C’est une histoire qui a duré 10 ans mais qui montre que l’intégrité scientifique avance, certes lentement mais bien.
Félicitons l’Université Paris-Cité
Investiguer des cas de personnes publiques est beaucoup plus difficiles que de condamner un inconnu. L’Université Paris-Cité montre l’exemple. Il n’y a pas de commentaires de l’Université, mais la décision a été prise : retrait du doctorat en philosophie des sciences d’Etienne Klein ! Je deviens confiant dans la possibilité d’investiguer des cas, et celui-ci est un exemple tant il y a eu de protections, d’influences diverses dans ce cas.
Les politiques d’intégrité et les instances (Cedis) sont détaillées sur le site de l’Université Paris-Cité.
Félicitons deux journalistes
Ce n’est pas la communauté scientifique qui a signalé les plagiats. C’est un travail minutieux et déjà ancien de Loris Guémart et Jean Abbiateci, et ce travail a été publié sur Arrêt sur Images. A partir de leur billet du 11 juin, nous pouvons remonter l’histoire de la mise en évidence de ces plagiats.
J’ai aussi fait des billets. Les premières révélations dans l’Express datent de 2016, dix ans déjà. D’autres journaux ont suivi. Le 18 août 2021, il y avait deux pages dans le Monde avec pour titre : Etienne Klein, plagiaire « à l’insu de son plein gré. Puis les articles détaillés sur Arrêt sur Images ont relancé le truc !
Oublions les délais pour constater qu’une Université a osé : bravo. Mais combien d’Universités se seraient tues pour un cas similaire ?
Partie émergée d’un iceberg ?
Pour un Étienne Klein, combien existe-t-il d’autres artisans du plagiat, combien d’autres «recopilleurs»? Les cas révélés par la presse ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Les litiges sont souvent réglés dans la plus grande discrétion. Ces lignes en italiques sont copiées d’un exceptionnel billet de Jean Abbiateci dans Heidi.News (21 juin 2026). Il raconte toute la sage autour de ce cas de plagiat, et son travail minutieux pour dépister les copier-coller. Merci à la vigilance d’une amie qui m’a transmis ce lien… mais c’est l’épisode 1 !!!!




2 commentaires
Cette affaire ne concerne pas ses activités récentes de vulgarisation scientifique, mais bien sa thèse soutenue en 1999. Le doctorat est un titre académique strictement adossé à un travail de recherche précis, évalué selon des critères d’intégrité scientifique, et il peut être retiré indépendamment de la trajectoire professionnelle ultérieure. Dans ce cadre, défendre la réputation actuelle d’un chercheur n’est pas équivalent à défendre la validité d’une production doctorale ancienne.
Il faut aussi rappeler que, même sans ce doctorat, son parcours reste celui d’un ingénieur de haut niveau : diplôme de l’École Centrale Paris (1981, spécialité physique de la matière), DEA de physique théorique à l’université Paris-Sud (1982), puis une carrière de recherche au CEA et au CERN. Le doctorat en philosophie des sciences (1999), distinct d’un doctorat en physique, relève d’un champ différent, centré sur l’analyse conceptuelle et historique des fondements de la physique, et non sur la production expérimentale ou théorique en physique au sens strict.
Le retrait du doctorat ne remet donc pas en cause ni sa formation initiale à Centrale, ni son DEA de physique, ni ses activités de recherche appliquée au CEA ou au CERN. En revanche, il concerne uniquement un titre académique spécifique lié à un domaine philosophique des sciences.
En ce sens, ce doctorat en philosophie des sciences n’est effectivement pas central dans une carrière de physicien au sens expérimental ou théorique dur. Sa formation d’ingénieur reste ce qui fonde principalement sa maîtrise des outils mathématiques et physiques utilisés dans ses activités scientifiques. Pour moi il reste un vrai scientifique avec ou sans doctorat de philo…
@ C. Bayesien : vous serait-il possible de citer au moins un article en mathématique, physique ou sciences d’ingénieur de Etienne Klein ? Je vous en remercie par avance.