Les 12 revues du groupe JAMA ont rétracté 15 articles en 5 ans ; investigations difficiles hors des USA

Dans un éditorial du 19 octobre 2018, signé par les rédacteurs du JAMA sur l'intégrité scientifique, ils citent les données internes de Bauchner leurs revues :

Au cours des cinq dernières années, la JAMA et les revues du JAMA Network ont publié 12 avis de rétractation à propos de 15 articles (y compris des rétractations récentes de 6 articles du même auteur), et 6 avis d'expression de réserves à propos de 9 articles. Ces avis ont été publiés principalement parce qu'il a été établi que les études originales comportaient la fabrication ou la falsification de données qui invalidaient la recherche et les articles publiés ; dans certains cas, les enquêtes postérieures à la publication n'ont pu fournir la preuve que la recherche originale était valide. Depuis 2015, la JAMA et les revues du JAMA Network ont également retiré et remplacé 12 articles pour les cas d'erreur omniprésente involontaire résultant d'un codage de données ou d'analyses incorrectes et sans preuve d'inconduite scientifique. Pendant la même période, 1021 avis de correction ont été publiés dans ces revues.

Le groupe JAMA a 13 revues (dont le récent JAMA Network Open). Que penser de ces données ? Si l'on compare à la prévalence des embellissements dans les articles, c'est peu. Mais les revues prestigieuses sélectionnent mieux les articles et publient des articles moins bricolés : est-ce vrai ? Par contre, plus de 1000 corrections montre l'attention portée à ce mode de communication.

L'éditorial explique les rôles et responsabilités des rédacteurs des revues du groupe JAMA. Ensuite, il focalise surtout sur la difficulté de conduire des rapports dès qu'une allégation de fraude existe. Les revues font le maximum pour investiguer les cas, mais elles se heurtent aux organisations de recherche et universités qui ne collaborent pas toujours. Les revues ne savent pas à qui s'adresser quand elles ont besoin d'une investigation interne à l'université. C'est difficile aux USA, mais encore bien plus difficile hors des USA :

Certaines institutions réagissent immédiatement en accusant réception de la lettre du journal décrivant les préoccupations et en entreprenant rapidement une enquête. Dans d'autres cas, il peut s'écouler un certain temps avant que l'on puisse identifier les personnes avec lesquelles communiquer, et même alors, plusieurs mois avant de recevoir une réponse. Certaines institutions semblent bien équipées pour mener des enquêtes, tandis que d'autres semblent avoir peu d'expérience dans ce domaine ou ne pas mener d'enquêtes adéquates ; ces institutions peuvent mettre des mois, voire des années, à fournir au JAMA une réponse adéquate. Dans certains cas impliquant des questions d'inconduite hors des États-Unis, les établissements ont indiqué qu'une enquête plus approfondie doit attendre que de nombreuses questions juridiques soient résolues, ce qui retarde davantage la réponse.

Bauchner H, Fontanarosa Ph, Flanagin A, Thornton J. Scientific misconduct and medical journals. JAMA 2018 doi:10.1001/jama.2018.14350

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