paper mills 2

Des articles produits par des paper mills sont inclus dans des revues systématiques : rare mais très inquiétant

Points clés

J’ai lu en détail cet article et je ne peux que le résumer. Proposé par deux auteurs (Canada et Chine), c’est une publication le 12 juin 2025 dans JAMA Open montrant que quelques articles publiés par des paper mills ont été inclus dans des citation paper mills sr jama openrevues systématiques. Ce n’est pas acceptable. Vous êtes familiers avec les paper mills ou moulins à papiers, à savoir des sociétés commerciales légales rédigeant des articles (avec IA ?) pour proposer à des chercheurs de payer pour être auteurs (entre 500 et 2000 $ selon la position) avant de les soumettre et faire accepter pour publication. Combien sont-ils ? Estimation de plus de 400 000 articles publiés par des paper mills, et très peu ont été identifiés, puis rétractés… Ce sont des estimations… mais le phénomène s’emballe avec l’IA et avec le peer review rapide de revues de piètre qualité !!!

Méthodes de cet article JAMA Open

Je traduis : Conception, design et participants Cette étude transversale a analysé les revues systématiques publiées entre 2013 et 2024, indexées dans Web of Science (WoS). Les références ont été comparées à l’ensemble de données Retraction Watch, et les textes complets ont été examinés pour identifier les articles rétractés incorporés dans la synthèse des données probantes. Notons que RW ne contient qu’une petite partie des articles produits par des paper mills.

Je traduis : Principaux résultats et mesures L’étude a évalué (1) la prévalence de la contamination, définie comme la proportion de revues systématiques incorporant des articles de paper mills rétractés dans la synthèse des preuves ; (2) la distribution géographique des auteurs citant les articles en fonction de leur affiliation institutionnelle ; (3) le moment et les tendances des citations, y compris le délai entre l’incorporation et la rétractation des articles ; (4) les domaines de recherche affectés, classés par sujet WoS ; et (5) les modèles de citations, y compris les revues fortement contaminées (≥3 incorporations d’articles rétractés).

Près de 300 revues systématiques ont inclus un ou des articles provenant de paper mills

Je traduis : Sur un total de 200 000 revues systématiques, 299 ont incorporé au moins un article rétracté dans la synthèse des preuves (taux de contamination de 0,15 %). Parmi elles, 256 (85,6 %) incluaient un seul article rétracté et 43 (14,4 %) en incluaient plusieurs. Sur les 1802 affiliations d’auteurs associées aux revues contaminées, 660 (36,6 %) provenaient d’institutions chinoises. Sur un total de 385 citations, 124 (32,2 %) ont eu lieu après la rétractation, dont 13 plus de 500 jours après la date de rétractation. L’oncologie était le domaine le plus touché (48 sur 299 [16,1 %]). Cinq revues comprenaient chacune au moins cinq articles rétractés, tous publiés dans des revues dont l’éditeur est de piètre qualité.

Ce sont 1802 auteurs de 52 pays qui ont été identifiés :

  • At the continental level, most authors were affiliated with institutions in Asia (1013 of 1802 [56.2%]), followed by Europe (488 of 1802 [27.1%]), North America (178 of 1802 [9.9%]), South America (63 of 1802 [3.5%]), Africa (37 of 1802 [2.1%]), and Australia (23 of 1802 [1.3%]).
  • At the national level, the largest proportion of these authors were affiliated with institutions in China (660 of 1802 [36.6%]), followed by the US (139 of 1802 [7.7%]), Iran (134 of 1802 [7.4%]), Italy (133 of 1802 [7.4%]), and India (66 of 1802 [3.7%]).
  • Pour la France, ce sont 10 auteurs impliqués dans ces RS.

Les disciplines concernées …  Oncology : 48 of 299 contaminated systematic reviews (16.1%); general and internal medicine (26 of 299 [8.7%]); biochemistry and molecular biology (23 of 299 [7.7%]); neurosciences and neurology (16 of 299 [5.4%]); cell biology (15 of 299 [5.0%]).

Ce phénomène va s’accentuer…  Et dans ce travail, ce ne sont pas tous les articles de paper mills qui sont identifiés !!! Les publications échappent aux Sociétés savantes et les éditeurs mercantiles ne se soucient pas de la qualité des RS.

PS : je remercie Luu-Ly Do-Quang et Anne Depaigne-Loth

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2 commentaires

  • L’édition biomédicale est bien malade depuis longtemps. Ce qui est inquiétant est que les acteurs concernés s’en inquiètent peu. Certaines institutions paraissent même s’en satisfaire.
    Pour une majorité de publications, qui servent de tous autres desseins que ceux de la science, l’aggravation se rapproche maintenant d’une phase terminale… mais personne n’envisage leur euthanasie.
    Le bruit qu’elles produisent n’est pas seulement inutile et trompeur ; il encombre notre disponibilité cognitive, détourne les moyens nécessaires pour informer, encourage l’inconduite des chercheurs.
    De combien de titres aurait-on réellement besoin pour couvrir la science de qualité dans chaque domaine spécialisé ? J’aimerais bien connaître l’avis du lectorat dans ces divers domaines.

    Répondre
    • Bonjour,
      merci pour ce commentaire. Effectivement, nous n’avons pas besoin de toutes ces revues.
      L’amélioration ne viendrait que si TOUS les acteurs étaient prêts à bouger ensemble : chercheurs, institutions de recherche, universités, financeurs, sociétés savantes, évaluateurs,…. Il faudrait un collectif et peut-être que IAP (InterAcademy Partnership, réseau des Académies des sciences) voire UNESCO pourraient aider. Les diverses associations de journaux ou d’éditeurs (ICMJE, COPE, STM, etc….) ne sont pas légitimes car juges et parties.
      Pas de lueur en vue
      Cdlmt

      Répondre

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