La revue Nature a pris un leadership sur les articles pour alerter sur la fausse littérature scientifique et cet article de fin janvier 2025 apporte des suggestions intéressantes.
Un groupe international de détectives connus pour la qualité de leurs alertes
Les auteurs sont respectés et ont lancé des alertes dans divers domaines. L’obédience du groupe est anglo-saxonne, mais les détectives sont de pays différents, dont la France. Ils sont courageux car ils reçoivent des menaces diverses et ont très peu de soutiens institutionnels. Pour éviter que leurs carrières soient menacées, soit ils sont free-lance, soit retraités, soit ignorés ou soutenus par leurs institutions. Rappelons-nous que parmi les premiers détectives, certains ont arrêté leurs activités, par exemple Jeffrey Beall à la demande de leur employeur. Une certaine tolérance des universités semble s’installer, mais c’est fragile. Lutter contre ces fraudes nécessite du temps et donc des employeurs complaisants, ou un travail nocturne et de week-end. Moi-même, j’ai quelques frottements réguliers avec de grands chercheurs, alors que je suis retraité !
Cet article est centré sur les activités frauduleuses des paper mills.. avec une estimation qu’environ 400 000 articles auraient été publiés. Il y a cinq axes pour des actions :
- Research to understand mills : Où sont localisés les paper mills ? Quels domaines sont ciblés ? Comment l’IA est utilisée ? Par exemple, et sans être tous des paper mills, il semble que dans PubMed, 10 % des résumés sont faits avec l’IA.
- Educate stakeholders : tous les acteurs de la recherche (rédacteurs, éditeurs, étudiants, auteurs, financeurs, universités, institutions, documentalistes, gestionnaires de bases de données, gouvernements) doivent être informés et formés.
- Ensure best practice in publishing : il faudrait identifier les articles frauduleux avant leur publication ; depuis 2023, le STM integrity hub utilisé par 25 éditeurs dépiste environ 60 000 soumissions doubles par mois.
- Hold bad actors to account : les chercheurs reconnus coupables ne devraient plus recevoir de fonds de recherche pendant une période donnée, la rétractation d’articles de paper mills devrait être faite en deux semaines plutôt qu’en plusieurs mois ou années… et un rédacteur complice devrait être licencié.
- Fund counteractive measures : une originalité est la proposition de financer les ‘détectives’ ; ils reçoivent des menaces et ont des frais pour se défendre, etc… Il ne s’agit pas de les employer à long terme, mais de créer des possibilités de stages par exemple pour de jeunes chercheurs, etc…
Merci à Pierre Rimbaud et à d’autres collègues.


