Mieux évaluer les chercheurs en tuant le facteur d’impact et en orientant la recherche vers les attentes de la société ?

Gardons espoir après la lecture d'un superbe article de PLOS Biology de fin mars 2018. Je ne sais pas quelles seront les réponses aux 2 questions de mon titre…  Le OUI n'est pas certain de gagner ! Le titre de cet article : "Assessing scientists for hiring, promotion, and tenure". Les 6 auteurs sont prestigieux et d'origine diverses. Félicitons Florian Naudet (Rennes) tout particulièrement.

Voici le résumé que j'ai traduit : L'évaluation des chercheurs est nécessaire pour les décisions d'embauche, de promotion et de titularisation. Un nombre croissant de leaders scientifiques pensent que le système actuel d'incitatifs et de récompenses pour les professeurs est mal aligné avec les besoins de la société et déconnecté des données factuelles sur les causes de la crise de la reproductibilité et la qualité sous-optimale des publications scientifiques. Pour aborder cette question, en particulier pour les sciences cliniques et les sciences de la vie, nous avons animé un atelier d'experts de 22 membres à Washington, DC, en janvier 2017. Vingt-deux dirigeants universitaires, financeurs et scientifiques ont participé à la réunion. Comme toile de fond de la réunion, nous avons effectué une analyse documentaire sélective de 22 documents clés critiquant le système d'incitatifs actuel. De chaque document, nous avons extrait comment les auteurs ont perçu les problèmes d'évaluation de la science et des scientifiques, les conséquences involontaires du maintien du statu quo pour l'évaluation des scientifiques et les détails de leurs solutions proposées. Le résultat a servi de point de départ à la discussion des participants. Il en est résulté six principes pour évaluer les scientifiques et leurs implications en matière de recherche et de politiques. Nous espérons que le contenu de cet article servira de base à l'établissement de pratiques exemplaires et à la refonte de la structure actuelle de l'organisation pour évaluer les scientifiques par les nombreux acteurs impliqués dans ce processus.

Entre 2012 et 2017, ce sont 21 documents qui ont été publiés. Ils ont été analysés pour ce travail en les classant en 4 groupes : Evaluation PLOS BIOLefforts de grands groupes (9 documents dont Leiden, DORA, Metric Tide,..), efforts isolés ou de petits groupes (6 documents dont PQRST,..), proposition de revues pour évaluer les chercheurs (2 documents, avec PLOS, BMC, Nature, elife,..), propositions de nouveaux indicateurs scientifiques '(4 documents). Un tableau résume le contenu de ces documents, la plupart très critiques vis-à-vis du facteur d'impact….

Ce sont 6 propositions qui ont émergé, et elles sont très bien décrites dans un grand tableau de 2 pages. La traduction est réductrice car ces 6 propositions contiennent beaucoup d'informations :

  1. Le premier principe est que la contribution aux besoins de la société est un objectif important de l'érudition (comment traduire scholarship ?). Pour mettre l'accent sur une recherche qui réponde aux besoins et à l'impact sociétal de la recherche, il faut avoir une vision plus large, vers l'extérieur, de la recherche scientifique.
  2. Le deuxième principe est que l'évaluation des scientifiques devrait être fondée sur des preuves et des indicateurs susceptibles d'encourager les meilleures pratiques de publication. Plusieurs nouveaux " indicateurs responsables pour l'évaluation des scientifiques " (RIAS's pour 'responsible indicators for assessing scientists') ont été proposés et discutés. Il s'agit notamment de l'évaluation de l'enregistrement (y compris les rapports enregistrés); du partage des résultats de la recherche; des rapports de recherche reproductibles; des contributions à l'examen par les pairs; des mesures de rechange (p. ex. l'adoption de la recherche par les médias sociaux et les médias imprimés) évaluées par plusieurs fournisseurs, comme Altmetric.com; et du partage des ensembles de données et des logiciels évalués par le biais de Impact Story.
  3. Le troisième principe est que toutes les recherches doivent être publiées de manière complète et transparente, quels que soient les résultats. Les établissements universitaires pourraient mettre en œuvre des politiques dans le processus de promotion afin d'examiner les rapports complets de toutes les recherches et/ou de pénaliser les recherches non terminées ou non publiées – en particulier les essais cliniques, qui doivent être enregistrés.
  4. Le quatrième principe concerne l'ouverture – faciliter la diffusion et l'utilisation des données et des résultats de la recherche par d'autres. Les chercheurs peuvent partager leurs données, procédures et codes de diverses façons, par exemple dans des dépôts à accès libre. Certaines revues appuient ce processus en approuvant et en mettant en œuvre les lignes directrices sur la transparence et la promotion de l'ouverture (TOP).
  5. Le cinquième principe exige d'investir dans la recherche afin de fournir les preuves nécessaires pour guider l'élaboration de nouveaux critères d'évaluation et d'évaluer les mérites des critères existants.
  6. Le dernier principe consiste à récompenser les chercheurs qui prennent des risques intellectuels qui pourraient ne pas se refléter dans les premiers succès ou les premières publications.
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