Que penser des auto-citations dans les publications académiques ? Transparence et pas prohibition

Ce preprint déposé sur bioRxiv le 23 décembre 2019 apporte des réflexions dans un domaine peu étudié. L’article a été publié dans Scientometrics le 18 mars 2020. Son titre est simple : « Tracking self-citations in academic publishing ». Deux auteurs appartiennent au GESIS – Leibniz Institute for the Social Sciences en Allemagne, et le troisème signe Université d’Helsinki. Le travail est important, car ils ont examiné le comportement de 385 616 auteurs regroupés en 15 domaines comme la biologie, la chimie, la science et la technologie, l’ingénierie et la physique. Ces auteurs ont publié 3 240 973 articles qui ont accumulé 90 self citations806 462 citations, dont environ cinq pour cent sont des auto-citations. L’article est très détaillé avec beaucoup d’informations et des comparaisons entre disciplines : de grosses différences de pratiques ont été observées. Par exemple : de 3 % (Psychology) à 58 % (Engineering).

Mais qu’en penser : il ne faut pas réduire la discussion et imaginer que les auto-citations devraient être proscrites, diminuées…  car beaucoup sont tout à fait justifiées. Créer des indicateurs d’auto-citations serait possible… mais dans quel but ? Certains voudraient des indicateurs, de type h-index, qui élimineraient systématiquement les auto-citations (il s’agit du s-index, pour self citation index). L’examen des auto-citations, des indicateurs pourraient au moins identifier ce qui est qualifié de ‘fermes de citations’. Il semble exister quelques professionnels de l’auto-citation, qui citent aussi très largement leurs proches collègues. Des auteurs s’auto-congratulent pour occuper à tort le devant de la scène, voire influencer des arbitrages divers…. Une transparence des auto-citations devrait être promulguée : OK pour s’auto-citer, mais que ce soit explicite afin d’éviter ces auteurs qui citent une partie de leurs publications dans tous leurs articles sans raison.

La fin du résumé est sage : Nous pensons que le fait de cacher les données d’autocitation est indéfendable et rend inutilement confuse toute tentative de comprendre l’impact bibliométrique de son travail. Au lieu de cela, nous invitons les universitaires à adopter la visibilité des données de citation dans une communauté de pairs, qui repose sur la nuance et l’ouverture plutôt que sur le comptage des points.

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