« Affaire Séralini : l’impasse d’une science militante »… avec le temps, tous ces zozos militants ont de moins en moins de crédibilité

La Fondation pour l'Innovation Politique vient de publier (juin 2019) un court document pour raconter l'affaire Séralini, par Marcel Kuntz. Vous pouvez télécharger le pdf très facilement. Il fait 60 pages, mais 40 sont vides d'information utile…  Donc 22 pages pour bien refaire l'histoire de cette imposture. L'auteur est Marcel Kuntz, Directeur de recherche au CNRS, enseignant à l’université Grenoble-Alpes, médaille d’or 2017 de l’Académie d’agriculture de France.

Voici le résumé : En septembre 2012, la publication alarmiste sur la consommation d’un maïs de type OGM, par Gilles-Éric Séralini Seraliniet ses collaborateurs dans le journal scientifique Food and Chemical Toxicology, illustrée de tumeurs monstrueuses chez des rats, déclencha une vague médiatique, des réactions politiques et un immense choc parmi les scientifiques. Bien que progressivement discréditée, retirée du journal, et finalement réfutée par des études scientifiques financées par des subventions publiques françaises et européennes, cette publication et son mode de médiatisation (notamment, avant parution, les conditions inhabituelles imposées aux journalistes qui ne purent soumettre la publication à avis critiques) marqueront l’histoire des conflits qui peuvent apparaître entre les processus de recherche scientifique et leur réception médiatique, politique ou sociale.

Ce rapport est précis, se lit facilement et reprend les points principaux de l'affaire. Je cite deux extraits :

  • Page 29 : Mais, en réalité, quelle est la crédibilité de la revue Environmental Sciences Europe ? Avant cette republication, ce journal très peu coté avait publié vingt-deux articles sur les OGM, dont quinze d’auteurs notoirement opposés aux OGM (certains avec un ton agressif) ou/et membres d’organisations anti-OGM ou ayant reçu des financements de lobbys anti-OGM. Il est permis de penser qu’il fournit un exemple d’un journal scientifique dirigé par des sympathisants de la cause anti-OGM.
  • Page 30 : D’un montant total estimé à 15 millions d’euros, les études GRACE et G-TwYST, financées par l’Union européenne, et GMO90, financée par le gouvernement français (voir encadré), ont récemment rendu public leurs résultats, qui ne montrent pas d’effet toxique de la consommation du maïs NK603 ou MON810.

Nous avons évoqué les 'Mute news', car ces bonnes études ont eu un faible écho médiatique. Il faut du temps pour que les faits dominent les impostures. La pétition No Fake Sciance est claire : Le fait qu'un organisme soit génétiquement modifié ne présente pas en soi de risque pour la santé.

La première revue qui a publié l'article polémique n'a pas été transparente. De très bonnes analyses de cette affaire ont été faites par D Resnik, avec des détails méthodologiques, et aussi par Florence Piron, Université Laval, Canada, que j'ai citée dans ce billet.

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2 commentaires

  • – « les zozos militants » rangés dans la rubrique « truands » ? Qui est visé en premier? Apparemment M. Kuntz qui publie un document d’opinion dans une revue sans comité de lecture éditée par un Think tank explicitement politiquement positionné dans la défense d’une économie libérale ? Ou d’autres ? Quoi qu’il en soit, n’est-il pas dommage de ne pas plutôt mettre en valeur les magnifiques travaux de l’histoire des sciences sur les liens d’intérêt et la production délibérée de l’ignorance qui sont tellement intéressants (Proctor par exemple sur le tabac (« Golden holocauste », traduit par M. Girel)).Les sciences sociales existent et peuvent être heuristiques.
    – « Le fait qu’un organisme soit génétiquement modifié (OGM) ne présente pas en soi de risque pour la santé. » Ah? On démontre comment, l’absence de risques à long terme en situation réelle de l’usage d’OGM ? On démontre comment que le largage dans l’environnement de gènes de résistances aux antibiotiques n’aura pas d’effets sur la santé publique (ex. Maïs 863 variété interdite à la culture en Europe)? On démontre comment l’absence de conséquence de la perte de biodiversité cultivée associée à ces pratiques culturales ? Etc.
    Il me semble que dans un blog qui se veut indépendant la réflexion sur les conséquences des choix technologiques mérite mieux que l’amalgame et l’anathème sur toute personne soulignant un possible effet négatif à l’usage d’OGM (-et des pesticides qui vont avec-). Sauf s’il s’agit, une fois de plus, de se faire l’écho des refrains écrits pour justifier une voix technologique et une seule. Dans ce cas, mes remarques sont sans objet.
    Catherine Laurent

    Répondre
  • Merci pour votre commentaire.
    Il y a semble-t-il deux situations :
    1) les résultats de l’étude de GE Séralini n’ont pas été confirmés par trois études avec des financements publics ;
    2) Il est évident que ces données ne résolvent pas toutes les incertitudes liées aux OGM. Toutes vos interrogations sont légitimes.
    Cordialement

    Répondre

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