Inventez des références pour justifier le verbiage

Le 20 juillet 2011, j'ai de façon humoristique imaginé qu'un document de la HAS était reviewé par des pairs…  et publié des avis de lecture factices….  mais certains d'entre vous m'ont alerté…  De quoi s'agit-il ? Un article sur les processus du DPC, dans le numéro 56 de la publication "DPC & Pratiques" :

  • non seulement l'article n'était pas signé, contrairement aux autres articles du numéro 56 (le code HON a un premier principe d'autorité qui est celui d'identifier la qualification des rédacteurs sur les sites internet) ;
  • mais aussi dans cet article, il est fait référence à une analyse de l'OCDE qui n'a probablement jamais existé…   Dommage, car c'est sur cette référence inexistante que tout l'article est basé….  

Merci à ceux qui m'ont transmis des documents, merci à l'OCDE, au service documentation de la HAS, et à tous ceux qui ont cherché…   J'ai communiqué ces informations au coordinateur de la publication qui ne sait pas non plus qui a écrit cet article… donc,il ne peut pas m'assurer que la référence était inventée. Cela nous arrive à tous… pas grave…   Il vaut mieux en rire, pardonner et remercier car c'est une opportunité pour apprendre les bonnes pratiques en rédaction : "justifier les faits exposés".

Imposture scientifique

Nous verrons jeudi prochain, 1er septembre, comment les recommandations de la convention dite de Vancouver proposent de gérer les erreurs. C'est simple.

C'est la 2ème fois que j'observe quelque chose de rare : la citation d'une référence qui n'a jamais existé. Ceci m'a donné l'occasion de relire un excellent livre de Michel de Pracontal….. déjà ancien mais toujours actuel.

En suivant Michel de Pracontal, et pour rire, proposons pour le numéro 57 de DPC & Pratiques : "La cellulite fond devant le citron" par Rika Zaraï.

Amusez-vous en lisant ces 10 leçons sur l'imposture scientifique, par exemple : "La science officielle, tu conspueras", "Des médias, avec art tu useras", "Les faits, tu manipuleras", "L'histoire, tu réécriras", "Des pièges du language, tu abuseras", etc…    Chapitres délicieux sur la personnalité des imposteurs… parmi leurs 5 sens, le plus développé est l'immodestie, avant le sens de l'imprécision,..

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4 commentaires

  • Bonjour,
    Je me fais l’avocat du diable. Si l’auteur avait en fait voulu écrire:
    … »Ainsi, NOTRE analyse menée à l’échelle de l’OCDE fait ressortir trois modèles principaux de «revalidation* des compétences des professionnels». Ces trois modèles sont développés ci-dessous. »…
    Dans ce cas le problème de la référence fantôme n’existerait plus puisque l’auteur viserait son propre travail.
    C’est pour celà qu’il ne faut pas hésiter (même si celà paraît immodeste) à utiliser le pronom possessif « notre » devant les mots étude, article, analyse etc… si l’éditeur le permet dans ses guidelines.
    Mais peut-être n’est ce pas le cas de cet auteur et peut-être a-t-il réellement voulu écrire « Ainsi, UNE analyse menée à l’échelle de l’OCDE… » Dans ce cas il aurait effectivement dû citer sa référence.
    Bien cordialement.

    Répondre
  • Merci pour votre commentaire. Effectivement, il serait possible de dire notre, mais même dans ce cas le lecteur doit avoir accès aux données orginales pour soutenir ces positions.
    Vous avez raison, le NOUS doit être employé souvent, et en tout cas, ne pas dire ‘ON’
    HM

    Répondre
  • Bonjour,
    Voici une note de l’APA style blog qui dit que lorsqu’un article n’est pas signé c’est l’organiation qui la diffuse qui est présumée auteur lorsque l’on cite l’article:
    http://blog.apastyle.org/apastyle/2010/09/how-to-cite-a-press-release-in-apa-style.html
    « So when you find press releases on an organization’s own website without a specific author attribution, you can assume the organization to be the author »
    example:
    American Psychological Association. (2010). Today’s superheroes send wrong image to boys, say researchers [Press release]. Retrieved from http://www.apa.org/news/press/releases/2010/08/macho-stereotype-unhealthy.aspx
    Bien cordialement.

    Répondre
  • Bonjour
    merci pour ce commentaire. S’il concerne les press release, il peut peut-être concerner d’autres écrits… et il est sage de comprendre que ce texte émane de HAS.. mais beaucoup au sein de la HAS ne se reconnaissent pas dans ce texte, et personne ne veut confirmer..
    Autre problème : le code HON est imprécis sur ce point, mais son premeir principe est celui qui dit que tout texte doit être signé, ou qu’une note explique la paternité des textes non signés.
    Cordialement
    HM

    Répondre

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