Quelle revue gagne 65 000 $ par article publié ? Le tabloïd de l’industrie pharmaceutique bien sûr…

Free lunchJe me suis ému il y a quelques jours de la mauvaise qualité de certains articles du New England Journal of Medicine. Deux articles très médiocres ont apporté chacun probablement un million de dollars au NEJM par la vente des tirés à part au sponsor de ces essais. Ils vont convaincre des prescripteurs par la marque NEJM…

Des données sur les affaires financières du NEJM (990 tax form) ont été analysées, à savoir un chiffre d’affaires en 2017 d’environ 100 millions de dollars, avec un profit de 30 %…  Le calcul devient simple : le NEJM a publié 1 546 articles, soit un gain moyen de 65 000 $ par article publié…   c’est pas mal, quand des estimations du coût moyen de production d’un article sont entre 2 500 et 5 000 $ environ pour une revue ! Ce sont des estimations, et les extrêmes seraient entre 50 et 150 millions de dollars pour le chiffre d'affaires du NEJM.

Un billet sur le blog de Richard Smith, ancien rédacteur en chef du BMJ, détaille la vie de ces oies dorées du comité de rédaction du NEJM. Les compensations annuelles, incluant l’assurance santé et un plan de retraite, ont été de 703 324 $ pour le rédacteur en chef, J Drazen. Les autres rédacteurs sont entre 320 et 470 000 $ par an.

Dans le même temps, le NEJM vient de publier (21 mars 2019) un bon article en accès libre critiquant le plan S (dès le 1 janvier 2020, toutes les recherches en Europe doivent être publiées dans le modèle Gold Open Access, les auteurs payant un APC, Article Processing Charge). Dans cet article, signé par Charlotte J Haug, correspondant international du NEJM et norvégienne, il y a une critique sévère du plan S : il n'y a pas de déjeuner gratuit ! En bref, le modèle sur abonnement des revues scientifiques garantit la qualité des publications, et la pérennité des sociétés savantes…  Article à lire car il rappelle bien le mouvement Open Access depuis 2001. Son titre « No free lunch – What price Plan S for scientific publishing? ». Ces revues de sociétés savantes mettent en accès libre des articles de recherche. Avec l’embargo de 6 mois, les articles deviennent d’accès libre.

La remarque de R Smith : les rédacteurs du NEJM ont un vrai conflits d’intérêts et ne peuvent pas défendre un modèle économique qui pourrait mettre en péril les finances du NEJM…   à méditer.

PS : ce n'est pas un poisson d'avril

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6 commentaires

  • Le poisson d’avril est-il un vrai poisson d’avril, un simulacre de poisson d’avril ou un meme de poisson d’avril ?

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  • Comment osez vous !
    Renégat !
    Blasphémateur !
    Iconoclaste !
    (soipon d’avril)

    Répondre
  • Le New England est un avatar de la constance du jardinier. Glyphosate sur les thérapeutiques anciennes, labourage, semage de la science nouvelle à grandes brassées par les experts et pour finir la récolte abondante. Une figure du progrès et une météo formidable si l’on veut bien le lire régulièrement. C’est pour ça qu’il faut quand même s’y abonner si l’on veut savoir à quelle sauce nous serons mangés.
    DDB (pour dilatation des bronches)ou un pneumologue attérré.

    Répondre
  • Dans le texte de Richard Smith, celui ci dit bien que Drazen (le rédac chef du NEJM) a dû accepter de baisser son salaire d’universitaire pour travailler pour le NEJM … les sommes (salaires ?) américaines semblent indécentes : c’est un autre système, difficile à interpréter avec nos références.
    Par ailleurs, Richard Smith est bien malhonnête de comparer sa rémunération de 2004, à celle de Drazen d’aujourd’hui

    Répondre

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