Les mauvaises conduites scientifiques en management et business : analyse de 131 articles rétractés

Le Journal of Management Inquiry, en septembre 2018, a publié un article de 14 pages sur les causes, conséquences et remèdes possibles des mauvaises pratiques des chercheurs. Il s'agit du domaine du management, et les auteurs anglais ont analysé 131 Retraction managementarticles rétractés, et fait quelques interviews. Ils avaient 4 questions de recherche : 1) Quelle est la fréquence des rétractations de revues scientifiques dans le domaine des affaires et de la gestion ? 2)  Quelles sont les raisons déclarées pour les rétractations, et dans quelle mesure sont-elles claires ? 3) Dans quelle mesure des individus particuliers sont-ils responsables de rétractations multiples ? 4) Comment les expériences des rédacteurs en chef, des co-auteurs et d'un fraudeur avoué mettent en lumière les pressions qui s'exercent sur eux, créées par de mauvaises pratiques de recherche ?

Il y a beaucoup de résultats dans cet article. Les principaux dans le tableau 3 ci-contre. Je retiens quelques idées qui ne représentent pas toute la recherche :

  • il y a eu 154 raisons pour rétracter (131 articles) : fraude (51 cas), auto-plagiat (23), plagiat (16), erreurs d'analyse (16), conflits d'auteurs (11), manipulation de citations (11), conflits d'intérêts de reviewers (9), ….  autres ;
  • 85 des 131 articles ont été publiés par des revues prestigieuses (Scimago Q1 journals) : impressionnant ;
  • l'article rétracté ayant le plus de citations (593) avait un seul auteur ;
  • 7 auteurs ont été responsables de 77 rétractations dans 36 revues, et avec 96 co-auteurs ;
  • pourquoi semble-t-il, les rétractations semblent plutôt concerner des études quantitatives (80 % de 101 rétractations) plutôt que qualitatives ? Il doit exister les mêmes proportions de chercheurs qui trichent quelle que soit la méthode de recherche. Il serait plus facile de détecter les manipulations dans les articles avec des méthodes quantitatives ;
  • les tableaux 1 et 2 listent les fréquences des fraudes et des QRPs (Questionable Research Practices) en management et en général ; cela fait partie des pratiques dans le domaine des SHS (Sciences humaines et sociales) car les introductions des articles sont très longues… c'est intéressant, mais plutôt un reflet des opinions des auteurs et non pas de l'état de la littérature (il faudrait une bonne revue systématique) ;
  • des réflexions intéressantes sur le HARKing (Hypothesing After Results are Known) qui n'est pas acceptable, et le THARKing (Transparently Hypothesing After Results are Known) qui serait acceptable. Je ne connaissais pas l'expression THARKing.

Les auteurs proposent 11 recommandations, sans grande originalité, et sans nous dire comment ont été générées ces recommandations (c'est commun que des auteurs proposent leurs recommandations…  alors que je préfère connaître la méthode utilisée pour faire des recommandations avec un groupe d'experts).

Les auteurs ont été interviewés par RetractionWatch.

Partagez cet article sur les réseaux:
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur pinterest
Pinterest
Partager sur linkedin
LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles populaires

Archives mensuelles

Suivez-nous

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle

Tags

Vous pourriez aussi aimer