Les affiliations des auteurs se vendraient-elles dans certaines universités ? Peut-on acheter une position d’auteur ?

Points clés

Bon article dans la revue QSS signé par deux auteurs ayant pour affiliation Faculty of Medicine, American University of Beirut, Beirut, Lebanon. L’article est très détaillé, publié le 5 janvier 2025 ; avec les noms des Universités dans les tableaux, le PDF fait 36 pages sans les suppléments électroniques.

Très grosse inquiétude sur les affiliations des auteurs, et la propriété intellectuelle

qss 1Le résumé est bien fait et donne une idée du travail (DeepL revu). Lisez le lentement car il fait peur et fait supposer des achats de positions d’auteurs : Entre 2019 et 2023, un sous-ensemble de 80 universités à fort taux de publication a enregistré des augmentations de la production de recherche supérieures à 100 %, contre une moyenne mondiale de 20 %. Parmi elles, 14 institutions ont montré des baisses significatives dans les taux de premier auteur, ce qui soulève des questions sur leurs pratiques en matière de propriété intellectuelle et d’affiliation. Cette étude a utilisé l’analyse bibliométrique pour examiner les changements dans les dynamiques de propriété intellectuelle et d’affiliation dans ces universités. Les principaux résultats sont les suivants : une augmentation de 234 % du nombre total de publications, une baisse de 23 points de pourcentage des taux de premier auteur et une augmentation du nombre d’auteurs hyperprolifiques, qui est passé de 23 à 177. Les collaborations internationales se sont multipliées et plusieurs universités ont enregistré une forte augmentation des publications multi-affiliées. En outre, la proportion d’articles publiés dans les 10 % de revues les plus prestigieuses a augmenté de 11 points de pourcentage, et la proportion d’articles classés parmi les 10 % d’articles les plus cités au monde a augmenté de 12 points de pourcentage. Ces tendances soulèvent des inquiétudes quant à l’intégrité des pratiques en matière de propriété intellectuelle et d’affiliation, car elles s’écartent du comportement normatif, dépassant de loin celles observées au niveau national et dans les universités les mieux classées (Caltech, MIT, Princeton et UC Berkeley). L’étude souligne la nécessité de réformes concertées entre les universités, les agences de classement, les éditeurs et d’autres entités, en insistant sur l’importance du rôle de chaque entité dans la préservation de l’intégrité académique et la garantie de la fiabilité des mesures de la recherche au niveau mondial.

Tous d’accord : abandonnons les indicateurs bibliométriques bien qu’ils permettent de bonnes recherches !

La compétition entre universités est forte pour avoir des étudiants, des profs et surtout de l’argent. La notoriété est encore basée sur les publications dans la plupart des classements. Donc… les pratiques s’adaptent ! La box 1 définit les qss authroshipconcepts suivants : gift and guest authorship, ghost authorship, honorary authorship, multiaffiliation, paid affiliation, sold authorship, questionable authorship and affiliation practices. Vous avez deviné : tout se marchande, se vend, etc… Pour chaque définition, il y a des références. Les critères d’auteurs, comme ceux de l’ICMJE, n’ont pas d’influence sur certains chercheurs. La figure 2 est reprise ci-contre : inquiétant ? Les quatre universités du groupe contrôle sont à droite. Les volumes d’articles ont vite augmenté dans certaines universités entre 2019 et 2023.

Les méthodes sont bien définies, les sources, et la sélection de 14 universités parmi 80 avec un diagramme de flux, etc… ‘The two key metrics—research output growth and first authorship decline—are complementary, representing different facets of institutional research behavior.’ La sélection des 14 : ‘Six are public universities in Saudi Arabia and eight are private universities in Egypt, India, Iraq, and Lebanon.’ Il y a 5 universités en Inde. Le choix de quatre universités d’un groupe contrôle est bien expliqué ; ce sont ‘ California Institute of Technology (Caltech), Massachusetts Institute of Technology (MIT), Princeton University, and the University of California, Berkeley’. Les comportements de ces universités sont comparés selon les disciplines, avec d’énormes variations (voir tableau 2 de l’article).

Je cite : Hyper-prolific authorship, defined in this study as publishing 40 or more journal articles in a calendar year, is becoming a significant feature of global academia. However, the universities in the study group have exhibited a far more pronounced increase in hyper-prolific authorship compared to global trends. Between 2019 and 2023, the number of hyper-prolific authors at these institutions rose by 670%, increasing from 23 authors in 2019 to 177 in 2023. This growth rate is 10 times the global average increase of 66% over the same period, underscoring the distinct authorship dynamics within the study group. Le tableau 4 des auteurs prolifiques par universités est étonnant ! Les nombres moyens d’auteurs, les liens entre auteurs sont très bien détaillés.

Les principales tendances sont bien discutées : ‘Reduced first authorship ; Rise in hyper-prolific authors ; Increased multiaffiliations ; Inflated authorship ; Amplified growth in international research collaboration. L’article se termine bien sûr par une discussion des indicateurs bibliométriques et par tous les bons conseils que nous connaissons trop bien ! Il faut du temps pour lire les 36 pages, mais c’est une bonne réflexion sur des dérives qui n’inquiètent que peu de collègues.

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