Tonton flingueur défend l’industrie pharma quand elle est vertueuse car les chercheurs industriels sont en avance sur la reproductibilité

J'ai analysé le 25 avril 2019 un article de la revue Cell Metabolism signé par des chercheurs de Novo Nordisk, et cela m'a valu quelques remarques constructives (13 mai) sur le blog Perruche en automne, avec le titre : "Les tontons flingueurs de la science sont de sortie". L'autre tonton flingueur est Dominique Dupagne qui a répondu sur ce blog. Il est normal qu'un bon article attire des commentaires…  même si quelques déficiences existent. Selon les disciplines, la crise de la reproductibilité s'est exprimée différemment.

  • En psychologie, ce sont des combats de chercheurs académiques entre eux. ils sont à l'origine du Repligate, car des chercheurs reproduisant des articles ont été accusés de peu innovants, sans idées, etc..
  • Dans le domaine biomédical, ce sont les industries pharmaceutiques qui ont été innovateurs en publiant leurs expériences comme vient de le faire NovoNordisk. Il est possible des les accuser, ainsi que la revue, de ne pas avoir détaillé toutes leurs méthodes. Les remarques décrite sur le blog Perruche en automne sont très pertinentes et méritent lecture. Un autre article dans PNAS est cité, et il semble excellent aussi.
  • C'est Bayer qui a alerté notre communauté sur cette mauvaise reproductibilité, suivi par Amgen et les chercheurs académiques n'ont pas aimé. Ils ont été obligés de se rendre à l'évidence….   Critiquer le monde académique semble impossible quand vous êtes dans l'industrie.

En 2011, trois chercheurs de Bayer, Allemagne, ont décrit (Nature Reviews Drug Discovery) 67 projets de recherche interne pour Tontonsidentifier des cibles thérapeutiques afin de valider des hypothèses pour engager des essais chez l’homme. Ce sont 20 à 25 % de ces 67 projets, dérivés tous de publications dans des revues prestigieuses qui ont été reproduits. Les domaines de recherche étaient la cancérologie, la santé de la femme et le cardiovasculaire.

En 2012, ce sont des données d’Amgen, Californie, qui ont été publiées dans la revue Nature. Dans les domaines de la cancérologie et de l’hématologie, les chercheurs ont reproduit 11 % (6 cas sur 53 projets) des recherches publiées dans des revues prestigieuses  (21 articles dans des revues avec un facteur d'impact supérieur à 20, et 32 articles dans des revues avec des facteurs d'impact entre 5 et 19).

Il ne semble pas pertinent d'opposer le monde industriel et le monde académique. J'ai travaillé plus de 15 ans dans l'industrie pharmaceutique (recherche clinique internationale), et plus de 15 ans dans le domaine académique… donc penser que je ne connais pas l'industrie est possible. J'ai été heureux dans les deux secteurs, et j'en ai tiré un message : dans les deux secteurs, il y a des chercheurs excellents ; dans les deux secteurs, il y a des chercheurs ayant des pratiques douteuses.. Match nul, balle au centre et arrêtons de les opposer…   La première démarche vertueuse serait que les chercheurs de l'industrie signent les articles des recherches cliniques dont ils sont responsables, plutôt que de se faire prendre les places par des prestataires académiques… ils font signer des académiques qui n'ont pas analysé les données…. mais ceci encore est un message pour les sourds. Il existe aussi des règles pour signer les protocoles, et les rapports industriels.

Je rejoins D Dupagne dans ses remarques sur l'industrie et le milieu académique.

Références :

Prinz F, et al. Believe it or not: how much can we rely on published data on potential drug targets? Nature Reviews Drug Discovery 2011;10(9):712.

Begley CG, et al. Raise standards for preclinical cancer research. Nature 2012;483:531-533.

 

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2 commentaires

  • Bonjour,
    Je suis bien d’accord sur le fait qu’il y a des bons chercheurs partout, voir même meilleurs dans l’industrie. Ma note n’avait qu’un objectif rééquilibré le débat qui était à mon avis uniquement à charge contre les académiques. Concernant les différents papiers que vous citez, le processus n’est que celui normal de la science. L’industrie peut s’en offusquer. Il serait possible de jouer à ce petit jeu en sens inverse en particulier en recherche clinique.
    Je suis pour que nous puissions répliquer les données c’est même capital. Je pourrais raconter pas mal de choses sur des manip que nous n’arrivons pas à refaire dans le labo. J’aimerai pouvoir les publier. Malheureusement ce ne sera possible que si j’ai de quoi les emballer avec autres choses.
    Les appels d’offres ne sont jamais sur la réplicabilité mais toujours sur de l’innovation. J’attends des appels d’offres sur ça. Nous devons faire le ménage dans tous les champs de la science. c’est très important pour notre crédibilité.
    Concernant les études industrielles avec les auteurs qui ne sont pas les auteurs je suis à 1000% d’accord.

    Répondre
  • Vous ne derviez pas vous laisser imposer le mot académique. Le francais a un très beau substantif pour traduire « academic », c’est « universitaire ».
    C’est le mot que Monsieur Dupagne emploie sur le site « Perruche en Automne », à juste titre.
    Les universitaires français que je connais sont fiers d’être « universitaire ».
    https://www.cnrtl.fr/definition/academique
    https://www.wordreference.com/fren/acad%C3%A9mique
    https://www.wordreference.com/enfr/academic
    https://www.cnrtl.fr/definition/universitaire

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