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Où nous mène l’automatisation du peer-review ? Des robots vont évaluer des articles écrits par des robots

Points clés

Tout ce qui se passe avec l’IA pour la gestion des articles scientifiques est impressionnant : probablement le meilleur mais surtout le pire ? Voici un exemple d’une automatisation qui ne peut pas être changée dans une revue Frontiers.

Démission d’un rédacteur associé de la revue Frontiers in Systems Neuroscience

Voici la traduction de billets postés par Michael Okun sur le réseau BlueSky (10 juin 2026) :

J’ai officiellement démissionné de mon poste de rédacteur associé de la revue *Frontiers in Systems Neuroscience*. Autrefois, c’était une revue réputée, mais elle est devenue un exemple typique de la manière dont l’automatisation forcée détruit l’intégrité académique.

Lorsque Frontiers a commencé à automatiser le processus éditorial, j’ai décidé de rester. Je me suis dit que tant que l’automatisation pouvait être désactivée, les rédacteurs humains pouvaient encore garantir un processus d’évaluation par les pairs rigoureux et de grande qualité. Cela est désormais impossible : le système a été entièrement pris en otage par les algorithmes.

Au cours du dernier mois, j’ai constaté que les rédacteurs humains n’avaient désormais plus aucun contrôle. Je ne pouvais plus empêcher le système d’inviter automatiquement des « relecteurs » ne disposant d’aucune expertise pertinente. Pire encore : l’IA a commencé à annuler systématiquement les invitations que j’avais envoyées manuellement à de véritables experts qualifiés.

J’ai envoyé un e-mail et rencontré la rédaction pour demander que l’assistant IA soit désactivé. On m’a répondu que ce n’était pas possible. À la place, on m’a fait quelques promesses vagues concernant d’éventuelles améliorations futures et on m’a un peu manipulé.

Si les rédacteurs humains ne peuvent pas contrôler qui évalue les travaux scientifiques, on ne parle plus d’évaluation par les pairs, mais d’une machine à tamponner conçue pour le volume et le profit, et non pour la qualité. Je n’ai aucune intention d’y associer mon nom. Je me retire donc.

Les 120 rédacteurs associés devraient-ils démissionner ? OUI

Félicitons ce chercheur pour cet acte de rébellion. C’est désolant de constater que dans ces revues il y a des centaines (milliers ?) de rédacteurs qui sont contents de rester comme des marionnettes et de croire que leur nom apporte une okuncaution de qualité. De plus en plus le système de peer review est à la dérive…  et bientôt les revues n’auront plus besoin de faire évaluer les manuscrits par des humains. Parmi les commentaires de rédacteurs de cette revue, certains sont satisfaits…  ce sont les marionnettes du système. Ci-joint, un témoignage dans l’article de The Scientist...  en gros, si tu refuses, la machine va s’en occuper !

Les revues ne peuvent pas non plus détecter les articles écrits par l’IA, et d’ailleurs ils ne savent pas qui sont les auteurs. Un chatbot peut soumettre un article…  il faudrait, comme dans les avions, demander un passeport pour soumettre un manuscrit…  le volume de soumission diminuerait vite !

Il y a de plus en plus de revues de piètre qualité. Pour certains éditeurs, ce sont 100 % de leurs revues qui sont douteuses. Pour les autres, s’ils veulent rester dans la course et ne pas sombrer, ils doivent se questionner et commencer à adopter des pratiques douteuses. Personne ne contrôle un système que les institutions et universités ont sous-traité à des acteurs commerciaux.

Je remercie Pierre Rimbaud qui m’a signalé un article dans The Scientist

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