COVID19 : Essais ivermectine pires que les essais hydroxychloroquine ? Peut-être

ivermectineLe système déraille vraiment à la lecture d’un article du 17 janvier 2022 dans Open Forum Infectious Diseases par des chercheurs anglais. Ils regrettent d’avoir été abusés par des publications sur l’ivermectine, et ils n’ont pas été seuls.

Ce qu’ils décrivent est affolant : randomisation non faite, biais de randomisation, caractéristiques des groupes différentes au départ. Des publications ont été rétractées sans décrire les raisons autres que ‘ethical concerns’. Description de vraies fraudes, et de toutes les façons, comme à l’IHU de Marseille, les données sources ne sont jamais disponibles pour de nouvelles analyses. Le système marche sur la tête. Ces chercheurs fraudeurs doivent continuer des recherches, mais nous ne pouvons pas donner de leçons car l’IHU continue sur sa lancée…

Voici le résumé traduit : L’ivermectine est devenue un médicament potentiel controversé pour la maladie à coronavirus 2019. Certaines études précoces ont suggéré des avantages cliniques dans le traitement de l’infection. Cependant, l’ensemble des preuves comprend des études de qualité variable. En outre, certains essais ont maintenant été identifiés comme potentiellement frauduleux. Nous présentons une méta-analyse de sous-groupe pour évaluer les effets de la stratification par la qualité des essais sur les résultats globaux. La stratification est basée sur les mesures du risque de biais de Cochrane et sur l’analyse des données brutes lorsque cela est possible. Les résultats suggèrent que l’effet significatif de l’ivermectine sur la survie dépendait d’études en grande partie de mauvaise qualité. Selon l’étude potentiellement frauduleuse (rapport de risque [RR], 0,08 ; IC à 95%, 0,02-0,35), l’ivermectine a amélioré la survie ~12 fois plus que les études à faible risque (RR, 0,96 ; IC à 95%, 0,56-1,66). Ces résultats soulignent la nécessité de procéder à des évaluations rigoureuses de la qualité, de demander aux auteurs de partager les données relatives aux patients et de s’efforcer d’éviter les biais de publication pour les études enregistrées. Ces mesures sont essentielles pour faciliter l’obtention de conclusions précises sur les traitements cliniques.

Ces auteurs anglais avaient publié sur des archives de preprints, puis dans une revue une méta-analyse montrant un petit effet de l’ivermectine dans la COVID-19. Ils l’ont modifiée plusieurs fois en s’aperçevant que des essais étaient fraudés ou nuls. Dans le domaine COVID-19 en général, il y a eu beaucoup de petites études, et beaucoup d’études dont les résultats n’ont jamais été diffusés.

Difficile d’éliminer la fraude dans les essais cliniques d’après Lisa Bero dans Nature le 11 janvier. Il faut du savoir faire, des ressources humaines…  car parfois 40 % des essais ont des problèmes. Une des idées, difficile à mettre en oeuvre, serait de ne plus considérer les recherches de certains pays (l’histoire de l’invermectine est en faveur de cette hypothèse), ne plus considérer les études dont les protocoles n’ont pas été enregistrés, se limiter bien sûr aux essais randomisés et oublier les études observationnelles. Lisa Bero ne cite pas les Registered Reports qui sont le meilleur modèle pour publier de bonnes recherches.

Déprime ?

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5 commentaires

  • Bonjour,

    Nous déplorons tous les fraudes en matière de publications médicales, en raison de leur caractère potentiellement nuisible aux patients et aussi in fine à la cause qu’elles prétendent favoriser.

    La phrase suivante dans votre texte est habilement tournée, pour éviter une plainte en diffamation / calomnie, tout en inférant au lecteur que l’IHU fraude aussi.

    « Description de vraies fraudes, et de toutes les façons, comme à l’IHU de Marseille, les données sources ne sont jamais disponibles pour de nouvelles analyses. »

    Ce procédé n’est pas très loyal, quoi qu’on pense des travaux de l’IHU.

    Bonne journée.

    Répondre
  • Merci, la non communication de données sources n’est pas une fraude.. c’est très clair ! Fraude suppose fabrication, falsification ou plagiat. Aucun argument pour soupçonner une fraude… Prudence.
    Ces données méritent une analyse par une autre équipe, c’est tout.
    Cordialement

    Répondre
  • Je ne sais pas si vous vous êtes aussi indigné du manque de données pour les vaccins covid.
    La aussi on aurait besoin de transparence sur les données. Et ça aurait été mieux avant que la moitié de la planète ne soit vaccinée…
    Concernant pfizer: quid de tous les perdus de vue, la fraude du sous traitant ventavia, le choix des critères de jugement (qui n’a pas été hospitalisation ou décès mais symptômes qui pouvaient n’être que légers..) conclusions sur une efficacité relative sans la mettre en lien avec une réduction du risque absolu qui est plus que limitée pour la majorité de la population, l’absence de recherche de mise en évidence de la diminution de la transmission… Randomisé double aveugle on peut dire ce qu’on veut aussi en fonction des critères de jugement choisis.
    Je vous trouve bien silencieux la dessus. J’en suis déçue.

    Répondre
    • Bonsoir,
      je n’ai pas regardé. J’analyse les méconduites des publications essentiellement. Si vous avez une source fiable, merci de me la transmettre. Je n’ai pas vu d’analyses des publications sur les vaccins.
      L’absence de données sources est très très fréquente, et inadmissible.
      Merci de vous identifier (profession, formation méthodologique, etc..)
      Cordialement

      Répondre

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