Réponse des revues médicales prestigieuses aux accusations de Robert F Kennedy Jr

Points clés

C’est à partir de 31 min 30 s de cette vidéo que vous pourrez écouter Robert Kennedy expliquant que les revues scientifiques sont le bras armé des industries pharmaceutiques, et sont donc corrompues. Il explique qu’il va demander aux chercheurs américains de ne plus publier dans NEJM, JAMA et The Lancet…  et il a envoyé des lettres à d’autres revues… Une nouvelle revue a été créée, The Journal of the Academy Public Health, et au 7 juillet 2025, son contenu est décevant. Cette revue est loin de rivaliser avec les revues prestigieuses.

Réponse du Lancet : les agresseurs ne sont enhardis que par l’acquiescement ou l’indifférence.

C’est le que The Lancet, dans un éditorial anonyme du 26 avril 2025, a répondu aux attaques de R Kennedy envers les revues scientifiques. L’éditorial détaille les coupes dans les budgets américains et en gros, près de 50 % des budgets des grandes institutions (NIH, CDC,..) sont coupés. Le dernier paragraphe de cet éditorial est clair : Les revues médicales ne doivent pas s’attendre à être épargnées par l’attaque de l’administration Trump contre la science, pas plus que les institutions de santé telles que le NIH, le CDC ou les centres médicaux universitaires. La science et la médecine aux États-Unis sont en train d’être violemment démembrées sous les yeux du monde entier. Alors que les risques pour les moyens de subsistance des fonctionnaires et des universitaires sont réels et effrayants à juste titre, les agresseurs ne sont enhardis que par l’acquiescement ou l’indifférence.

Le JAMA alerte aussi son public

Les rédacteurs du JAMA ont publié un éditorial le 20 février commençant ainsi : Au cours du premier mois de la nouvelle administration chargée de diriger les États-Unis, le pouvoir exécutif a publié une multitude de décrets, notamment ceux associés au licenciement ou à la démission de dizaines de milliers d’employés fédéraux. Nombre d’entre eux ont des conséquences importantes pour la science, la médecine et la santé publique. Face à cet éventail d’actions vertigineux, il est difficile de savoir sur quoi se concentrer et comment réagir au mieux. Toutefois, la réduction au silence des communications relatives à la science et à la santé par la suppression ou l’effacement d’informations, et le silence correspondant de nombreuses personnes dans les domaines de la biomédecine et de la santé publique, méritent une attention toute particulière.

La position du JAMA est probablement délicate, car si la rédaction a toujours eu une sensibilité démocrate, le propriétaire, à savoir l’AMA, a toujours eu une tendance républicaine. Pour exemple, le licenciement brutal de G Lundberg en 1999.

Le NEJM est anti-Trump et cela pourrait lui coûter cher

Dès le 7 octobre 2020, les rédacteurs du NEJM avaient pris position en proposant de ne pas voter pour Trump, sans inciter à voter pour les démocrates, et en qualifiant d’incompétents les politiques. La fin de cet éditorial : Nos dirigeants ont largement revendiqué l’immunité pour leurs actions. Mais cette élection nous donne le pouvoir de rendre un jugement. Les personnes raisonnables ne seront certainement pas d’accord sur les nombreuses positions politiques prises par les candidats. Mais la vérité n’est ni libérale ni conservatrice. Lorsqu’il s’agit de répondre à la plus grande crise de santé publique de notre époque, nos dirigeants politiques actuels ont démontré qu’ils étaient dangereusement incompétents. Nous ne devrions pas les encourager et permettre la mort de milliers d’Américains supplémentaires en leur permettant de conserver leur poste.

Le 3 mars, E Rubin, rédacteur en chef publie un éditorial : Order out of chaos qui se termine ainsi : Que pouvons-nous faire pour contrer le chaos actuel ? Nous pouvons au moins essayer de maintenir l’ordre. En tant que rédacteurs en chef, nous devons continuer à faire ce qui, selon nous, fait la différence : publier des recherches, des analyses, des opinions et des contenus éducatifs de la plus haute qualité, susceptibles d’améliorer la santé des patients. Nous sommes fiers de nos communautés et nous nous efforçons de fournir une plateforme où les auteurs peuvent s’exprimer, même lorsque les sujets sont controversés.

En mars 2025, un article sur les données était très critique : À partir de janvier 2025, divers ensembles de données gouvernementales sur la santé ont été supprimés, restaurés, manipulés ou n’ont pas été publiés comme prévu. Les conséquences de ces changements pourraient être considérables.

En mai 2025 : La proposition de l’administration Trump de plafonner à 15 % les taux de coûts indirects pour les subventions des National Institutes of Health risque de bouleverser le paradigme qui sous-tend le leadership américain en matière de recherche médicale.

En juin 2025, une perspective sur DEI (Diversity, Equity, Inclusion) : Les mesures prises par l’administration américaine contre le DEI vont réduire à néant des décennies de progrès vers la constitution d’un personnel de santé plus inclusif et l’amélioration des résultats pour les patients, qui sont des objectifs liés mais distincts.

Et j’en passe…

Réponse des anciens rédacteurs du NEJM

Ce ne sont pas les rédacteurs en chef du NEJM qui ont répondu à RFK, mais des anciens rédacteurs le 30 juin dans STAT. rfk nejmQue disent-ils ? Les revues comme le NEJM n’ont pas créé le problème de la recherche financée par les entreprises pharmaceutiques. Les scientifiques se sont de plus en plus tournés vers les entreprises pharmaceutiques parce qu’elles soutiennent généreusement la recherche dont elles espèrent qu’elle augmentera leurs ventes. Bien entendu, ce financement s’accompagne de pressions explicites ou implicites sur les chercheurs pour qu’ils ne trouvent et ne publient que des résultats positifs, ce qui peut gravement fausser leur travail.

Les anciens rédacteurs du NEJM se défendent, d’autant plus que le NEJM a été précurseur sur la gestion des conflits d’intérêts !  Ils terminent ainsi : La gestion du HHS par Kennedy a été une arme clé dans la guerre de l’administration Trump contre la science. Vider les NIH de leur substance (et donner aux entreprises pharmaceutiques encore plus de contrôle sur la recherche pharmaceutique essentielle aux États-Unis) est l’un des fronts de cette guerre. La diabolisation des revues médicales qui critiquent les actions de l’administration en est un autre. La prochaine fois que Kennedy participera à un podcast, il pourra nous citer à ce sujet.

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