Cette news de Nature du 28 mars 2025 revient sur un sujet débattu en permanence sans bonnes données objectives. Cette news se base sur deux publications de 2025. La base : est-ce qu’un chercheur peut accepter de travailler sans compensation ? Est-ce que la réponse est influencée par le statut commercial ou sans but lucratif du demandeur ? Dans le cas des revues, ce sont le plus souvent des entités commerciales (pas toujours avec certaines sociétés savantes). En général, il est supposé que payer peut réduire les délais de relecture, sans réellement améliorer la qualité des avis. Il est évident que la notoriété de la revue qui nous sollicite est importante : certaines revues prestigieuses envoient une invitation à quelques experts bien ciblés et disent que les trois qui acceptent en premier seront sollicités… cela marche sans compensation… Refuseriez-vous une demande d’un des big five (Annals of Internal Medicine, BMJ, JAMA, Lancet, NEJM) ?
Revue prestigieuse : payer les relecteurs pour gagner un jour pour la relecture sans augmenter la qualité
Il s’agit d’un essai presque randomisé fait par la revue Critical Care Medicine, qui est la meilleure revue du domaine, avec un taux d’acceptation de 10 à 15 % pour les articles originaux. Cette revue américaine ne met pas son facteur d’impact sur le site, gage de qualité ! Dans cet essai, il était proposé $ 250 pour un avis de relecture.
Traduisons le résumé (paragraphe résultats) : Notre résultat principal était le taux de conversion des invitations en révisions complètes, défini comme le nombre de révisions soumises divisé par le nombre d’invitations envoyées aux 
Un avantage net sur la rapidité de relecture en payant £ 220
Ce manuscrit est un preprint de moindre qualité déposé sur bioRxiv en mars 2025… Attendons de voir si Biology Open, revue étudiée, acceptera cet article. Le preprint signé par le rédacteur en chef semble plutôt bien, avec des détails sur le 
Combien faut-il payer un relecteur ?
Relire correctement un article pour donner un avis argumenté est un travail de 4 à 8 heures. Sauf refuser, ceux qui me disent qu’ils faut une heure pour faire un avis de relecture sont des touristes.
Il y a beaucoup de discussions sur le paiement : $ 100 par heure, soit $ 500 pour un avis de lecture ! Quelques revues, parfois prestigieuses, offraient un abonnement de quelques mois quand les abonnements existaient. Des revues offrent un discount sur les APCs des futurs articles soumis pas le relecteur. Des revues des pays du Golfe ont eu des politiques généreuses.
Une revue américaine, probablement dans le mouvement complotiste actuel, vient d’être lancée, sans grande clarté sur son propriétaire, The RealClear Foundation. Le rédacteur en chef, Martin Kulldroff, est un chercheur brilliant dans la mouvance trumpienne. The Journal of the Academy of Public Health payerait $ 500 pour un avis de relecture (soit un chèque, soit un avoir sur des futurs APCs de $ 2000 par article).
Le peer-review : un mal-aimé des milieux académiques non récompensé
Dans son document sur les revues prédatrices, l’UNESCO liste 3 causes profondes : 1) monétisation des résultats de la recherche ; 2) évaluation quantitative de la recherche ; 3) Les faiblesses du système d’examen par les pairs, notamment son opacité ……, auquel s’ajoute le manque de formation, de moyens et de reconnaissance des relecteurs. Le manque de clarté et de transparence dans le processus d’examen par les pairs, conçu à l’origine pour éviter leur partialité en renforçant la confidentialité, permet aux pratiques prédatrices de passer inaperçues, sans que les responsables ne soient inquiétés. Le manque de reconnaissance professionnelle et de formation associée à l’examen par les pairs décourage les relecteurs potentiels et, la demande étant supérieure à l’offre, encourage le travail à la va-vite et le manque de rigueur. Dans un tel contexte, les services prédateurs paraissent d’autant plus intéressants.
Ce débat risque-t-il d’être obsolète avec l’intelligence artificielle ?




2 commentaires
Le Lancet propose un honorarium d’environ 200 euros pour une expedited review (moins de 3 j) pour des articles rapportant des résultats d’essais cliniques soumis en vue de publication simultanée à une présentation en congrès. C’est un tarif raisonnable et assez attractif combiné à la réputation de la revue.
177 article évalués en deux ans. Moins de 20 % d’acceptation.
Et pas un penny!
Par contre, cela me permet de maintenir un niveau d’expertise.
Et de constater que certains pays encouragent leurs étudiants à faire une revue générale pour leur thèse et cela crée de la moindre qualité, dans la mesure où ce sot de très jeunes chercheurs pour une grande part. Des revues bidons et redondantes, qui amène à se poser la question de qui fait le job.