Auto-plagiat : polémiquer ne sert à rien en absence de preuves

Le 4 mars 2012, le billet sur un auto plagiat majeur en France a attiré des commentaires. J'ai enlevé un commentaire voulant déplacer le débat hors de l'auto-plagiat.

Le problème M Angellde fond n'a rien à voir avec l'auto-plagiat. Certains mélangent le fond avec l'auto-plagiat, pour défendre certains intérêts, et m'ont accusé de divers griefs. Je n'ai pas de position sur le fond mais une certitude : toute décision en l'absence de preuves est toujours mauvaise, quelle que soit la décision…   Je suggère aux protagonistes de lire un excellent ouvrage de Marcia Angell, anciennne rédactrice du NEJM (21 ans à la rédaction). Cet ouvrage "Science on trial. The clash of medical evidence and the law in the breast implant case" a obtenu un prix aux USA. M Angell explique la saga des implants mammaires en silicone dans les années 80/90s. Ces implants ont été retirés du marché puis réautorisés sur les marchés, suite à l'intrusion des tribunaux dans des questions scientifiques…

Marcia Angell a tiré 6 leçons de cette histoire, à interpréter dans le système nord-américain :

  1. Quelle que soit la décision de la FDA en 1992, elle aurait été très controversée : la FDA a dû décider en l'absence de données scientifiques ;
  2. Les avocats ont plus d'influence que les médecins, et le public a plus d'influence que la FDA ;
  3. La preuve scientifique peut avoir un rôle marginal et ambigu dans nos sociétés développées ;
  4. La science et la justice n'ont pas l'habitude de travailler ensemble. Les experts qui viennent témoigner sont souvent choisis et payés par les parties qui s'opposent ;
  5. Le profit peut avoir des effets pervers, quand on observe des gains parfois mineurs pour de nombreuses femmes et les gains énormes pour peu d'avocats ;
  6. La façon de présenter les faits par les médias pose problème.

Science on Trial: The Clash of Medical Evidence and the Law in the Breast Implant Case. W. W. Norton & Company, 1997

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Un commentaire

  • Bonjour Professeur
    Vos billets du 4 mars et du 30 mars sur l’auto plagiat regrettaient sur la forme que l’auteur n’ait pas utilisé les guillemets pour s’auto citer dans son éditorial mais vous remarquiez que vu l’étendue de l’auto citation une majorité du texte eût été entre guillemets. N’aurait-il pas mieux vallu dans ce contexte qu’il utilise la méthode de la citation indirecte en résumant ses précédents travaux? je parle des différences entre citation directe et indirecte dans ce billet:
    http://philippehavinh.wordpress.com/2012/02/03/quoting-directly-paraphrasing-or-summarizing/
    qui s’inspire de différentes sources, dont votre blog. J’aurai aimé connaître votre opinion sur cette solution possible pour éviter l’accusation d’autoplagiat.
    Bien respectueusement.
    Merci de vos conseils.

    Répondre

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