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Mesurons les impacts sociétaux, économiques, politiques pour évaluer la recherche plutôt que de compter des haricots

Cet éditorial est original car il explique astucieusement les dérives de l’évaluation de la recherche avec des indicateurs de publications et de citations. Original car il prend des exemples dans une discipline qui est la médecine du sport. L’éditorial a été publié fin décembre 2020 dans British Journal of Sports Medicine (revue du groupe BMJ). Le titre peut être traduit ainsi : ‘Compter les publications et les citations n’est pas seulement sans intérêt : c’est une incitation qui détourne l’impact de la recherche clinique‘.

Il compare des impacts de recherche à des productions universitaires. Il y a un tableau avec des exemples référencés pour 3 impacts de recherche en médecine du sport et un exemple d’impact universitaire. J’ai extrait des exemples sans tout reprendre :

  • impact politique : des données ont contribué au changement de politique du Hockey au Canada en retardant un examen physique jusqu’à l’âge de 13-14 ans ;
  • impact économique : au Royaume-Uni, en 2013, la physiothérapie polyvalente pour les lombalgies a amélioré la qualité de vie, pour un retour sur investissement dans la recherche estimé à 130 millions de livres sterling après prise en compte du coût de l’intervention ;
  • impact sociétal : Good Life with osteoArthritis in Denmark (GLA:D) est un programme qui a mis en œuvre des directives cliniques pour traiter l’arthrose de la hanche et du genou par l’éducation des patients et l’exercice supervisé par un physiothérapeute. Douze mois après le début du programme, les patients ont déclaré faire plus d’activité physique et prendre moins d’analgésiques qu’auparavant. Moins de patients ont pris un congé de maladie pendant la première année du programme par rapport à l’année précédant leur participation au programme ;
  • impact universitaire : Un essai contrôlé randomisé sur l’efficacité d’un échauffement de prévention sur les blessures aiguës au genou chez les adolescentes joueuses de football a été cité plus de 350 fois en 8 ans….  Bonne revue à haut facteur d’impact….. Rien qu’à partir de cette impressionnante production universitaire, on peut se demander comment cette recherche a contribué au changement de politique ou comment elle a eu un impact positif sur le fardeau économique ou sociétal des blessures du ligament croisé antérieur.

L’éditorial est court mais à pleurer…  Comment des universitaires préfèrent compter leurs haricots (facteurs d’impact, citations, Altmetrics, H index..) plutôt que d’évaluer l’impact de leurs recherches sur les politiques, l’économie, la société ? Comment continuer à accepter que des chercheurs fassent des carrières COVID-19 en publiant sur des traitements inefficaces (HCQ, zinc, vitamine D, ivermectine, etc..) alors que d’autres actions seraient plus utiles ?

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6 commentaires

  • Monsieur,
    Je m’excuse d’avoir à interrompre un emploi du temps chargé ou à interférer avec d’essentielles obligations que je n’ai pas à connaître. Chacun a -encore- droit à son jardin secret et je veux croire que vous avez aussi une vie à côté de ce blog.
    Aussi est-ce avec quelque scrupule que je reviens vers vous pour m’étonner de la non publication de mon dernier commentaire ainsi que de l’absence de réponse à mon mail à ce sujet.
    Je me rassure en écartant l’hypothèse d’un souci de santé dirimant : n’avez-vous pas posté deux billets en deux jours !?
    C’est que vous aurez sans doute besoin d’un peu de repos avant de pouvoir répondre aux questions que je vous posais. Elles sont pourtant simples ; et quand bien même le sujet vous semblerait attenter à la hauteur de vue que vous ambitionnez pour votre blog, ça doit tout de même pas être la fin des haricots d’y répondre. Non ?

    Répondre
  • Monsieur Maisonneuve,

    Vous êtes très occupé ; c’est ainsi que vous m’avez expliqué ne pas avoir encore de temps pour répondre à mon commentaire publié ( mais aussi au précédent perdu dans quelques limbes). Occupé notamment par la rédaction de plusieurs billets de blogs abordant des sujets apparemment bien plus importants que celui à propos duquel je vous interrogeais.

    A considérer l’actualité, je crains que cela devienne de plus en plus difficile pour vous de dire quoique ce soit. Un prix Nobel de médecine ne vient-il pas de prendre la défense de l’Ivermectine pour le traitement de la Covid-19 ?

    Mais, où ai-je la tête ? The Japanese Journal of Antibiotics n’est-il pas un simple journal paroissial ? Décidément la bête immonde est partout !? Et le vénérable, Satoshi Omura, ce vieux vicelard comptant les haricots de son chapelet, qui donc lui a tenu la main ?

    Ah, orgueil, quand tu nous tiens !

    Répondre
  • Bonsoir
    merci pour cette information. Je ne lis pas régulièrement the Japanese Journal of Antibiotics, en particulier les articles en japonais, car je ne connais pas la langue.

    Cordialement

    Répondre
  • Et la conclusion de ce très long article est :
    « Although clinical trial results have been and continue to be accumulated showing that ivermectin is effective in the treatment and prevention of COVID-19, basic in vitro findings that can reasonably explain its effectiveness have not yet been obtained. ……When the effectiveness of ivermectin for the COVID-19 pandemic is confirmed with the cooperation of researchers around the world and its clinical use is achieved on a global scale, it could prove to be of great benefit to humanity. It may even turn out to be comparable to the benefits achieved from the discovery of penicillin »

    Donc, au lieu de regarder de haut les chercheurs qui s’y intéressent, voire de leur mettre des bâtons dans les roues par des procédés dilatoires (…) il semble juste et bon de les encourager et de soutenir activement leurs recherches.

    Répondre
  • …et puisque Paul Marik et Pierre Kory sont justement de ceux qui ont examiné et expérimenté ce médicament j’en reviens à leur mésaventure éditoriale au sujet de laquelle j’avais été amené à vous interroger.
    Car, dites : il n’est pas banal ce refus de Frontiers of Pharmacology ! Après que 4 senior reviewers aient donné leur accord et qu’un résumé ait été publié sur le site de la revue, consulté 102 000 fois en 6 semaines, pfftt ! quasi sans préavis, le résumé est retiré et l’article finalement déclaré impubliable !?

    Ça ne justifie pas de passer un peu de temps pour essayer de comprendre ce qui s’est passé ? D’interroger éventuellement vos relations à ce sujet ?

    Répondre

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