Le colloque annuel de l’OFIS (Office Français de l’Intégrité Scientifique) s’est tenu au Sénat le 5 juin 2026 (150 personnes), et je regrette de n’avoir pu me libérer pour y participer. Le programme, les vidéos et les PDF des présentations ont été mis en ligne le 30 juin, et cela permet de prendre connaissance des interventions. Ces documents sont de qualité. Le titre du colloque : Promouvoir et protéger une culture partagée de l’intégrité scientifique : bilan et perspectives
L’Inadis : fantôme ou réalité
Depuis plusieurs mois, et suite à une commission de l’Académie des Sciences, l’Instance Nationale d’Analyse des Dossiers d’Intégrité Scientifique (Inadis) est annoncée. L’Inadis sera hébergée par l’Académie des Sciences, mais le moteur de recherche de l’Académie ne trouve pas l’Inadis au 30 juin 2026. L’Inadis a été annoncée sur le site de l’Académie en avril, puis cette annonce avec la liste des 14 membres a été rapidement retirée du site. ETRANGE… Certains des membres ont une connaissance de l’intégrité scientifique. Puis ce sont les vacances qui arrivent… et pas de date annoncée pour le lancement. Il y a eu deux communications sur l’Inadis : Stéphanie Ruphy (Membre du GT intégrité scientifique de l’Académie des sciences, directrice de l’Ofis 2021-2025) et Alain Israël, Membre de l’Académie des sciences et du GT intégrité scientifique (sur sa dernière diapo RV en septembre).
Ce serait important d’avoir cette Instance dont les missions qui étaient sur le site en avril étaient :
- De nature consultative : l’Inadis émet des avis consultatifs, les autorités des établissements conservant leur pouvoir de décision ;
- Au champ d’application scientifique large : l’Inadis est compétente pour traiter les signalements relatifs à tous les domaines des sciences et des humanités ;
- Mais se limitant aux cas dits substantiels : l’Inadis se saisit seulement des cas susceptibles de constituer un manquement grave à l’intégrité scientifique, à savoir ceux susceptibles d’entraîner des répercussions significatives sur un champ de recherche ;
- Pouvant offrir une protection contre les remises en cause non fondées du travail des référents intégrité scientifique ;
- Susceptible d’intervenir lorsqu’aucune suite n’est donnée par un établissement à une instruction.
Traitement d’un signalement de manquement à l’intégrité scientifique
J’ai emprunté cette diapo à la présentation de S Ruphy.



Un commentaire
Il serait utile de bien distinguer l’intégrité scientifique et la déontologie professionnelle, souvent confondues.
L’intégrité est ce qui assure valeur scientifique de la recherche, depuis la conception des travaux jusqu’à l’utilisation de leurs résultats. Un manquement à l’intégrité, c’est un défaut de respect des recommandations académique, de rigueur méthodologique ou de prudence opératoire.
La déontologie est ce qui régente la conduite des chercheurs, en termes d’éthique scientifique, de probité professionnelle et de comportement relationnel. Une faute déontologique, c’est un manquement aux règles éthiques de la recherche ou aux exigences morales de la profession – et bien sûr à la législation.
Il s’ensuit par exemple qu’en médecine on distingue la HAS, qui est chargée de dire ce qu’on peut juger être une bonne pratique (fondée sur l’intégrité scientifique) et l’Ordre, qui est chargé de statuer sur ce qui est professionnellement admissible (au regard du code de déontologie).
Le mélange des genres qui confond le fond (intellectuel) et la forme (réglementaire) donne lieu à des organismes du type de l’Arcom. Ce risque de confondre les deux missions étant à craindre, je serais partisan d’un Ordre de la recherche scientifique pour juger les chercheurs (et non pour évaluer la valeur de la recherche, rôle de l’Inadis). Je sais qu’il est extrêmement mal vu de défendre la notion d’Ordre professionnel (certes tragiquement dévoyée par des médecins irresponsables faute d’un encadrement juridictionnel), mais je reste convaincu de son importance.