigoureuse, d’où la seule question qui vaille : la respecte t-on ou non ?
      Les délires idéologiques ne sont que des produits de la pensée irrationnelle, laquelle ne vaut pas mieux quelle que soit la posture politique de son auteur.

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