Comment faire éclater la bulle de la publication scientifique ? Position décapante qui fait du bien

DiderotIl est rare que des chercheurs s'expriment clairement et publiquement sur les dérives de notre système de publications : la tribune de Raymond Piccoli est décapante. Cet article reprend un rapport de l'Institut Diderot intitulé "Réflexions sur la recherche française" que vous pouvez télécharger. R Piccoli, astrophysicien, a coordonné ce rapport de 31 pages. Quelques intertitres : Une science en berne ; La science rendue muette par l'idéologie ; Recherche et financement ; La recherche participative, avenir de la science ?

Concernant les publications, ce rapport est clair : "Publi or not publi ? Les travers de la publication scientifique". Je cite quelques phrases :

  • On aboutit à ce paradoxe incroyable : les directeurs de labo sont des gens qui publient énormément, alors qu’ils passent l’essentiel de leur temps à faire de l’administration. Ils ne consacrent plus aucun temps à des travaux scientifiques, mais ils continuent à publier… Sacré tour de force !
  • Nous entrons dans le syndrome de la nausée d’écriture chronique. Pour tenir la cadence, pour être classé parmi les meilleurs, la quantité prends très largement le pas sur la qualité.
  • Certains chercheurs passent ainsi leur temps à « copublier », à tel point que leurs listes infinies de publications devraient, dans un monde normal, attirer l’attention de tout observateur un peu scrupuleux. Ce système n’est pas sans danger.
  • Ce fonctionnement démontre clairement qu’occuper une position de pouvoir, un poste clé, permet de devenir, ou plutôt, de se faire classer comme un scientifique de haut rang ! On en vient à se dire qu’un chercheur efficace est quelqu’un qui sait s’entourer d’une main-d’œuvre docile, pas quelqu’un qui s’échine sur la paillasse…   (Note : cela me fait penser à D Raoult, Marseille).

A juste raison, l'auteur explique que les universités font la chasse au plagiat des étudiants, mais elles devraient d'abord regarder les pratiques des chercheurs, dont celles de l'auto-plagiat. Je dois avouer que je connais des auto-plagieurs presque professionnels qui augmentent la longueur de leur CV…  L'ordre des auteurs est surtout un problème de pouvoir, plus que de participation au travail.

Rapport intéressant, mais j'attends le tome 2 avec les propositions ….

La tribune de R Piccoli a été commentée par une contribution de Claude Huriet, toujours dans European Scientist, avec le même titre "Publier ou disparaître : Comment faire éclater la bulle de la publication scientifique ?"

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