La famille dans les attributions des qualifications d’auteurs ! La France serait plus vertueuse que d’autres pays !!!

PNAS_familleBeau travail (9 août 2016) dans PNAS avec une équipe de chercheurs multinationale 'USA, UK, Italie, Espagne). Le premier auteur Mattia Prosperi a posté une vidéo sur YouTube pour se présenter et expliquer ses méthodes de travail : amusant car vidéo de 2 minutes bien faite.

L'article a pour titre "Kin of authorship in five decades of health science literature" (kin : c'est la famille).

J'ai repris l'image principale, sans expliquer les méthodes assez compliquées. Ils ont analysé 21 millions d'articles et recherché les mêmes noms parmi les auteurs. Difficile.

Le résultat principal se lit dans la figure de haut en bas d'abord puis colonne suivante (pays assigné selon le premier auteur, et classé selon le nombre d'articles). En rouge, tous les articles ; en bleu les articles avec 4 ou 5 auteurs, et en pointillé la prévalence mondiale. Prenez du temps pour regarder les prévalences (échelle de 0,00 à 0,08) par pays, et les évolutions au cours du temps. Les ombres représentent les intervalles de confiance. La France a une évolution différente de celle des autres pays.

Quelques observations : un certain niveau de parenté a probablement des effets bénéfiques sur les résultats de la recherche d'un pays tandis que des niveaux élevés ou très bas de parenté auraient des effets délétères (allez voir l'article). Les auteurs pensent qu'il est plus important pour un pays de promouvoir des opportunités égales dans les carrières académiques plutôt que de favoriser un népotisme.

Les limites sont nombreuses, l'une étant due aux femmes mariées qui changent de nom, ou enfants. Par contre, pour l'Inde, il y a problème, car les auteurs indiens n'ont pas de nom !

 Je remercie M Prosperi qui m'a transmis le pdf et il a une remarque : Happy to hear also some considerations about the counter-trend of France in kinship. It may be because of peculiar surname demographics, e.g. higher immigration rates, change in marriage or vertical name transmission (we used a fairly complex model but obviously it may not be a perfect fit for all countries), yet it is still interesting that kinship falls in France where it is stable or increasing in all other countries.

PS : Proche de notre thème, le mandarinat existait pendant mes études, et ce ne sont que les mouvements de 1968 qui ont permis d'évoluer… L'interview d'André Grimaldi sur What's Up Doc de début août 2016 apporte des anecdotes amusantes.

PS : un autre article a montré que les mathématiciens qui publient peu sont plus la plupart issus de 24 familles (il existe 84 arbres généalogiques de mathématiciens). Allez voir ces données résumées dans Nature du 26 août 2016.

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5 commentaires

  • Merci pour ce retour intéressant (et l’ensemble du blog d’ailleurs!).
    Pour les familles des mathématiciens, il s’agit dans le papier cité de familles « symboliques » et de « filiations intellectuelles », c’est à dire d’écoles de mathématiques plutôt que d’apparentés, ce qui change un peu l’interprétation et la rapproche peut-être du « nombre d’Erdos » plutôt que du népotisme, non?
    Quant à l’interprétation du nom d’auteurs, on connait dans tous les domaines des couples de chercheurs qui publient ensemble des travaux de qualité ainsi que des auteurs fantômes « femmes et maris de » qui n’ont pas lu le papier mais sont ajoutés systématiquement. En extraire une information en soit sans connaitre la contribution réelle parait assez hasardeux, à mon sens la conclusion du papier dans PNAS va un peu au delà de ce qui est montré dans l’article.

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  • Merci pour votre commentaire qui apporte quelques idées. Je suis d’accord, c’est assez difficile à interpréter.
    Sauf ce qui pose problème à l’auteur : pourquoi la France a une tendance différente des autres pays ?
    Cdlmt
    HM

    Répondre
  • Effectivement, l’immigration peut expliquer cette tendance (surtout dans un pays où les femmes peuvent garder leur nom de jeune fille). Mais est-ce de même dans les autres pays ???
    Et est-ce que cela pourrait signifier une certaine intégration des immigrés (car ils publient !)
    Enfin, je viens d’apprendre ce matin qu’un médecin faisait relire le manuscrit anglais à sa femme originaire des États-Unis. Elle va sûrement être dans les auteurs pour cela. Parfois, l’œil extérieur du conjoint est très utile avant de soumettre…

    Répondre
  • Merci pour ce papier très original. Je ne sais pas si les auteurs tiennent compte de la dispersion plus ou moins étendue des patronymes au sein des populations concernées. C’est un point effectivement important car dans certaines nations la distribution des populations en fonction des patronymes est bcp plus étroite que dans d’autres. A ce titre, certaines homonymies ne sont pas d’ordre familiales.

    Répondre
  • Comment je lirais ces graphes est de considérer Hollande, Suède, UK et USA comme référent. En ce sens, la France reivent à une norme de publication correspondant aux références, de même que l’Espagne.
    Par contre, ce qui est très intéressant, ce sont les modifications observées dans l’ancien bloc de l’Est après la chute du mur et … en Italie sous Berlusconi. On est bien dans une atmonsphère de « libéralisation » des attributions des crédits de recherche d’une part et du caractère familial des retombées des bénéfices des crédits de recherche. Ceci évoque très fortement un caractère mafieux à ces attributions, par leur coté de détournement des finances publiques d’un côté et avec des bénéfices ruisselant sur la famille privée de l’autre.
    Pour la France, la précarisation de l’attribution des crédits a entrainé une disparition des réseaux familiaux par la compétition de tous contre tous à l’anglo-saxonne. Est ce mieux ??? Ceci n’est pas discuté !

    Répondre

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