La probabilité d’être cité n’est souvent pas liée à la qualité d’une étude ! Et les citations sont à la base du calcul du facteur d’impact

UrlingsParmi les pratiques douteuses en recherche, les mauvaises pratiques de citation des articles sont totalement sous-estimées. Les chercheurs savent que 25 % des citations à la fin des articles sont fausses. Tous les chercheurs ont rencontré des difficultés pour identifier correctement des sources, et la plupart ne bougent pas : eux-mêmes continuent à citer selon des habitudes plutôt perverses.

Cet article dans Journal of Clinical Epidemiology (JCE) le 1 décembre 2020 est une excellente synthèse d’un travail remarquable fait depuis quelques années par une équipe hollandaise. Ils ont analysé six domaines de recherche, et j’avais présenté leur analyse dans le domaine de l’asthme des bébés nageurs. Ils ont fait les mêmes analyses dans 6 domaines différents de publication et ont observé à peu près les mêmes comportements.

L’article de JCE contient beaucoup de données intéressantes, à lire tranquillement. J’ai préféré traduire les poins essentiels :

Principaux résultats :

  • Le biais de citation peut être assez courant et amplifie les effets bien documentés des biais de publication
  • L’autorité des auteurs et des revues ainsi que l’auto-citation se sont également révélées être les déterminants génériques de la citation

Qu’est ce que cela ajoute à ce qui était connu ?

  • Auparavant, les analyses de citations ont été effectuées avec des méthodologies différentes.En utilisant la même méthode sur six réseaux, nous avons pu comparer les modèles de citations sur six questions de recherche.

Quelle est l’implication et qu’est-ce qui devrait changer maintenant ?

  • Les auteurs, les relecteurs et les rédacteurs doivent être conscients que le biais de citation est probablement courant et peut produire une interprétation déséquilibrée des résultats d’études.
  • La probabilité d’être cité n’est souvent pas liée à la qualité d’une étude. Cela vient étayer la préoccupation croissante concernant l’utilisation du nombre de citations comme mesure dans l’évaluation des chercheurs et des instituts.

PS : Je remercie Miriam Urlings, Maastricht University

Partagez cet article sur les réseaux:
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur pinterest
Pinterest
Partager sur linkedin
LinkedIn

Un commentaire

  • Entièrement d’accord. En tant que rapporteur (domaine chimie) je regarde la pertinence des citations avec le texte (en particulier celles des auteurs du manuscrit) et demande de ne pas les introduire par blocs (jusque plus de 10 citations à la fin d’une phrase) et de commenter chaque citation en rapport avec le manuscrit. Cela demande du temps en particulier lorsque le nombre de citations dépasse 30-35 ou que le format des références exclut le titre ; dans ce dernier cas, je réponds de suite à l’éditeur pour disposer d’une liste de références avec les titres ainsi que des articles complets des auteurs du manuscrit cités ; cela permet aussi de retarder d’autant la date de remise du rapport.

    Je propose souvent aux éditeurs concernés que les auteurs fournissent pour les rapporteurs un lien direct pour toutes les citations, mais sans succès jusqu’ici ; c’est indispensable pour détecter des fraudes (plagiat, données modifiées ou fabriquées à partir de résultats antérieurs…).

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles populaires

Archives mensuelles

Suivez-nous

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle

Tags

– –

Vous pourriez aussi aimer

felis adipiscing risus. nec consequat. et,