A trop nettoyer le fond du pôt, il se casse !!!

En lisant 2 articles de Nature, mars 2012, j’ai pensé à cette définition de la psychanalyse qui s’applique aux revues scientifiques…  Deux chercheurs américains, dont un ancien directeur de recherche d’Amgen, apportent des données sur la non reproductibilité des études de recherche fondamentale en cancérologie. Dans l’industrie, pour développer des médicaments, les hypothèses sont issues de travaux fondamentaux publiés dans les plus grandes revues. Sur 53 découvertes scientifiques en cancérologie (53 articles), seuls 6 (11 %) ont été confirmées chez Amgen…    Chez Bayer, même constat : 25 % des découvertes ont été confirmées   C’est inquiétant pour la qualité des données publiées dans les meilleures revues…. et une des causes est bien sûr la compétition, la course aux publications qui règlent les promotions académiques.

La faute aux comités de rédaction et relecteurs ? Oui, en partie. L’éditorial de Nature reconnait qu’il y a trop d’erreurs dans les articles : résultats sans relation avec l’article ; références manquantes ; groupes contrôles incorrects ; ajustements cosmétiques des figures ; duplications ; méthodes incomplètes ou non adaptées ; mauvais usage des statistiques ; ‘massage’ de données. Toujours les bonnes intentions : il est inacceptable d’analyser les données correctement quand les données sont incomplètes ; il faut publier les données sources ; il faut publier les données négatives ; etc…

Rien ne change, et ces auteurs font des propositions pour améliorer la confiance dans les études précliniques en cancérologie : mettre des liens dans PubMed quand des données ne sont pas répliquées ; encourager la discussion dans les laboratoires quand des comportements non éthiques sont observés, sans risques des conséquences ; ne pas baser les carrières uniquement sur les publications, mais reconnaître l’enseignement, les capacités de diriger des récherches et encadrer des étudiants ; accès facilités aux données sources et partager des lignées cellulaires…

Des changements ont été observés pour les essais cliniques dans les 50 dernières années, les études précliniques doivent en faire autant, et les rédacteurs de revues doivent collaborer. Le rôle des ‘minimum threshold journals’, comme PLoS ONE n’est pas clair.

Must try harder. Too many sloppy mistakes are creeping into scientific papers. Lab heads must look more rigorously at the data – and on themselves. [Editorial] Nature 2012;483:509.

Begley CG, Ellis LM. Raise standards for preclinical cancer research. Nature 2012;483:531-533.

Prinz F et al. Believe it or not: how much can we rely on published data on potential drug targets? Nature reviews, Drug discovery. 2011;10:712   doi:10.1038/nrd3439-c1

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