COVID-19 : une merda-analyse sur la chloroquine dans NMNI

Nombreux sont ceux qui ont noté le 6 juin 2020 la publication d'une méta-analyse dans NMNI. NMNI est l'une de ces revues qualifiées de 'Salon des articles refusés' ! Le titre de la méta-analyse : "Clinical efficacy of chloroquine derivatives in COVID-19 infection: Comparative meta-analyse between the big data and the real world". La première méta-analyse de la même équipe sur le même sujet est du 30 avril, livrée en pâture comme préprint, et aux oubliettes….

Ce que fait le tabloïd NMNI n'est pas acceptable pour avoir le qualificatif de Revue Scientifique. Elle doit accepter 100 % des articles de D Raoult qui en a co-signé 234, sur les 718 articles publiés (merci pour l'information twitter). Les responsables intégrité de Elsevier devraient investiguer. Une méta-analyse suppose une méthode (Cochrane collaboration par exemple), une sélection des articles explicites, le respect des critères PRISMA pour la rédaction ; NMNI ne pratique pas un peer-review ouvert comme le BMJ : j'aimerai connaître les noms des reviewers….. Pour les commentaires, je vous suggère PubPeer, c'est décapant ! Les auteurs sont bien au-dessus de ces discussions ! C'est à l'Université d'Aix-Marseille de prendre ses responsabilités, mais diverses connivences doivent protéger l'IHU… et les hôpitaux gagnent de l'argent avec cet article (merci SIGAPS).

La rédaction de NMNI ne doit pas savoir ce qu'est une rétractation… Dommage, car cette merda-analyse devrait être rétractée. Combien de leurs articles seraient rétractés si les données sources étaient auditées ?

Ambiance, mais je n'oserai pas écrire des phrases comme le paragraphe ci-dessous (ont-ils la preuve de ce qu'ils disent ?). Une taupe parisienne est citée ainsi dans la discussion en page 17 du pre-proof de 29 pages :

Pieds nickelés

Ce genre de pratique n'honore personne. Comment faire des grandes messes sur l'intégrité de la recherche quand la communauté est aveugle, quand notre système de gratification attribue des crédits (points SIGAPS) les yeux fermés, quand les enseignants ne peuvent pas élever la voix pour expliquer que si un étudiant fait genre de méta-analyse, il n'a pas son diplôme, et quand les conflits d'intérêts flagrants ne sont pas dénoncés,…  La passivité de l'entreprise recherche est étonnante !

Remerciements à ceux que je ne peux pas nommer.

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4 commentaires

  • J’aime bien l’expression merda-analyse, qui s’applique à tant de publications.
    Les revues de littérature sont une chose, les méta-analyses en sont une autre – et les merda-analyses une troisième !
    La plupart des papiers dénommés « méta-analyses » n’en sont pas, et pour ma part je vais jusqu’à penser qu’une telle appellation devrait être exclusivement réservée aux ré-analyses de données sources.
    Les « pseudo meta-analyses », synthèses de résultats plutôt qu’analyses de données, peuvent néanmoins être de bonnes revues de littérature quand elles satisfont quelques critères méthodologiques – principalement de sélection et de pondération des études retenues.
    Quand aux « merda-analyses », ce sont ces revues de littérature partisanes, non réellement systématiques, visant à appuyer une idée préconçue à partir d’arguments choisis. Elles ne mériteraient pas cette dénomination si elles se contentaient de se dire « expert opinion », en signalant qu’elles sélectionnent leurs sources sur d’autres critères que la qualité et l’exhaustivité… ce qui est assurément le cas de l’immense majorité des publications.
    Encore une fois, le marché de l’édition scientifique est en cause. Il faut le réformer drastiquement. J’ajoute qu’il n’est pas utile de parler à ce propos de « conflits d’intérêts », ce qui est tout autre sujet, mais simplement de qualité professionnelle et de rigueur scientifique.

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  • A propos de meta-analyse, je suis par hasard tombé sur un article d’un dénommé R Harshey de Yale, parait-il professeur d’épidémiologie et spécialiste des maladies chroniques, publiant dans un journal à l’évidence de copains et coquins Am J Epidemiol vantant les mérites de l’hydroxychloroquine : Early Outpatient Treatment of Symptomatic, High-Risk Covid-19 Patients that Should be Ramped-Up Immediately as Key to the Pandemic Crisis.
    Il s’agit d’une méta-analyse… parait-il des données de la littérature… plus de Twitter, Facedebook, à l’évidence que qu’autres choses.
    Ainsi va la vie, et les escrocs… ou les imbéciles.

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  • Pour exemple, voici comment une revue normale fonctionne quand une méta-analyse pose problème. Mais NMNI n’est pas une revue normale !!
    Une méta-analyse vient d’être rétractée ce jour par JAMA Psychiatry https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2767242?guestAccessKey=120a52ee-17bc-44a8-b648-e4d9db2f10dd&utm_source=silverchair&utm_medium=email&utm_campaign=article_alert-jamapsychiatry&utm_content=olf&utm_term=061020
    C’est simple et honnête « In the Original Investigation, “Individual Differences in Response to Antidepressants: A Meta-analysis of Placebo-Controlled Randomized Clinical Trials,”1 published on February 19, 2020, and in the June 2020 issue of JAMA Psychiatry, an incorrect analysis (coefficient of variation ratios) was conducted. When a proper analysis is used (random-slope mixed-effects model), the original findings are no longer valid. Thus, the article has been retracted. »

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  • Rogntudju !
    Je proposerais aussi quoique un peu faible et moins fidèlement descriptives de l’état d’esprit des auteurs:
    – pata-analyse (en référence ) la pataphysique
    https://fr.wikipedia.org/wiki/%27Pataphysique
    – cancr’analyse tant la méthode est absente ou dévoyée.
    Le recours des auteurs à de telles méthodes ou à la dénonciation de la mortalité anormale constatée à Paris ou en Alsace (en oubliant les raisons hydroxychloroquinate d’azithromycine – indépendante), en dit beaucoup sur les auteurs et la fiabilité de leurs publications.
    Effectivement, les commentaires sur pubpeer sont instructifs.
    Quant à l’existence d’une « revue » maison, c’est tout de même époustourifant. Tous les coups sont permis.

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