Pour une médecine humaine : bravo l’artiste

reachQuand il s’agit d’un livre de 450 pages, j’hésite. Mais je dois dire que la lecture du livre de G Reach m’a passionné par l’érudition de l’auteur, par le survol des concepts, et la raison et la sagesse qui se dégagent de cette lecture. A la fois l’Evidence-Based-Medicine (EBM) est critiquée justement, mais aussi reconnue pour ses apports à la rigueur et à la pratique médicale. Dans ce livre, il est question de la mauvaise observance des malades qui ne suivent pas tous les conseils, et de l’inertie clinique des soignants qui ne respectent pas toujours les recommandations : deux maux difficiles à soigner !

Ce livre nous explique que, avec la technicité de la médecine, son exercice peut et doit rester fondé sur la personne et pas seulement sur la maladie. Le soin prend du temps, et c’est ce qui manque le plus. Si ce livre s’adresse aux étudiants, en fait nous pouvons tous en tirer des réflexions utiles. La première partie, sur la philosophie de la clinique est très documentée avec des citations de la littérature, voire du cinéma. Elle est longue (285 pages), mais je n’ai pas perdu mon temps. J’ai annoté de nombreuses pages, et je ne sais pas choisir quelles citations reprendre. La deuxième partie sur la pratique d’une clinique humaine est passionnante. Je conseille à celui qui traine sur la partie 1 de lire d’abord la partie 2, plus appliquée pour les praticiens.

Le chapitre 16 (pages 345 à 380) intitulé ‘Dix éloges pour une médecine humaine‘ liste les éloges de l’asymétrie, du caractère, de la sympathie, de la délibération, de la confiance, de la gentillesse, de la conversation, de l’écoute (récit et médecine narrative), de l’hospitalité, de l’amour. Tout est dit ! Les commentaires sur l’EBM sont sages : une médecine sans visage différente de la médecine de la vraie vie. Une citation de la page 387 : ‘Faire revenir dans le soin en tant que sujets la personne qui a une maladie et la personne qui la soigne, deux êtres pensants doués de réflexivité, donc des personnes humaines, c’est cela, vouloir créer, ou recréer, les conditions d’une médecine humaine, ce qui est l’objet de ce livre.

J’ai été heureux de voir une mention (p 385) des dessins anatomiques de Vésale (1514-1564) : j’ai suivi la restauration de l’un de ses très rares ouvrages, propriété de l’internat de Lyon : quelle émotion !

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