Les oies dorées de la HAS ne connaissent pas les bonnes pratiques de publication : disparition des recos ‘Dyslipidémies’ ! Les Archives des Maladies du Coeur devraient rétracter leur article

Assez inhabituel de la part de la HAS, mais BRAVO : les recommandations sur les dyslipidémies ont été abrogées selon un communiqué de presse du 22 novembre 2018. Cette décision a été poussée par un recours devant le Conseil d’État de l’association Formindep. Des conflits d'intérêts n'ont pas été gérés correctement. La HAS n'a semble-t-il pas pris la peine de répondre au Formindep qui a saisi le Conseil d'Etat. J'ai cherché les recommandations, et j'ai lu sur le site HAS "La recommandation « Principales dyslipidémies : stratégies de prise en charge » intégrant l’évaluation et la prise en charge du risque cardio-vasculaire a été abrogée par décision du Collège de la HAS le 21 novembre 2018. Pour en savoir plus, lire le communiqué de presseDate de validation février 2017". C'est bien, car abroger (ou rétracter) est une démarche d'intégrité, que certaines instances n'aiment pas faire…   mais la HAS ne respecte pas les bonnes pratiques, à savoir laisser en ligne les documents abrogés afin de les consulter…

C'est consternant ! Nous avons déjà regretté le non professionnalisme de la HAS en matière d'analyse de la littérature, lors de la triste manipulation dans le domaine de la maladie de Lyme : les oies dorées préfèrent les croyances aux connaissances ! Non seulement, la HAS ne sait pas faire des recommandations avec des méthodes explicites d'analyse de la littérature, mais elle ne connait pas les bases des bonnes pratiques…  en matière de communication / publications.

DyslipidémiesCe rapport "Dyslipidémies" a disparu du site HAS sans prévenir. Cacher des données qui peuvent avoir une utilité pour comprendre les phénomènes est surprenant, alors que la communauté demande une science ouverte, et un minimum d'intégrité et d'éthique. Dans les Archives des Maladies du Coeur et des Vaisseaux, il y a un article publié en octobre 2017 (numéro 261, pages 3 à 8) sur ces recommandations (cité 4 fois) pour présenter ces recommandations !!! L'auteur, B Vergès, n'a pas de lien d'intérêts (oui, en fin d'article !) ? Il n'a pas d'intérêts dans la revue, mais dans la base Transparence Santé, je vous assure qu'il y a un paquet d'euros !!!!  Des précisions sur Caducee.net. Il en a de partout, du lourd comme chez les cancérologues : que fait la rédaction de la revue ??? Si la revue savait faire, elle devrait rétracter cet article !!!! Le rédacteur en chef s'appelle JJ Monsuez. Dans le même numéro, un éditorial sur ces recos, encore par un auteur sans lien d'intérêts (à vérifier). Ces recos sont citées par d'autres articles..

En 2011, la HAS avait fait la même erreur avec des recos diabète… enlevées du site…    donc la HAS n'apprend pas de ses erreurs, bien que la HAS reconnaisse que l'apprentissage par l'erreur soit une méthode de formation ! ETONNANT ! NON

La HAS a pris la bonne décision en abrogeant ces recommandations "Principales dyslipidémies : stratégies de prise en charge". Bonne décision BRAVO, mais gestion désastreuse ! Quand une revue, une institution, la collaboration Cochrane, et tous ceux qui respectent l'intégrité prennent une décision d'abrogation, le document abrogé reste disponible en ligne. En général, il y a une mention claire sur la rétractation ou abrogation : mettre en rouge sur chaque page le mot Retracted est la bonne pratique.

Les faits sont bien décrits sur le site du Formindep avec le titre "Mauvaises pratiques des recommandations de la HAS". Le Collège de la Médecine générale, la Revue Prescrire, et le Formindep ont remarqué que les recommandations concernant la prise en charge des principales dyslipidémies étaient mauvaises, et que des conflits d'intérêts avaient pu influencer ces recommandations. Voici un extrait du site du Formindep : "La HAS a fait le choix d’endosser les recommandations produites par des sociétés savantes le plus souvent financées par les firmes pharmaceutiques concernées, rédigées par des médecins leaders d’opinion qu’elles rémunèrent, et parfois élaborées sans même méthodologie décrite ni gradation des niveaux de preuves. La qualité scientifique des recommandations qui en résulte n’est pas assurée. Nombre de recommandations reposent en grande partie sur le seul avis d’experts; ce faible niveau de preuves est d’autant plus préoccupant lorsqu’il se cumule avec une absence de transparence et d’indépendance.". Je connais les méthodes d'analyse de la littérature et de préparation de recommandations : en bref, les dérives sont majeures, et la HAS devrait sous-traiter ses revues systématiques à la Collaboration Cochrane qui travaille mieux.

La qualité des documents de la HAS laisse rêveur !

J'ai une pensée pour les personnels intègres de la HAS et qui souffrent en silence car cette situation n'est pas acceptable. La HAS a pendant un certain temps fait la promotion des bonnes pratiques sur le net en collaboration avec la fondation Health On the Net.

Le communiqué de presse HAS règle un compte avec le ministère "Elle [note : la HAS] souhaiterait disposer des données en temps réel sur la base transparence-santé pour que l’analyse des liens au moment de la constitution des groupes de travail soit la plus précise possible." Ont-ils l'URL du site Transparence Santé ?

Merci au collègue qui a eu la gentillesse de me montrer ce cas.

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3 commentaires

  • La non déclaration des liens d’intérêts est une plaie intolérable.
    Il faut punir ceux qui osent professer publiquement un avis sans donner accès à une liste sincère et complète de leurs intérêts financiers autant que de leurs affiliations militantes. Il faut surtout condamner implacablement ceux qui tentent de tirer un avantage de l’avis qu’on leur a sollicité.
    Mais ce n’est pas suffisant. Il est indispensable que les commanditaires d’avis d’experts procèdent à l’analyse soigneuse des déclarations de liens des personnes sollicitées afin d’exclure celles qui ont un conflit avéré, mais surtout pour qu’ils apportent eux-mêmes au public concerné un commentaire à propos des intérêts en jeu et des liens afférents.
    Les éditeurs et producteurs de communications scientifiques ne font pas leur travail, et ils sont les premiers coupables.

    Répondre
  • Bonjour,
    j’ai l’impression que vous avez écrit votre article un peu trop vite. Si vous consultez aujourd’hui – 14 décembre 2018 – la base transparence santé, vous constaterez que les données disponibles les plus récentes concernent le 1er semestre 2018. L’affichage des données a donc 6 mois de retard. Ce qui veut dire que si la HAS fait aujourd’hui un contrôle de la complétude des liens déclarés par des candidats à un GT, elle rate tout ce qui s’est passé depuis le 01/07/18.

    Répondre
  • Le décalage de quelques mois entre la création d’un lien d’intérêt et sa publication sur la base santé est connue
    Le point soulevé par M Dorchy est de peu d’intérêt ( les impôts reçoivent en mai la déclaration de l’année précédente de tous les médecins libéraux, c’est ainsi) La non déclaration de ces liens par les experts eux-mêmes est donc gravissime puisque eux les connaissent. C’est donc à la HAS de faire son ménage : il existe des sanctions fiscales pour ceux qui font de fausses déclarations d’impôts …

    Répondre

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