Séparons la science de la science-fiction : des risques à venir en santé !

Deux points de vue courts ont été publiés en novembre 2018 dans le JAMA, et ils ouvrent des perspectives sans réellement proposer de bonnes solutions. Ils sont bien documentés, bien écrits, avec des références choisies.

Le premier concerne la désinformation en santé propagée par les réseaux sociaux. La cacophonie des informations, mélangeant le bon et l’ivraie, et la quantité des informations doivent nous inquiéter. Par exemple, lors de l’épidémie Ebola, les réseaux sociaux ont engendré des hostilités envers des professionnels de santé. Ce point de vue suggère des actions de recherche : 1) déterminer la prévalence des fausses informations, par exemple dans des domaines comme les vaccins, la e-cigarette, et les cures miracles diverses ; il nous faut des méthodes innovantes pour cela ; 2) comprendre comment la désinformation est partagée entre les acteurs ; des réseaux intra et interpersonnels existent ; 3) évaluer l’influence de la désinformation en santé ; 4) développer et tester des méthodes pour continuer à une meilleure information fondée sur les preuves ; les réseaux sociaux ont des responsabilités et devraient valider les informations sur leurs plateformes. Tout cela est souhaitable, mais sera très long à mettre en oeuvre.

Le second évoque la protection des valeurs de la science face aux ‘fake news’. Il cite d’abord une étude montrant une mortalité plus élevée chez des cancéreux utilisant les médecines complémentaires par rapport à ceux qui ne les utilisent pas. Cela me fait bien sûr penser à Steve Jobs et son cancer du pancréas….  Les facteurs contribuant à cette situation sont : la diminution rapide des coûts liés à la diffusion de l’information ; une sélectivité de l’information qui est ‘entendue’…  avec pour exemple les effets positifs de la e-cigarette ; les fausses alarmes perpétuelles, comme par exemple lors de la pandémie Zika, car les vraies informations ont été débordées par les fake news. Quelles stratégies proposer aux scientifiques ? La provenance des informations est importante, et il faut défendre les revues avec comité de lecture..  au passage, commentaire très virulent sur les preprints, car n’importe qui peut déposer n’importe quoi et le propager. Cette résistance aux preprints semble majeure dans le milieu médical… je ne sais pas qu’en penser. Les scientifiques doivent plus s’engager dans les réseaux sociaux, mais dans le même temps, les auteurs regrettent que des scientifiques s’occupent plus de leur image sur les réseaux sociaux que de leurs publications.

Ces deux points de vue sont bien écrits et posent plus de questions que de solutions. Avons-nous perçu tous les dégâts futurs engendrés par notre engouement pour les nouveaux modes de communication ?

Chou WYS et al. Addressing health-related misinformation on social media. JAMA 2018, November 14

Merchant RM, et al. Protecting the value of medical science in the age of social media and ‘fake news’. JAMA 2018, November 19

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