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Les revues du domaine de l’environnement sont-elles en péril ? voire en disparition ?

Points clés

En mai 2025? nous avons évoqué deux revues très prestigieuses publiées par EHP Publishing, à savoir EHP (Environmental Health Perspectives) et JHP (the Journal of Health and Pollution). En mai, elles ont annoncé l’arrêt des soumissions d’articles, puis le site a disparu à l’automne 2025. C’est une résultante directe de la coupe des budgets des NIH aux USA. Des archives peuvent être tracées, et l’histoire dit que ces revues pourraient revivre chez un nouvel éditeur…  J’en doute, car c’étaient des revues sous modèle diamant.

Est-ce que ce qui arrive à Science of the Total Environment est une autre malédiction pour les revues de ce domaine ? Aucune idée..

Science of the Total Environment : trop publier peut amener au drame ?

Voici ce qui a été mis sur le site de cette revue le 17 novembre 2025 : Science of the Total Environment a été « suspendu » en octobre 2024 et, plus récemment, sa couverture dans la Web of Science Core Collection a été interrompue. Par conséquent, tout contenu publié par la revue après le volume 954 (2024) n’est actuellement pas indexé, et les lacunes existantes dans le contenu ne seront pas comblées. Simplement : la revue n’est plus dans Web of Science, la base qui calcule les facteurs d’impact…  et Elsevier garde espoir.

Cette revue, créée en 1972, est une revue hybride qui publie beaucoup trop d’articles. Pour l’accès libre, les APCs sont de 4 150 dollars US. Mais l’histoire semble corsée à la lecture d’un article du 28 novembre 2025 dans El Pais ! La lecture de cet article nous apprend quelques dérives diverses, avec des rétractations d’articles et surtout un rédacteur en chef véreux.

stoten 1Dans El Pais : Damià Barceló, 71 ans, a pris la direction de la revue en 2012. En seulement deux ans, il a doublé le nombre d’études publiées. En une décennie, il l’a multiplié par dix, la revue atteignant près de 10 000 articles par an. À mesure que le nombre d’articles augmentait, leur qualité diminuait, car il existait une incitation perverse à accepter des travaux médiocres : pour publier ses recherches en libre accès dans la revue, un scientifique doit payer 4 150 $.

Ci-contre la croissance du nombre d’articles publiés par an…  d’après Scimago.

Le rédacteur en chef, qui publiait beaucoup dans son journal, a été débarqué en mars 2025, car Elsevier a dû découvrir plein de cadavres. Pas mal d’articles ont été rétractés, et surtout le rédacteur a peut-être accepté de l’argent de diverses origines. El Pais décrit une pratique connue : des universités des pays du golfe donnent de l’argent (70 000 $ probablement, voire beaucoup plus) à des chercheurs américains pour qu’ils déclarent dans leurs publications une affiliation à ces universités ….

Que va-t-il se passer dans la communauté des chercheurs sur l’environnement ?

Le comité de rédaction de la revue est impressionnant… Quatre rédacteurs en chef et plus de 250 rédacteurs dont beaucoup de chinois, etc…. Cette revue avait un taux d’acceptation de 17 % ! Plutôt prestigieux avec un facteur d’impact de 8.0, et un délai de publication de 90 jours entre soumission et acceptation. C’est pas mal. Mais ‘STOTEN’ publie dans tous les domaines de l’environnement et c’est beaucoup trop large…..   10 000 articles par an… comment gérer. STOTEN ne publie pas que des articles mauvais, et c’est heureux.

Science of the Total Environment a des journaux ‘partenaires’ au sein d’Elsevier, probablement des revues qui publient une partie des 83 % refusés, avec des APCs de  3 000 $.

Donc classique : les auteurs vont aller ailleurs…  Par exemple, les articles publiés par Environments (MDPI) qui a un facteur d’impact augmentent depuis un an ! MDPI a presque 500 revues, et vient d’en créer une autre dans le domaine environnement. Effectivement, la guerre est forte entre les revues car le nombre d’article ne fait qu’augmenter et les chercheurs n’ont pas de problème pour payer 4 000 $ ou plus et devenir exigeants : acceptation rapide ! Demain, j’ai un article illustrant ces guerres.

Je remercie Luc Dauchet

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