info score santé

Gagner la guerre informationnelle : inversons le risque entre les scientifiques et les désinformateurs

Points clés

Face à la désinformation, l’inaction n’est pas une option

Nous avons remis à Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, un rapport sur la désinformation en santé. Voir la couverture ci-rapport information santécontre. Vous pouvez télécharger la version française du rapport.

Un accueil bienvenu de la plupart des professionnels

Nous avons fait 156 entretiens en distanciel avec 270 personnes pour 800 pages de comptes rendus. Nous avons été surpris par les attentes et motivations de nos interlocuteurs. Il y a une prise de conscience majeure et en même temps une inertie : il est difficile de se battre contre des acteurs ayant des moyens parfois importants, utilisant des procédures-baillons, etc…

En page 9, réalisez que trouver la bonne information est difficile. Je cite : « Quand un citoyen veut s’informer sur les vaccins et acheter un livre, il va sur ses plateformes habituelles d’achat en ligne ou voir les têtes de gondoles du rayon livres d’une grande surface. La plupart des références proposées vont l’inquiéter et lui proposer de s’informer sur une « une catastrophe sanitaire annoncée », un « génocide planétaire », etc. Les personnes avec faible littératie en santé trouvent avec difficulté un livre présentant sans tromper les bénéfices et risques des vaccins. »

Nous pourrions évoquer les déserts médicaux qui font le lit des bobologues. Une maison médicale désertée par un médecin sera vite louée à des naturopathes qui, outre des prescriptions bizarres, laisserons entendre qu’il faut éviter thérapeutiques proposées par les médecins. Relisez le billet sur un excellent livre : Naturopathie. L’imposture scientifique. Les pratiques de soins non conventionnelles (PSNC) doivent être respectées. Elles ont leur place, sont demandées. Mais, sans données probantes, il est difficile de les « labelliser » au sein des universités, voire des institutions publiques., ou de les prendre en charge par la société.

Neuf recommandations

Les enjeux sont nombreux et il faudra du temps pour contrer des influences venant de divers horizons. La recommandation 3 a été bien accueillie par les Sociétés savantes, universités, facultés de santé et organismes de recherche.

  1. Promouvoir l’éducation à l’esprit critique, à la science, à la santé et aux médias (page 15)
  2. Renforcer la formation à la science, à l’esprit critique, à la littératie numérique et à la communication (page 20)
  3. Élaborer un plan public d’information et de lutte contre la désinformation dans chaque institution (page 39)
  4. Développer et déployer un Info-Score Santé (page 29)
  5. Créer un Observatoire de l’information en santé (page 30)
  6. Développer un système d’infovigilance au sein de l’Observatoire de l’information en santé (page 41)
  7. Inverser le risque : sanctionner les désinformateurs et protéger les scientifiques (page 46)
  8. Faire de l’infodémiologie une priorité de recherche via un PEPR (page 48)
  9. Agir au niveau européen

L’infodémiologie, ou épidémiologie de l’information doit être développée au plus vite. Une revue scientifique est dédié à ce thème : JMIR Infodemiology !

Il ne s’agit pas de tout mettre en oeuvre demain, et des suggestions comme l’Info-Score Santé ont été bien reçues, mais nous savons bien qu’il faudra du temps si on veut le construire, le tester, etc…

Le rapport en français et en anglais pour motiver vos collègues étrangers

J’ai été invité hors de France pour présenter nos réflexions. L’accueil a toujours été bon et les Sociétés savantes européennes devraient être des leaders sur ces thèmes : je vous propose de les informer et d’envoyer la version anglaise. Proposez une présentation aux Sociétés savantes européennes : il faut convaincre les pays européens car nous sommes menacés par des ingérences étrangères. Relisez l’article du Christmas BMJ sur la polarisation de nos sociétés ! C’est la démocratie qui est en danger.

Le rapport est hébergé par des Sociétés savantes, comme la SFPT (Société française de pharmacologie et thérapeutique) et c’est un des moyens de le faire connaître : vos remarques sont toutes constructives.

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2 commentaires

  • bravo
    je suppose que vous avez prévu de l’envoyer aux députés
    certains, comme M.Isaac-Sybille, député de Lyon, médecin, sera très intéressé

    Répondre
  • Bonjour,

    Connaissez-vous le livre de vulgarisation « Santé, science doit-on tout gober ? » par le journaliste scientifique Florian Gouthière ?

    Le titre ne reflète pas pour moi la qualité de l’ouvrage, didactique et rigoureux. Comme l’auteur l’explique dans son avant-propos :
    C’est une demande répétée de lecteurs, de téléspectateurs, d’étudiants, de collègues, et même de
    ma rédactrice en chef : pourrais-tu, s’il te plaît, rédiger un court article pour expliquer comment
    distinguer une information sérieuse d’une information bidon ? Quelque chose qui aiderait à estimer,
    sans trop se tromper, si l’annonce à caractère scientifique qui circule sur les réseaux sociaux est fiable ;
    ou, de manière plus générale, à se faire rapidement une opinion pas trop fausse sur une affirmation à
    caractère scientifique (par exemple : est-ce vrai que c’est efficace, la pommade Bidulon® que m’a
    conseillée ma tante Gudule ?). Il s’agirait de lister tous les indices qui pourraient nous alerter d’une
    anomalie, d’une faiblesse, d’une fraude ; de répondre aussi à la question « à quelle source se fier ? », ou
    « comment vérifier que l’information a bien été vérifiée par les journalistes ? »

    Finalement il lui a fallu écrire 15 chapitres pour relever ce défi.

    Malheureusement je crains que son livre n’ait pas eu un grand succès…

    Répondre

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