La revue Science refuse de publier la réplication d’un article publié dans Science, car non réplicable

Histoire banale ou peur d'accepter la réalité : c'est un article du 20 juin 2019 sur le site Slate.com avec le titre "We Tried to Publish a Replication of a Science Paper in Science. The Journal Refused".

L'histoire complète est sur Slate. En bref, en 2008, Science a publié un article intitulé "Political attitudes vary with phisiological traits". il s'agit de neurosciences. Cet article initial a été très médiatisé, etc..   D'autres chercheurs, sur un échantillon 4 fois plus grand, en ayant communiqué avec l'équipe initiale ayant publié l'article de 2008, ont essayé de reproduire les mêmes résultats : échec ! Ils ont soumis en 2019 un manuscrit à Science, réfutant donc l'article de 2008. Science l'a rejeté et surtout n'a même pas Replication Sciencevoulu l'envoyer à des reviewers externes.

C'est consternant, car ces revues prestigieuses n'hésitent pas à défendre la reproductibilité et demander de confirmer les publications. Mais quand Science doit reconnaître qu'une de ses publications n'est pas reproductible…   ils ne sont plus d'accord. Il faut alors utiliser des médias (ici Slate) pour raconter l'histoire ! la littérature a trop d'études non réplicables !!!

Voici le résumé traduit de cet article que Science ne veut pas considérer :

Dans une étude révolutionnaire, Oxley et ses collègues (2008, Science) rapportent que les conservateurs ont des réactions physiologiques plus fortes aux stimuli menaçants que les libéraux. Cette étude a lancé un nouveau paradigme visant à découvrir les racines biologiques de l'idéologie. Malgré un impact scientifique et populaire de grande envergure, les laboratoires indépendants n'ont pas reproduit l'étude. Nous avons effectué une réplication directe préenregistrée (N=202) et des repli-cations conceptuelles aux États-Unis (N=352) et aux Pays-Bas (N=81). Nos analyses n'appuient pas les conclusions de l'étude initiale et nous ne trouvons pas non plus de preuves à l'appui d'allégations plus générales concernant l'effet du dégoût et l'existence d'un trait physiologique. Plutôt que d'étudier les réponses inconscientes en tant que prédispositions "réelles", l'alignement entre les réponses conscientes et inconscientes promet une meilleure compréhension des racines émotionnelles de l'idéologie.

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Un commentaire

  • Ahurissant.
    On devrait, au contraire, interdire de publier toute étude… non répliquée ailleurs !
    Ca allégerait sérieusement nos lectures, non ? Et les comités de lecture deviendraient quasi inutiles.

    Répondre

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