C’est le troisième billet sur le congrès de EASE (European Association of Science Editors) à Oslo.
L’identité des auteurs à l’âge de la désinformation : ORCID
Depuis quelques années, des soumissions trompeuses sont faites par des tiers, usurpant ou non des noms d’auteurs
existants. Les manipulations du peer review aussi posent problème. En pratique, il y a deux types de soumission : des adresses mails institutionnelles (@université xx.com) et des adresses génériques (@gmail.com). Dans ce dernier cas, il se pose la question de savoir qui est derrière l’adresse. C’est Alice Meadows, ancienne présidente de SSP et rédactrice de billets sur Scholarly Kitchen. Elle a rejoint MoreBrains Cooperative, une société de conseil. La plupart des problèmes d’intégrité sont détectés sur les produits finis des publications, il faudrait s’intéresser plus au point de départ : qui soumet le manuscrit. La première ressource pour qualifier des auteurs, c’est ORCID, présent dans de nombreux pays et avec beaucoup de partenaires, de données… voir tout cela dans le rapport annuel 2024.
STM vient de publier un rapport sur ce sujet (mars 2025) : Trusted Identity in Academic Publishing | Part 2: The Researcher Identity Verification Framework. Je l’analyserai plus tard.
Trustworthy and Quality Journals: A Multi-stakeholder Perspective
Il y a eu quatre présentations. La première oratrice était une avocate ukrainienne, Iryna Izarova, réfugiée dans un autre pays. Elle est aussi animatrice du groupe EASE d’Ukraine. Présentation émouvante car elle a expliqué ce qui se passe dans les universités occupées par les russes et surtout détaillé les journaux scientifiques ukrainiens sous l’occupation. Avec des diapos, elle a montré des exemples de journaux ukrainiens que s’approprient les russes… en traduisant, et en particulier en changeant les ISSN. L’organisation qui attribue les ISSN a pris des décisions pour protéger l’Ukraine. Un billet de Scholarly Kitchen a détaillé les problèmes des journaux académiques en temps de guerre (février 2025).
Plusieurs présentations détaillées sur le DOAJ (Directory of Open Access Journals), avec 21 000 journaux en accès libre (dont 13 000 modèle diamant), 89 langues et 138 pays. Le combat contre les revues prédatrices est difficile et DOAJ accepte chaque année environ 23 % des demandes de référencement. DOAJ est une base fiable. Ensuite, une excellente présentation de Think Check Submit, très bonnes ressources pour éviter les prédateurs.
What do editors and authors expect from manuscript editors?
Une session étonnante qui nécessitait de bien connaître le chemin d’un manuscrit, les sous métiers des rédacteurs, et les pratiques variables selon les revues : pre-acceptance editors pour du screening, peer-review editors, post-acceptance editors, manuscript editors, copy-editing. Il y avait un panel de rédactrices expertes de Nature et du groupe Lancet, et un rédacteur indien free-lance bien connu. Discussion sur l’intelligence artificielle qui modifie les métiers de l’editing.
How can you contribute to your journal’s sustainability
Un débat passionnant sur des initiatives pour le développement durable au sein des revues, éditeurs et de EASE. Ces initiatives sont méconnues par nos journaux scientifiques francophones. ‘In this session, the EASE Environment & Sustainability (E&S) and Equity, Diversity and Inclusion (EDI) Committees will give brief highlights and outcomes from Survey on the Impact of the SDG Publishers Compact/EASE Manifesto, and the EDI Survey. Both studies revealed the need for more support for small publishers/individual journals, and for tracking/reporting progress when implementing SDG and EDI policies in their journals.’ Un poster présenté au congrès résume toutes les initiatives de EASE dans le domaine du développement durable en suivant les 17 objectifs proposés par les Nations Unies.
Lien d’intérêts : ancien président de EASE


