La supervision générale du groupe de recherche n’est pas suffisante pour faire partie des auteurs : bravo, amis canadiens

Le titre de ce billet reprend une phrase de la définition des auteurs dans la politique sur l'intégrité en science et en recherche, mise à jour en décembre 2018 par le CNRC (Conseil National de Recherches Canada). Voici la définition, proche de celle des CNRC
recommandations de Vancouver (ICMJE).

Auteurs : Personnes qui ont apporté une contribution intellectuelle substantielle à la recherche, au minimum par une participation directe à au moins deux des activités suivantes : conception du projet de recherche; exécution de la recherche; interprétation des données; assistance technique et rédaction du manuscrit. La supervision générale du groupe de recherche n'est pas suffisante pour faire partie des auteurs, tout comme les contributions telles que l'assistance technique, la collecte de données, les synthèses critiques du manuscrit et le financement de la recherche.

Ce point ne plait pas à la plupart des chefs de département, etc..   qui sont ceux qui font le moins de recherches et qui signent le plus d'articles. Les mentalités n'évoluent pas vite dans ce domaine, car depuis 1978, l'ICMJE proposé cette définition.

Les documents du CNRC sont bien faits, et quelques points méritent réflexion :

Le CNRC reconnaît deux approches complémentaires pour favoriser une culture d'intégrité de la recherche et d'intégrité scientifique. La première vise à inculquer les vertus qui sous-tendent la conduite responsable dans les activités de recherche, les activités scientifiques et les activités connexes (alinéa 7.2.1). La seconde porte sur la procédure à suivre pour présenter des allégations de violation, l'enquête sur ces allégations et les conséquences d'une constatation de violation (alinéa 7.2.2).

Tous les manquements à l'intégrité scientifique sont définis : La fabrication — La falsification — La destruction de dossiers de recherche — Le plagiat — La publication redondante ou l'autoplagiat — La paternité invalide de l'œuvre ou des contributions — L'examen par les pairs abusif — La mauvaise gestion des conflits d'intérêts — L'utilisation à mauvais escient des fonds de recherche — La demande de subvention et de bourse inexacte — L'énoncé inexact des collaborations — L'inconduite dans les pratiques de recherche — L'objet d'une allégation formelle.

Les "Lignes directrices sur la Politique sur l'intégrité en science et en recherche" sont bien faites. Il y a surtout la conduite à tenir en réponse à des allégations sur de possibles méconduites. Le calendrier normal d'un processus complet, en supposant qu'il n'est pas suspendu pour un motif quelconque, débute quand le répondant est avisé des allégations et se présente comme suit…..    Toutes les étapes sont bien décrites pour investiguer un cas d'allégations, et surtout avec des délais en jour… Retenons qu'une investigation d'un cas d'allégation dure un an (365 jours civils dans ce document canadien) !!!   Je vois trop d'experts divers qui veulent investiguer un cas en 15 jours…..

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2 commentaires

  • il faudrait que les revues scientifiques n’acceptent pas plus de six signataires pour un article quel qu’il soit, les autres collaborateurs étant remerciés en bas de page
    noter aussi qu’il est très difficile de faire évoluer les mentalités. Pour un chef de service qui a galéré toutes ses jeunes années pour écrire des articles qu’il signait en 2ème ou 3ème, parce qu’il y avait un + jeune que lui à faire monter et que la dernière place était réservée au patron (qui ne lisait parfois même pas le papier !), il trouve que c’est un juste retour des choses lorsqu’on met son nom maintenant en avant-dernier même si sa contribution a été modeste… Une anecdote: en 1978 (j’étais en post-internat) un de mes patrons m’a demandé de faire une mise au point sur un sujet controversé à l’époque, j’ai dit OK, j’ai écrit et envoyé à la revue francophone de la spécialité avec ma seule signature (je ne connaissais pas les usages). Cette maladresse ne m’a pas fait un ami! Je crois vraiment qu’il faut évoluer: les chefs de service, les CNU, les conseils de Fac et les revues doivent être les acteurs de cette évolution

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