Responsabilité sociale en santé : un dictionnaire bienvenu qui doit être en vue dans les bureaux des doyens

Responsabilité socialeJe ne regrette pas les trois heures au soleil consacrées à parcourir ce dictionnaire. Il est facile à parcourir, bien fait et utile. Il s'agit de 134 entrées et chaque contribution est de 2 à 5 pages (près de 600 pages au total). Il résulte de la collaboration de plus de 70 auteurs francophones de 17 pays (Belgique, Canada et France surtout), et de disciplines différentes. Les auteurs sont des collaborateurs de divers réseaux de formation médicale. La coordination a été assurée par Marie Cauli (anthropologue, Université d'Artois), avec Charles Boelen (médecin belge/canadien/français ayant travaillé 30 ans à l'OMS), Joël Ladner (épidémiologie et promotion de la santé, CHU de Rouen), Bernard Millette (médecin de famille, Montréal) et Dominique Pestiaux(ancien responsable du Centre académique de médecine générale de l'Université de Louvain). Vous avez des infos sur le site des presses universitaires, et la commande est rapidement livrée.

En lisant au hasard les entrées de ce dictionnaire, j'ai beaucoup appris sur tous ces concepts. En amont du dictionnaire, il y a beaucoup d'initiatives dont la Charte d'Ottawa sur la promotion de la santé (OMS, 1986), le Consensus mondial sur la responsabilité sociale des facultés de médecine (2010, 16 pages avec 10 axes), et les initiatives des réseaux tels ceux de AUF et CIDMEF, et surtout le récent Réseau international francophone pour la responsabilité sociale en santé (RIFRESS).

J'ai beaucoup annoté ce dictionnaire, souligné des concepts et j'ai corné des pages ! Vous trouverez des entrées sur :

  • Responsabilité sociale des entreprises, Responsabilité sociale des universités, et Responsabilité sociale en santé. Il y a d'autres entrées sous responsabilité (collective, populationnelle en santé) ;
  • Santé globale, Santé mondiale, Santé publique à bien différencier ;
  • Des entrées à découvrir : Utopie, Culture, Altruisme, Citoyenneté,…
  • J'ai appris la prévention quaternaire qui 'remet en question les idéaux positivistes de la modernité qui soutiennent que la science et le progrès de la société sont constants et toujours pour le mieux'…  Sur ce blog, j'ai illustré ces concepts avec des billets comme le Slow professor, ou encore les tromperies du public avec les nouveaux anticancéreux,… et d'autres…
  • Il y a bien sûr beaucoup d'entrées sur les compétences, la formation, dont la formation continue… parfois un peu idéalisée (elle ne marche pas du tout en France…  où c'est un problème d'argent avant d'être des objectifs de formation).

Un dictionnaire en ligne est annoncé (bravo !), et les versions successives pourront être améliorées par vos commentaires. J'aimerais suggérer des items à ajouter :

  • Il y a une entrée 'Curriculum' : il est facile d'ajouter des thèmes dans les facultés de médecine… et c'est bienvenu…  Mais pensons à ces étudiants : pourquoi ne pas faire de la place dans les programmes en éliminant tous les thèmes inutiles pour les futurs médecins ? Une entrée 'Formations inutiles en fac de médecine' serait attrayante…. (et longue ?) ;
  • Des entrées 'Sousdiagnostic', et 'mauvais diagnostic' devraient 'surdiagnostic' ;
  • L'intégrité scientifique devrait avoir un peu de place ; c'est un pilier comme l'éthique, la déontologie, mais c'est différent. Il y a une entrée 'Erreurs médicales', mais il faudrait en plus 'Mauvaises pratiques… plagiat, arrangement des statistiques, embellissement des articles, fraude, ….' surtout que la plupart des enseignants savent bien que plus de 50 % articles ne racontent pas entièrement la vérité !

Lien d'intérêt : je suis contributeur pour une entrée.. et je connais certains des auteurs.

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2 commentaires

  • Ce dictionnaire est la partie émergée d’un mouvement mondial, encore minoritaire aujourd’hui, mais au potentiel de développement exponentiel. La responsabilité envers la société, l’environnement, l’usage raisonné des ressources est partout dans les discours, dans l’énoncé de politiques, dans de multiples d’expérimentations sur le terrain. La responsabilité sociale en santé interpelle de nombreux acteurs: l’institution académique avec la faculté de médecine au premier rang, mais aussi les professionnels de santé, les gérants du système de santé et la société civile. Au coeur du sujet: un corps de valeurs qui sert de guide à l’action: la justice sociale, la recherche d’efficience et la réponse aux besoins globaux de la personne.
    Le RIFRESS- Réseau Francophone pour la Responsabilité Sociale en Santé- s’est engagé à promouvoir cette dynamique. Rejoignez-le : http://www.rifress.org.

    Répondre
  • Merci de promouvoir cet ouvrage. IL faudrait en effet que nos doyens s’en emparent, pas seulement pour mettre de la couleur dans leur bibliothèque, mais pour prendre des décisions courageuses pour améliorer la formation de nos futurs pairs en lien avec les besoins des populations. Je pense en particulier à la promotion des soins de premiers recours et au combat du tout CHU comme horizon des étudiants en médecine.

    Répondre

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