Pourquoi des chercheurs publient dans des revues prédatrices ou trompeuses ? Certains sont contents et n’admettent pas le piège

Avant de proposer fin 2019 une définition consensuelle des revues prédatrices, des recherches ont été conduites par divers groupes, mais essentiellement par le centre de journalologie d'Ottawa.

Dans le BMJ Open en 2019, une recherche a essayé de comprendre les motivations des chercheurs publiant dans des revues Prédateurs BMJ Openprédatrices. Recherche très difficile à faire, car ces auteurs n'aiment pas répondre… et les taux de réponses ont été de 14 % (44/386) et 19 % (38/197) pour les deux enquêtes en ligne. Donc 82 ont répondu, 45 ans, 73 % d'hommes, et 41 % sous pression pour publier. Les revues et auteurs ont été bien choisis, à partir d'échantillons qualifiés suite à d'autres recherches. Il est clair que toutes ces revues étaient prédatrices…  d'autant plus surprenant que 44 % des répondants ont estimé le contraire et qu'un tiers vont republier dans la même revue…  INQUIETANT !!!! Les 3 tableaux sont bien faits, et vite lus dans le pop up.

Résultat principal : "Les trois premiers pays représentés étaient l'Inde (n=21, 25,9%), les États-Unis (n=17, 21,0%) et l'Éthiopie (n=5, 6,2%). Trois participants (3,9 %) ont estimé que la revue dans laquelle ils publiaient était prédatrice au moment de la soumission de l'article. La majorité des participants ont identifié la revue pour la première fois par le biais d'une invitation par e-mail à soumettre un article (n=32, 41,0 %), ou par une recherche en ligne pour trouver une revue ayant une portée pertinente (n=22, 28,2 %). La plupart des participants ont indiqué que leur étude avait fait l'objet d'un examen par des pairs (n=65, 83,3 %) et que cela avait été utile et substantiel (n=51, 79,7 %). Plus d'un tiers (n=32, 45,1 %) ont indiqué qu'ils n'avaient pas payé de frais de publication."

L'effectif est faible, mais c'est très difficile d'avoir des répondeurs pour ce type de recherche : je connais des chercheurs français 'piégés' qui ne veulent pas l'admettre et ne répondraient pas. Quatre pour cent ont admis qu'ils savaient qu'ils soumettaient à une revue prédatrice, 46 % qu'ils ne savaient pas et ils ont reconnu que c'était une revue prédatrice, 44 % qu'ils ne savaient pas et ils ont dit que ce n'était pas une revue prédatrice (quelques non réponses). Ceci est très inquiétant…. Je connais des chercheurs français ayant publié dans de vraies revues prédatrices et qui ne veulent pas l'admettre…Ce qui est drôle, c'est que l'un d'eux a chargé un avocat de m'écrire.

Cette recherche a initié des discussions, et elle a apporté des arguments pour éliminer les critères 'absence de peer review' de la définition des revues prédatrices. Un autre argument a été que des revues légitimes ne font pas un bon peer review.

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