« Je est un autre » ou plagier sans se faire prendre : conseils utiles pour les fraudeurs

200px-Karl-Theodor_Freiherr_von_und_zu_GuttenbergDans le livre sur le plagiat dans la recherche scientifique, un chapitre intitulé « Je est un autre » est écrit par un auteur du collège de Pataphysique. C’est un article humoristique, bien fait, avec notamment les 20 règles pour bien plagier. Certains fraudeurs ont du génie…  La règle PPDA est intéressante. J’ai bien aimé le conseil de faire traduire votre texte français à plagier par google en serbo-croate. Ensuite, vous traduisez dans d’autres langues pour revenir au français. Vous obtenez un nouveau texte à publier…

Avec l’autorisation de LGDJ / Lextenso éditions, de la direction de l'ouvrage et de l'auteur, je reproduis ci-dessous un extrait de l’histoire de ce ministre allemand (photo) qui a démissionné quand ses plagiats universitaires ont été décrits dans la presse. Je les remercie pour cette autorisation. Nous avions évoqué le cas de ce ministre.

"J'étais toujours prêt à combattre mais j'ai atteint les limites de mes forces". C'est en ces termes que le baron Karl-Theodor zu Guttenberg annonce, le 1er mars 2011, son retrait de la vie politique. L'ex-ministre allemand de la défense vient de perdre son titre de docteur en droit au terme d'un très médiatique dissection de sa thèse ; pas moins de 1218 plagiats émanant de 135 sources différentes, soient 371 des 393 pages du corpus de son travail ont été découverts par les internautes. Ces emprunts se classent en dix catégories :

  • Plagiats complets, c'est à dire citations verbatim sans mention de source ;
  • Dissimulation, ou passages émanant d'autres auteurs, mais reformulés ;
  • Traductions de textes étrangers, sans mention de la source ;
  • "Plagiats structurels", récupérant le plan et les articulations de travaux d'autrui sans les mentionner ;
  • "Note-alibi", ou note de bas de page pointant sur une seule phrase dans un long passage emprunté ;
  • "Sacrifice du pion", citant la source avec la mention "voir aussi", alors que l'emprunt est présenté comme son propre travail ;
  • "Racommodage", ou emprunt d'expressions, de parties de phrases manquantes ;
  • "Shake and paste", ou recomposition à partir de différents passages tirés de multiples sources ;
  • "Citation copiée", mentionnant la source primaire dans un passage entièrement emprunté sans en donner la provenance ;
  • "Auto-plagiat".

Remerciements à Sidonie Doireau, Lextenso éditions.

Segond F. "Je est un autre". dans Guglielmi GJ et Koubi G (sous la direction de ) Le plagiat de la recherche scientifique. 2012 Lextensoéditions, Paris (la page 81 a été partiellement reproduite dans ce billet).

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Un commentaire

  • Bonjour,
    Pour ne pas connaître le domaine de cette thèse, est-ce qu’en droit le fait de produire 371 pages de 135 sources différentes n’est pas considéré comme une production originale ou un point de vue original ?

    Répondre

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