Ne pas déclarer des conflits d’intérêts est une falsification de la recherche : il faut s’en occuper sérieusement

L'affaire José Baselga a intrigué les rédacteurs de revues : ce cancérologue a dû quitter le centre New Yorkais car il ne déclarait pas ou insuffisamment ses liens d'intérêts dans les articles… et il avait reçu pas mal d'argent…. Il a commencé à envoyer des corrections aux revues (voir en fin de ce billet les nombreux oublis quand il corrige…  de l'argent !!). Ce cas est grave, car J Baselga a co-signé ses articles avec de nombreux auteurs, dont des experts français…  J Baselga n'a pas de liens d'intérêts quand il signe avec JC Soria qui déclare "JCS is an employee of MedImmune. All remaining authors have declared no conflicts of interest" Faut-il déclarer tous les liens quand on signe une nécrologie ?

Dans le JAMA du 26 octobre 2018, un viewpoint intitulé "Should Failure to Disclose Significant Financial Conflicts of Interest Be Considered Research Misconduct? revient sur ce cas. Les institutions auraient des règles strictes en matière de conflits d'intérêts..  et ce sont souvent des experts réputés qui n'appliquent pas ces règles… Ne pas déclarer des liens est une falsification des archives au sens général, tromperies des jurys, des reviewers, lecteurs, etc..  Cet éditorial pose la question à l'Office of Research Integrity en demandant de considérer la non-déclaration de liens comme une fraude puisque c'est une falsification. 

L'éditorial des rédacteurs du JAMA (26 octobre) explique aussi qu'il est temps de s'occuper des conflits d'intérêts : le JAMA demande COI JAMA aux auteurs de déclarer de nombreuses informations sur 4 pages, et cette feuille s'appelle " The JAMA Network Journals' Authorship Responsibility, Acknowledgment, Funding and Conflicts of Interest, and Publishing Agreement for Corresponding Author" ; le JAMA  prévoit d'alerter les institutions et les financeurs quand ils publient des corrections ou découvrent des fausses déclarations des liens d'intérêts.

J Baselga a apporté des corrections pour plusieurs articles, et je reprends l'une des corrections du 26 octobre dans JAMA Otolaryngology Head and Neck Surgery ; “Dr Baselga reports nonfinancial support and reasonable reimbursement for travel from Roche/Genentech; receiving fees from and stock ownership in the following companies: Aura Biosciences (including serving on the board of directors from 2013-2017), Infinity Pharmaceuticals (including serving on the board of directors from 2013-2017), PMV Pharma Biotechnologies (including serving on the scientific advisory board from 2014-present), Juno Therapeutics (acquired by Celgene) (including serving on the scientific advisory board from 2014-2017), Grail (including serving as member or chair of the scientific advisory board from 2016-2018), Varian Medical Systems (including serving on the board of directors from 2017-2018), Bristol-Myers Squibb (including serving on the board of directors from March to September 2018), Seragon (acquired by Roche) (including serving on the scientific advisory board 2013-2014); stock ownership in ApoGen Biotechnologies (including serving on the scientific advisory board from 2014-present), and Foghorn Therapeutics (including serving on the board from 2017-present); serving as cofounder, receiving fees from, and stock ownership in Tango (formerly Synthetic Lethal) from 2016-present and Northern Biologics (formerly Mosaic Biomedicals) (including serving on the scientific advisory board from 2013-present); receiving consulting and travel fees from Novartis and Eli Lilly; serving as cofounder of Venthera; and serving as investigator on a patent licensed to Memorial Sloan Kettering for use of phosphoinositide 3-kinase inhibitors for treatment of vascular malformations and serving as investigator for patents pending assignment to Memorial Sloan Kettering for combination therapy using PDK1 and PI3K inhibitors and inhibition of KMT2D for the treatment of breast cancer.”

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2 commentaires

  • Ce qui me paraît être une grave faute vis-à-vis de la communauté scientifique, c’est de ne pas déclarer avec sincérité tous ses INTERETS – et non ses « conflits ».
    L’auteur lui-même n’est jamais bon juge de l’existence d’un conflit : c’est à l’éditeur (ou l’organisateur) d’assumer la charge de cette évaluation. Au vu de la déclaration d’intérêts, et après l’avoir vérifiée et analysée, le responsable éditorial devrait à mon sens récuser tout auteur dont il juge qu’il présente un conflit. J’ajoute qu’il devrait systématiquement expliciter et commenter les intérêts en jeu dans toute publication dont il est responsable.
    Le malheur est que parmi les éditeurs et organisateurs d’événement, aucun ne satisfait effectivement à ces indispensables pratiques, qui devraient être pourtant leur principale raison d’être.

    Répondre
  • Bien d’accord avec la remarque intérêts versus conflits, ainsi que la remarque sur les rédacteurs et organisateurs…
    Par exemple, le BMJ pour les éditoriaux et articles de formation n’accepte pas les auteurs ayant des liens avec des industries. Les politiques du BMJ sont strictes, et même ils préviennent qu’il faut 30 minutes pour remplir leur déclaration… https://www.bmj.com/about-bmj/resources-authors/forms-policies-and-checklists/declaration-competing-interests

    Répondre

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