La Revue Prescrire a raison : les guides de la Haute autorité de santé ont une très très grande marge d’amélioration….

HASDans son numéro de janvier 2018 (page 71), La Revue Prescrire donne des informations sur son activité d'évaluation des guides élaborés par la Haute autorité de santé. Leur évaluation est plutôt bien faite, et ils ont des données objectives pour confirmer ce qui semble assez évident quand on discute avec ceux qui savent utiliser et évaluer la littérature (ils sont pas très nombreux).

Je reprends un paragraphe "Entre avril 2017 et octobre 2017, nous avons passé au crible 110 documents : 73 guides de pratique clinique, 13 fiches de pratique clinique, 9 recommandations en santé publique, 5 rapports d'évaluation des technologies de santé et 10 guides ALD…..   Au total, 7 guides ont été évalués "Intéressant" (la liste des 7 est en note), 21 "Acceptable", 58 "Inutile", et pour 24 d'entre eux Prescrire n'était "Pas d'accord". 

Autrement dit, 80 sur 110 documents sont à jeter…  quel gaspillage. C'est regrettable, et je suis plutôt d'accord avec les évaluateurs de Prescrire, mais pessimiste sur la possibilité de faire évaluer cette administration. Les dérapages sont causés par la précipitation des demandeurs qui ne comprennent pas qu'évaluer prend du temps et demande de la rigueur. Vitesse et précipitation sont sources de mauvaise qualité….   Je préfère ne pas m'étendre, mais j'ai lu des documents de la HAS très mal écrits, sans distinguer faits et opinions, sans savoir évaluer la littérature… un métier qui s'apprend.

Je suggère aux évaluateurs de reprendre la main et dire aux commanditaires : pour faire du bon boulot, il faut plus de temps, moins de fausses urgences, et moins de volume. La HAS aurait pu faire 50 excellents documents plutôt que 110 en allouant les bonnes ressources à chaque mission. Ces documents font partie du gaspillage des ressources.

Le dernier paragraphe de l'article de Prescrire est clair : "Des défauts récurrents déjà repérés en 2009 et 2014. Ce bilan de dix années d'analyse de guides de la HAS montre que cette institution publique ne s'est pas réellement dotée de moyens solides pour produire des outils fiables, élaborés en toute indépendance, pour aider les professionnels de santé à mieux soigner. Les défauts récurrents dans l'élaboration des recommandations de la HAS sapent sa crédibilité. Son qualificatif de 'haute autorité' n'est toujours pas justifié."

La plupart des membres du collège de la HAS sont de bons professionnels, capables de faire le même constat que Prescrire, mais ils préfèrent ne rien changer.

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Un commentaire

  • 80 documents à jeter sur 110.
    « Les défauts récurrents dans l’élaboration des recommandations de la HAS sapent sa crédibilité »
    Et pourtant du fait de son statut de Haute Autorité, ces recommandations sont opposables.
    En d’autres termes, les médecins sont tenus de suivre ces recommandations et s’ils ne le font pas ils peuvent encourir des « ennuis ».
    Ce qui signifie que le médecin pourrait faire du bon travail et être malgré tout inquiété car ce « bon travail » va à l’encontre des recommandations de l’ HAS.
    Nous vivons aujourd’hui dans un monde de « fake news »

    Répondre

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