L’EASAC et la FEAM publient des recommandations scientifiques visant à garantir une utilisation responsable de l’IA dans le secteur européen de la santé

Points clés

Cela me semble important, bien que la lecture du rapport, voire de l’executive summary, soit longue. Le rapport fait 81 pages, semble bien structuré. Je n’ai pas tout lu. Je traduis quelques points du communiqué de presse, et je ferai un autre billet.

EASAC et FEAM : qu’est ce que c’est ?

EASAC est l’European Academies – Scienceasace Advisory Council, un réseau affilié à l’IAP (Inter Academy Partnership). L’Académie des Sciences françfeamaise est l’un des membres, avec le Pr Francis André Wollman dans le council.

FEAM est la Federation of European Academies of Medicine, un réseau de 25 Académies dont l’Académie Française de Médecine. La vice-président, Prof. Catherine Barthélémy, est française.

Les trois messages urgents

Ce rapport a pour objectif de formuler des recommandations visant à intégrer des pratiques responsables en matière d’IA dans le système de santé européen, afin de garantir que le déploiement de l’IA soit géré de manière proactive dans le cadre d’une stratégie de santé durable et anticipative, plutôt que de se contenter de réagir à des facteurs externes tels que les situations d’urgence ou les impératifs du marché. Dans l’encadré ci-dessous, nous présentons les trois messages clés urgents de ce rapport.

  1. Une intégration responsable de l’IA doit être proactive, et non réactive. Les systèmes d’IA dans le secteur de la santé devraient s’appuyer sur des politiques tournées vers l’avenir qui anticipent les impacts à long terme, plutôt que de réagir à des crises ou aux pressions du marché. Pour ancrer cette responsabilité, il faut mettre en place une gouvernance précoce, une conception inclusive et des investissements stratégiques afin de garantir que l’IA renforce les systèmes de santé, et non qu’elle les déstabilise.
  2. L’équité et la confiance sont essentielles pour une adoption durable de l’IA. Sans mesures ciblées, les systèmes d’IA risquent d’aggraver les inégalités en matière de santé et de saper la confiance du public. Les politiques de l’UE doivent donner la priorité à l’accès équitable, à la transparence et à l’implication des communautés afin de garantir que les systèmes d’IA soutiennent les objectifs de santé universelle et les valeurs démocratiques.
  3. Une action coordonnée de l’UE est essentielle pour garantir une innovation sûre et évolutive. La fragmentation des approches en matière de gouvernance des systèmes d’IA entrave leur mise en œuvre en toute sécurité et ralentit les progrès. L’UE doit promouvoir des normes harmonisées, un partage transfrontalier interopérable des données et une surveillance collaborative afin de permettre le développement d’applications d’IA robustes, éthiques et évolutives dans l’ensemble des États membres.

Il ne s’agit pas d’enfoncer des portes ouvertes… l’heure est grave ! Action !

Il y a 10 recommandations qui sont bien explicitées en page 5 de l’Excecutive Summary. Je reprends les 4 premières car le chantier est déjà impressionnant :

  1. Mettre en place une évaluation rigoureuse de la valeur ajoutée de l’IA dans le domaine de la santé. Exiger une évaluation transparente des avantages nets de l’IA – résultats cliniques, sécurité des patients, sûreté, équité, qualité de vie et rapport coût-efficacité – avant et après son déploiement.
  2. Élaborer des lignes directrices exhaustives pour un déploiement responsable de l’IA. Élaborer des lignes directrices à l’échelle de l’UE couvrant la qualité méthodologique, les biais, la validité externe, le rapport coût-efficacité et les impacts environnementaux.
  3. Élargir les principes éthiques afin d’y inclure les dimensions sociétales et à long terme. Actualiser les cadres éthiques afin de prendre en compte les effets sociétaux, les responsabilités institutionnelles, les répercussions mondiales et les conséquences à long terme (y compris intergénérationnelles).
  4. Relever les défis liés à la mise en œuvre du déploiement de l’IA. Investir dans des infrastructures interopérables, harmoniser les règles entre les États membres, former le personnel et favoriser l’intégration dans les processus de travail en mettant l’accent sur la facilité d’utilisation et la sécurité des patients.
  5. ……     à 10 !

En résumé : y-a-plus qu’à trouver 500 milliards d’euros ???

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